Cnevreur, De la baguette divinatoire. Paris, in
baguette, dit-1l, tourne quelquefois par des mouvements involontaires de la part de celui qui la tient, il est possible que quelques personnes de bonne foi aient été trompées et aient attribué à une cause extérieure un effet qui ne dépendait que d’elles-mêmes. »
Déjà, au commencement de cette même année 1712, l’Académie avait été saisie d’un fait plus extraordinaire encore : l'existence d'un jeune homme de Montélimar, Jacques Parange, qui avait, disait-on, la faculté de voir l'eau à travers les terres et les roches. La Gazette de France avait annoncé le fait dans ses numéros des 9,12 et 15 juin 1779, et l’Académie en avait été informée par une lettre dont Grandjean de Fouchy donna lecture le 4 juillet. Lavoisier s’empressa de protester contre des faits si étranges: il com® mença par répondre, sous le voile de l’anonyme, dans le Journal de physique de l’abbé Rozier ‘ : « La philosophie, Monsieur, ne peut s'empêcher de gémir, de voir que, dans un siècle éclairé, des personnes que leur état, leurs con= naissances et leur réputation élèvent au-dessus du vuk gaire, renouvellent dans le public de vieilles erreurs dont l'absurdité est reconnue depuis longtemps et contre Ies= quelles les vrais savants n’ont jamais cessé de réclamer. Une sorte d'indignation me met la plume à la main, et je crois devoir venger, en tant qu'il est en moi, l'honneur de la Nation qu’on attaque, en lui faisant adopter, en quelque façon, une erreur de l'espèce la plus ridicule... La philosophie aurait-elle perdu parmi nous une partie du terrain qu'elle avait gagné? »
1. Lettre adressée à l’auteur de ce recueil par M. L... de l'Académie des sciences, sur le jeune homme du Vivarais dont il a été question dans la Gazette de France des 5, 12 et 15 juin 1772. (Journal de physique de l'abbé Rozier, juin 1772, t. IL, p. 231.) Cette lettre est de Lavoisier, le manuscrit autographe existe dans ses papiers.
Quand la lettre qui relatait les faits fut lue à l’Académie, quelques membres 'prétendirent qu'il serait intéressant de faire venir le jeune homme; Lalande, Lavoisier et plusieurs autres soutinrent que demander l'enfant serait un titre de croyance et que l’Académie se déshonorerant si elle paraissait ajouter foi à des contes aussi ridicules. Du reste, quelque temps après, l’auteur des articles de la Gazette de France ét de la lettre à l’Académie, Marin, écrivit qu'il avait été trompé et rétracta tout ce qu'il avait avancé sur l’enfant hydroscope.
Parmi les travaux divers qui occupèrent Lavoisier, 1l faut encore citer les essais qu’il entreprit sur l'éclairage des salles de spectacles, continuation de ses premières recherches sur les lanternes, et qui devaient faire partie d'un erand ouvrage sur l'éclairage public. Le premier 1l eut Midée, réalisée seulement de nos jours, de bannir tout lustre, tout corps éclairant de la partie de la salle qui est occupée par les spectateurs; 1 y substituait des r'éverbères elliptiques perdus dans l'épaisseur du plafond. Au mois de décembre 1781, il obtint du comte d’Angiviller, ordonnateur des bâtiments du roi, de disposer en salle de spectacle le grand salon des tableaux du Louvre”, pour faire une expérience qui lui permit de voir qu'on pouvait réellement placer le corps éclairant en dehors de la salle; mais les réverbères élaient en nombre insuffisant et il proposa de les modifier au moyen de dispositions dues à Meusnier, Argand et Quinquet.
1. Note autographe de Lavoisier. 2. Lettres du ministre de la maison du roi, Archiv. nation., O! 1774, p. #72 et 500.