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cès-verbal
dela République Française, le 790
à la requête du citoyen Accusateur-public près le Tribunal Révelutionnaite, établi au Palais, à Paris, -par la loi du ro Mars 1793, sans aucun recours au Tribunal de cassation , lequel fait élection au Greffe dudit Tribunal séant me sus 0 © , . Huissier.
audiancier audit Tribunal, soussigné , transporté en là maisonde-Justice dudit Tribunal, pour l'exécution du Jugement rendu par le Tribunal &go —. contre uvsfer
| qui t-—, condamne
à la peine de mort, pour les causes énoncées audit jugement,
et de suite jel 7 ai remis à l'exécuteur des jugemens criminels, a )
et à la Gendarmerie qui AXyut—— conduit sur la place
de éluotter nm où, surun échaffaud dressé sur ladite place,
laid uvre , en notre p
mort, ef de tout ce que dessus fa
verbal, pour servir et vale
nçe ; subi la peine de
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Fac-similé du procès-verbal d'exécution.
Quelques jours après, la Décade philosophique, faisant l'éloge de l’Instruchon sur la fabrication du salpètre*, dont on venait de donner une seconde édition, n’osait rappeler le nom de l’auteur, au moment même où Carny utilisait, pour la défense nationale, les procédés de raffinage rapide du salpôtre dus à Lavoisier *.
En présence de cette marche fatale des événements qui, par degrés insensibles, conduisit Lavoisier de la prison de Port-Libre à l'échafaud du 19 floréal, on se demande avec angoisses si le dévoûment d'amis puissants n'aurait pu conserver cette précieuse existence; on cherche les responsabilités, et l’histoire a le droit de reprocher leur inertie aux hommes de science qui avaient fréquenté Lavoisier, qui connaissaient la puissance de son génie, la noblesse de son caractère. Quelles démarches ont tentées, pour le sauver, ses anciens amis qui siégeaient à la Montagne et faisaient partie du club des Jacobins? M°®° Lavoisier était-elle injuste, dans l'irritation de sa douleur, en accusant les savants de la mort de son mari, et Lalande pensait-il à quelque rival de Lavoisier quand 1l écrivait cette phrase cruellement énigmatique : « Son crédit, sa réputation, sa fortune, sa place à la Trésorerie lui donnèrent une prépondérance-dont il ne se servait que pour faire le bien, mais qui n’a pas laissé de lui faire bien des jaloux. J'aime à croire qu'ils n’ont pas contribué à sa perte? »
Pendant cinq mois, du 4 frimaire au 19 floréal, aucun des élèves ou des collaborateurs de Lavoisier n'intervient en sa faveur : n1 Monge, que ses rapports avec Robespierre
2. « Ce traité, dont le style est pur, clair, concis, est véritablement élémentaire; il nous à semblé très utile pour répandre les vrais principes de l'art du salpêtrier… Du pain, du fer et du salpétre, voilà tout ce qu'il faut à des républicains, » (Décade philosophique du 10 prairial an II, 29 mai 1794.)
eompromettront après le 9 thermidor; ni Hassenfratz, dont Lavoisier avait soutenu la candidature à l’Académie, ei qui était devenu un des membres actifs du club des Jacobins; ni Guyton de Morveau, qui, aux jours de prospérité, lui adressait tant de lettres amicales; ni Fourcroy, qui, par sa conduite ambiguë et timorée, s’attirera l’accusation injuste et sanglante d’avoir demandé la mort de son maître.
Certes, ce fut là une calomnie, œuvre d’un ennemi per-. sonnel, et aucun document ne permet de trouver à cette imputation la moindre apparence de vérité*.
« Pendant sept années où nous l’avons connu, dit M: Chevreul, jamais il ne s’est présenté une circonstance de nature à nous le faire juger défavorablement ; comme homme publie ou comme homme privé, LE eut de nombreux amis qui lui restèrent fidèles *.
« Il fut accusé, dit Thibaudeau, d'avoir précipité vers l’échafaud ou laissé périr des savants qui étaient au premier rang de la carrière. Je voyais Fourcroy tous les Jours, jamais je n’ai surpris une parole, un sentiment capable d’ébranler la haute estime que j'avais autant pour son caractère moral que pour ses grands talents”. »
L'histoire nous le fait juger moins favorablement.
1. L’accusation fut portée par un homme peu honorable, un docteur Sacombe qui fut condamné en 1808 pour avoir calomnié Baudelocque. Les attaques contre Fourcroy se trouvent dans un livre intitulé : Cours théorique et pratique sur l'art de la teinture en laine, par Homassel, Paris, an VIII, dont Sacombe était le véritable éditeur. M. Chevreul dit à ce sujet : « J'ai entendu plusieurs fois Fourcroy et ses sœurs parler des auteurs de l'accusation calomnieuse portée contre lui, Fourcroy de n'avoir pas sauvé Lavoisier du supplice, lorsqu'il avait le moyen de le faire. L'auteur public de la calomnie était un préparateur infidèle qui, pour se venger du congé que Fourcroy lui avait donné, fit distribuer ou vendre un pamphlet chez un libraire du Palais-Royal, voisin de l’Athénée où Fourcroy professait alors avec éclat, le docteur Sacombe dirigeait le pamphlétaire. (CHEVREUL, Rapport du XIXe Jury à l'Exposition de 1851, p. 32.)