‹ Law Et Le Commerce ColonialChapitre 13 sur 26 · PATENTS · texte numérisé non relu

PATENTS

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maintien du privilège. La Compagnie des Indes fut discutée en Angleterre (1) à ce point que, en 1628, elle suppliait le Gouvernement d'examiner la nature de son Commerce, de le supprimer s'il était jugé nocif estimant que, dans le cas contraire, la nécessité d’une autorisation publique s’imposait.

Le Canada — si voisin de la Louisiane — avait joui de la sollicitude du grand politique qu'était le cardinal de Richelieu. Il s'était mis lui-même à la tête de la Compagnie du Morbihan ou des Cent associés, en vue d'exploiter directement cette province. Mais l'existence de cette Compagnie ne paraît pas avoir été plus brillante que celle des autres.

Or, qu'avait-il été fait au juste à la Louisiane ? En 1682, Cavelier de la Salle, Gouverneur du fort Frontenac au Canada, descendit le Mississipi jusqu'à son embouchure et prit possession du pays, auparavant découvert et exploré par les Espagnols. Il fut assassiné en 1687 et les postes qu'il avait créés furent détruits par les sauvages. Mais son œuvre fut reprise en 1698 par Lemoyne d'Iberville, nommé Gouverneur général et par Lamothe Cadillac, successeur de ce dernier. Puis ce fut la concession octroyée à Crozat, qui lui fut retireé sur sa demande en 1717. Dans les considérants du Conseil de Marine du 13 janvier de la même année, le Conseil, en déchargeant Crozat de son entreprise, reconnaît qu'elle est trop considérable pour un homme seul. Ce fut Law, naturalisé l’année précédente, qui

1. Il existait, en Angleterre, une Compagnie des Indes à la vérité plus puissante que la nôtre.

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ES" | l’emporta el hérita du baïl d'une contrée dont la possession était pour nous d’une utilité incontestable. Située entre la Caroline anglaise à l’est, et le Mexique espagnol à l’ouest, elle reliait le Canada au nord et, par sa splendide position sur le golfe du Mexique, regardait les Antilles, notamment Saint-Domingue, notre principale colonie à sucre, dont Ja richesse était tellement jalousée par les Anglais. Un Français qui, à cette époque, nous donne sur la Louisiane des renseignements précieux, c'est le chevalier de Bonrepos. Il est très intéressant pour se faire une idée des ressources du pays. Il nous apprend que le Mississipi — le fleuve le plus long de l’Amérique septentrionale après le Saint- Laureñnt — était très poissonneux et pouvait facilement être rendu navigable. Sans tomber dans les exagérations et les hyperboles d’une certaine littérature. de réclame destinée à lancer l'opération, on peut affirmer que ce pays était très riche et possédait des mines nombreuses et variées. La côte était baignée par un golfe sur lequel se trouvait la Vera Cruz, principal dépôt des richesses du Mexique, à proximité de la Havane et de beaucoup d'autres stations espagnoles. Le climat y est doux et tempéré, Île gibier relativement abondant ainsi que les légumes et les fruits. Le tabac y était aussi bon qu'en Virginie. Le riz, l'indigo, le cacao pouvaient y être cultivés. Quant aux forêts de chênes et de sapins, elles contenaient de ces arbres très beaux et en très grande quantité qui pouvaient servir à construire des vaisseaux sur place. Une chose essentielle était la plantation de beaucoup de noyers et de müriers blancs

propres à nourrir des vers à soie. Rien n'empêcherait un établissement de soierie comme les Anglais avaient

fait à la Caroline.

Voilà le pays concédé à Law. Or. il nous donnait toutes facilités pour concurrencer le groupe anglais; ce qui était de bonne guerre commerciale, car les Compagnies privilégiées possédaient à la fois l’esprit de domination et l’esprit de conquête.

Les possessions anglaises étaient situées le long de la mer, donc d'accès facile. Leurs terres étaient fertiles. De la Géorgie on retirait beaucoup de céréales, de la Caroline du riz et de la soie, de la Virginie et du Maryland du tabac. La baie d'Hudson jouais: pour elles le rôle d’un grand débouché. Mais une difficulté pour la vieille Angleterre venait de ce que ses productions étaient les mêmes — ou à très peu près — que celle de la Nouvelle Angleterre. Il n'en était pas de même, heureusement, pour celles de la vieille France et cellés de la Nouvelle France. dl

D'ailleurs l'Amérique était partagée entre les puissances européennes, Car la doctrine de Monroë n'était pas encore née. Outre les Anglais et nous, il y avait les Espagnols, qui restaient établis sur les débris des deux grands Empires du Mexique et du Pérou, les Portugais qui occupaient une grande et riche partie de l'Amérique méridionale et les Hollandais qui possédaient quelques

Antilles alors dénommées Iles sous le Vent.

Nous venons de voir quel était le domaine concédé à

la Compagnie par Louis XV. Examinons maintenant

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