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SECTION II. — CONSÉQUENCES HEUREUSES DU SYSTÈME

-B. Conséquences heureuses du Système : Colonisation de la Louisiane. — Nous allons surtout étudier les conséquences du Système à l'extérieur : une des plus importantes fut la colonisation de la Louisiane, des productions de laquelle nous avons parlé dans la première partie de cette étude. Cette riche province. n'avait pas; à proprement parler, de limites fixes. Elle était bornée :. au nord par le grand terriloire qui est au-dessus des fleuves Saint-Louis et Saint-Laurent; à l’ouest, par le Mexique formé de deux provinces : l'Ancien et le Nouveau: au sud, par le golfe du Mexique; à l'est, par la Caroline. Ce grand territoire nous reliait au Canada et excitait la jalousie des Anglais. Nous allons

en donner des preuves : une lettre du Conseil et de

l'Assemblée de la province de la Caroline du Sud, du 24 décembre 1719, disait expressément en effet que seule da Couronne pouvait défendre la colonie contre les Français. L'habile politique du Gouverneur de la Louisiane était si redoutée (car il avait su s’aftirer de nom-

breuses sympathies parmi des nations sauvages) que

ce besoin de défense fut une des raisons de la Révolu-

tion de 1719, celle qui renversa à Charlestowan, le Gouvernement des Lords propriétaires, pour mettre la colonie sous la sauvegarde de l’autorité royale. De même: le Gouverneur de la Virginie, Sportswood, écrivant 1e 14 août 1718, au Board of Trade, était pessimiste : « S'üs — les Français — multipliaient leurs postes le long des lacs, de manière à joindre leurs états du Canada à leur nouvel établissement de la Louisiane, ils pourraient même s'emparer de celle de nos colonies qui leur plairait. » Le salut était donc l'offensive contre les Français. C'était également l'avis d’un de ses collègues, Keith, Gouverneur de Pensylvanie et de Johnsonn, ancien Gouverneur de la Caroline, très inquiets de mos progrès. Et pendant ce temps, en Europe, nous subissions, grâce au Régent, l'alliance anglaise, contre nos alliés naturels, les Espagnols, dont le roi Philippe V était le petit-fils de Louis XIV!

Rivaux des Anglais, en temps de guerre, nous ne l’étions pas moins dans la paix. Nous pouvions, grâce à nos établissements d'Amérique, leur faire une concurrence redoutable, notamment pour le riz, le tabac, la canne à sucre.

Tout d'abord, on ne voulut pas faire de la Louisiane

RE PE une colonie de peuplement. Pourtant on peut estimer (1) qu'en mars 1721, date qui coincide à peu près avec la chute du Système, il y avait là-bas environ 6.000 blancs et 600 nègres. On en avait expédié davantage, mais le surplus était mort. Il est certain que, sous l'Ancien Régime, s’il était un axiome de politique coloniale que l'Etat ne devait rien dépenser directement — mais finançait indirectement en subventionnant les Compagnies à charte — il est non moins exact d'ajouter qu'il veillait scrupuleusement à l'envoi de colons, les comptoirs de commerce et autres établissements étant toujours susceptibles de devenir par la suite des colonies de peuplement. C'est un fait qui se vérifie, dans les chartes octroyées aux Compagnies privilégiées, par l'obligation où les met le pouvoir royal d'introduire dans nos provinces transm'arines assez de matériel humain pour pouvoir les mettre en valeur. La Compagnie fonda des villages par l'envoi de familles auxquelles elle concédait un certain nombre d’arpents de terre.

Une des idées essentielles du Système est la suivante : l'utilité de la Compagnie ne tient pas seulement dans un double courant d'importation et d'exportation, mais encore et surtout dans un fonds circulant qui multiplie les valeurs. C'est le problème même de l’organisation du Crédit aux colonies qui est posé, et la solution que Law lui donna fut la fusion de la Banque avec la Compagnie.

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