CHAPITRE V
a Société d'agriculture de ris e ité d'agriculture. — xpé-
La Société d'agriculture de Paris et le Comité d’agricult Les expé riences de Fréchines, — L’Assemblée provinciale de l’Orléanais. — Les recherches sur la Richesse territoriale de la France.
Esprit ouvert à tous les progrès, intelligence curieuse de pénétrer dans toutes les branches des connaissances humaines, cœur généreux et tout ému de pitié pour les soufirances du peuple, Lavoisier ne pouvait rester étranger au mouvement économique du siècle. Lié avec Turgot, Dupont de Nemours, Malesherbes, il se rattacha, comme eux, à la doctrine des physiocrates, qui avaient proclamé la liberté du travail; mais Quesnay, le créateur de l’école des économistes, regardait la terre comme l’unique source des richesses que l’agriculture a pour but de multiplier. La-
1, Mémoires manuscrits de Lavoisier. — La Société d'agriculture de Paris, par Léonce de Lavergne {en appendice au livre Les Économistes français du xvie siècle). — Histoire de l'administration de lagricullure, par H, Mangin, 3 vol. in-80, 1876. — L’'Administration de l'agriculture, par Pigeonneau et de Foville, in-80, 1882.
sort
voisier se bornait à en faire /a prenuère et la plus impor: tante des fabriques, et reconnaissait l'importance de lindustrie, qui augmente, par la main-d'œuvre, la valeur des productions du sol. Si Quesnay reprochait à Colbert d'avoir trop développé le commerce et l’industrie et détourné de l’agriculture les hommes et l'argent, Lavoisier au contraire rendait hommage au génie de Colbert dont il écrivait l'éloge en 1771". Enfin les disciples de Quesnay voulaient asseoir tout le système des impôts sur la contri bution foncière, tandis que Lavoisier faisait le plus grand éloge de l'Homme aux quarante écus, où Voltaire combat tait la doctrine exclusive de l'impôt unique et inique : «Ge pamphlet, dit Lavoisier, est à la fois un chef-d'œuvre de profondeur et de plaisanterie. Pour le philosophe, c'est un traité complet d'économie politique; pour l’homme du monde, c’est un conte plein de gaieté”. »
Ce qui rattache surtout Lavoisier aux physiocrates, c'est qu'il s'élève comme eux contre l’abus de la réglementation, et qu'il affirme la nécessité d'augmenter les produits de l’agriculture, source principale de la richesse nationale:
Il avait été attiré vers l'étude des questions agricoles et économiques par ses fonctions de fermier général, qui lui
1. L'Académie francaise, ayant mis au concours l'Éloge de Colbert, décerna le prix à Necker, qui s'élevait contre les doctrines des physiocrates et l’idée d'un impôt unique établi sur la propriété foncière. Lavoisier eut l'intention de concourir; ses papiers renferment des fragments d'un Éloge de Colbert, écrit en 1771, et qu'il n'eut pas le temps de terminer.
Après avoir indiqué dans un préambule la facon dont s’établissent les sociétés, les?conditions qui donnent naissance à la monnaie, tout à la fois marchandise et signe d'échange, il esquisse l'état de la France sous la minorité de Louis XIV, et, pour faire connaitre les doctrines de Colbert, suppose un discours où le ministre présente au jeune roi ses vues sur la balance du commerce. Outre un portrait de Colbert et un portrait de Mazarin, le manuscrit renferme des notes destinées à être mises en œuvre, mais on n’y trouve pas le jugement que Lavoisier devait porter sur Colbert: