Voyez Œuvres, t. III, pp. 757 et suivantes
2. « Metallicus igitur, quia eum virum bonum et gravem esse volumus, virgula incantata non utitur, quia rerum natura peritum et prudentem, Furcatam intelligit sibi usui non esse. » (De re metallica, livre IL.)
LES RAPPORTS A L’ACADÉÈMIE. 139
un nommé Aymard fut employé par la justice de Lyon pour retrouver, au moyen de la baguctte divinatoire, la trace de trois individus coupables d’un double meurtre.
La plupart des savants admettaient la réalité du fait et l'attribuaient à des corpuscules émanés de l’eau, des métaux où mème des cadavres, et l’Église condamnait la pratique de la baguette divinatoire en pensant que ses résultats étaient l'œuvre du démon.
En 1772, le duc d'Ayen, ayant trouvé à Saint-Germainén-Laye un nommé Jean Verneuil qui prétendait découvrir les sources au moyen de la baguette, voulut savoir à quoi s'en tenir et s’adressa à Macquer, qui lui conseilla de confier lexpérience à Lavoisier. « J'accepte avec plaisir, écrit le duc d'Ayen à Macquer, la proposition que vous voulezhien me faire d'envoyer mon homme à la baguette à M. Lavoisier, et aussitôt que vous voudrez bien me mander le temps et le lieu où 1l se trouvera à la campagne, je lui envoyerai cet homme avec une lettre de ma part. »
Lavoisier et Macquer se réunirent pour emmener Verneuil pendant la nuit dans un bois du Bourget, bordé d’un côté par une pièce d'eau, de l’autre par un ruisseau, et démasquèrent l’imposteur. « Le talent de deviner Les eaux nest pas à beaucoup près aussi merveilleux, écrit Lavoisier au duc d’Aven, qu'on Le croit communément. Il y a de l'eau presque partout et il est rare qu'on creuse un puits sans en rencontrer. [l n’y a donc rien que de très naturel dans les faits qu’on rapporte et auxquels on serait tenté d'abord d’attacher une grande importance. » En même temps il donne des mouvements prétendus spontanés de la baguette l'explication que M. Chevreul présentera plus tard dans son livre sur la baguette divinatoire. « Comme cette