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il devait ne pas désirer obtenir la réglementation des échanges nécessaire pour obtenir une balance du Commerce favorable. Car les métaux précieux n’eussent pu lu iservir que d'’encaisse pour garantir la monnaie de papier et il estimait posséder une meilleure garantie dans les richesses facilement réalisables de nos colonies. Pour cela, il lui eut fallu organiser Fexploitation des colonies et on ne lui en laïssa pas le temps. D'ailleurs, à ses yeux, la réglementation des échanges est impossible : -
1° Parce qu'elle diminue les produits des droits d'entrée si elle a pour conséquence la réduction des importations ; !
2° Parce qu’une pareille politique suscite de nombreuses fraudes, notamment la contrebande ;
3° Parce qu’en exacerbant les rivalités économiques, elle amènerait fatalement, de la part de l'étranger, des représailles, en particulier sous forme de guerres de tarifs.
La vérité est que, du temps de Law, Fopinion publique n'était pas mûre pour comprendre le Système. Une trentaine d'années plus tard, un homme eonsidérable, le marquis de la Galissonnière, expose une véritable politique coloniale, dans son Mémoire sur les colonies de la France dans l'Amérique septentrionnale (1).
1. Cf. Arch. Aff. Etr. Mémoires et Documents. Amérique 2, pièce 4. Mémoires sur les colonies de la France dans l'Amérique septentrionale par M. de la Galissonnière, ci-devant commandant général de la Nouvelle-France et l’un des commissaires du Roi pour le règlement des limites de l'Amérique, décembre 1750.
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Il s’afflige tout d'abord de ne pas voir mieux comprise l'utilité des colonies (ce témoignage vient d'autant plus à l’appui de ce que nous avançons que deux ans après le traité d’Aix-la-Chapelle, le prestige de la France rayonnait sur l’Europe entière). Ce qui nous attire particulièrement dans cet écrit véritablement prophétique c'est son deuxième article. L'auteur y insiste vivement sur l'importance de conserver le Canada et la Louisiane. Ces deux possessions paraissent solidaires, dit-il : elles se tiennent. Le Canada est à charge À la France, certes, mais il donne de la valeur à la Louisiane. Nos seuls ennemis, ce sont les Anglais. Or, notre supériorité en Amérique sur eux, n'est qu'accidentelle. Ce qui est effrayant, c'est la prédominance maritime de l’Angleterre, grâce à laquelle elle peut nous vaincre en Europe et nous-faire déchoir du premier rang que nous occupons (écrire cela six ans avant la néfaste guerre de Sept Ans, c'est réellement faire preuve d’une remarquable clairvoyance). Or, nous ne pouvons soutenir la dépense d’une marine égale à la leur. Le seul remède à la menace anglaise, c’est donc de les attaquer dans leurs possessions coloniales. Grâce à la Louisiane, nous donnions la main aux Espagnols, nos alliés naturels. Il y a plus — et malheureusement ce sage conseil ne fut pas entendu par le Gouvernement de Louis XV — nous devons mettre nos colonies en état de se défendre elles-mêmes.
Nous avons tenu à parler de ce Mémoire, car il est l'œuvre d'un véritable homme d'Etat, hélas méconnu.
Mais il y a davantage. La Galissonnière nous semble