‹ LavoisierChapitre 81 sur 150 · Moniteur du 1er mars · texte numérisé non relu

Moniteur du 1er mars

La proposition de Carra ne pouvait paraître exagérée à ses contemporains. Elle avait son origine dans les mesures analogues que la monarchie avait prises contre les gens de finance. Le régent les avait traités avec la même dureté dans les considérants de l’édit de mars 1716 portant création d’une chambre de justice : « Ils ont détourné la plus grande partie des deniers qui devaient être portés au trésor royal... » — « Les fortunes immenses et précipitées de ceux qui se sont enrichis par ces voies criminelles, l'excès de leur luxe et de leur faste qui semble insulter à la misère de la plupart de nos sujets, sont déjà une preuve manifeste de leurs malversations. Les richesses qu'ils possèdent sont la dépouille de nos provinces, la substance de nos peuples et le patrimoine de l’État. » En outre, le préambule de l’édit rappelait les ordonnances de 1545 et 1601, qui condamnaient à la peine de mort les préposés au maniement des deniers publics coupables de malversation, sans que la peine püt être modérée par les juges qui en doivent connaître.

Les fermiers généraux furent oubliés pendant la lutte des Girondins et des Montagnards. Le 5 juin, le député Montaut, prétendant que les commissaires liquidateurs cherchaient à retarder la reddition de leurs comptes et à détourner les sommes qui leur étaient confiées, obtint un décret qui supprimait la commission, ordonnait l’apposition des scellés sur leurs papiers et la mise sous séquestre des fonds en caisse. Le lendemain 20 millions en assignats et 9 000 livres en numéraire étaient transportés au Trésor‘. Ainsi tout le travail de la liquidation était arrêté, au grand désespoir des commissaires, qui avaient hâte de voir approuver leur reddition de comptes. En vain s’adressèrent-ils à Clavières, à Garat, ministre de l’intérieur, à Ver-

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