‹ LavoisierChapitre 84 sur 150 · MoLLiEN. Mémoires · texte numérisé non relu

MoLLiEN. Mémoires

ni la gloire qu'il avait acquise dans les sciences, ne le protégèrent aux jours de danger. Signalé par Marat à la défiance des patriotes, suspect comme noble, fermier général, régisseur des poudres et membre de la ci-devant Académie des sciences, à une époque où, suivant l'expression de Grégoire, le titre d'académicien devint une injure !, il avait encore été l’objet d’accusations nouvelles.

Dans une adresse à la Convention nationale, un ancien salpêtrier le dénonçait en raison de ses fonctions à la ferme et à la régie des poudres ?, et plus tard un anonyme le signalait comme entretenant des correspondances avec un émigré, Blizard, ancien architecte du prince de Condé. Le comité révolutionnaire de la section du Contrat social, à qui la dénonciation fut adressée, reconnut qu’elle n'était pas fondée. Enfin, peu de jours avant Le décret du 24 novembre, l’inimitié de Fourcroy le désignait nettement comme contre-révolutionnaire. Dans la séance du Lycée du 4 novembre (14 brumaire an [l), Fourcroy demanda la nomination d'un comité régénérateur chargé de procéder à une épuration des membres fondateurs, et d'éliminer les émigrés et les contre-révolutionnaires. Ce comité régénérateur, dont Fourcroy faisait partie avec Garat, Anacharsis Clootz, etc., décida que le Lycée prendrait le nom de Lycée républicain, et sur les cent membres fondateurs n’en garda que vingt-sept. Lavoisier ne trouva pas grâce devant le zèle des commissaires épurateurs et fut rayé des listes de la Société .

1. Mémoires de Grégoire, par H. Carnor, 2 vol. ‘in-8, 1837 (t. I, p. 350).

2. Adresse à la Convention nationale sur les causes de la disette du salpêtre en France, in-8 de 43 pages, par DucaaTeau, rue du Bouloy, n° 28, mars 1193. « J'étais vexé par les aides, dit-il, parce que le sieur Lavoisier était aussi régisseur et fermier général. »

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