VERRE. * PO
SAN Que le régime agricole et la propriété foncière. Ces trois décrets portent la date du 28 mars 1899.
Quarante concessions furent accordées à des particuliers à la charge de les transmettre par la suite à des Sociétés qui n'étaient pas encore fondées à cette date. Les concessions totales portaient sur une superficie de 663.000 kilomètres carrés. Quatre importantes firmes reçurent des concessions. Ce furent : la Société de l’Afrique équinoxiale, pour 34.000 kilomètres carrés; la Compagnie française du Haut-Congo, pour 26.000 kilomètres carrés; la Compagnie française du Congo, pour 59.000 kilomètres carrés; la Société des Sultanats du Haut-Oubanghui, pour 140.000 kilomètres carrés.
Aujourd'hui, au lendemain d’une guerre atroce qui a bouleversé les finances de la vieille Europe, la préoccupation de nous voir utiliser nos richesses coloniales devait apparaître chez ceux qui voulaient trouver un ‘remède à la crise financière dont nous souffrons. Ces espoirs coloniaux devaient avoir un écho dans notre Haute-Assemblée et c'est ainsi que, à la séance du 19 février 1920, s'amorça un débat qui se prolongea par la suite et dont le point de départ était la discussion
des interpellations suivantes :
1° Celle de M. Lucien Hubert, sur les mesures envisagées pour utiliser l’aide des colonies dans la crise économique de la métropole. |
20 Celle de M. Albert Lebrun, ancien ministre des Colonies,.sur le programme arrêté pour faire participer les ressources coloniales à notre relèvement économi-
que.
is ONE
Le lendemain, M. Alexandre Millerand, alors Président du Conseil, Ministre des Affaires étrangères, dans une lettre adressée à M. Henry Bérenger, sénateur de la Guadeloupe, président du Comité des anciennes Colonies, le rassurait en démentant formellement les bruits répandus par certains journaux américains — bruits d’ailleurs périodiques — d’après lesquels le Gouvernement de la République serait disposé à envisager la cession des Antilles au Gouvernement des Etats-Unis de l’Amérique du Nord.
Sentant l'importance du problème, les parlementaires multipliaient les interventions. C'est le 2 juillet 1920, M. Albert Sarraut, ancien ministre des Colonies qui, à la tribune de la Chambre des Députés, insiste énergiquement pour que les colonies soient exploitées méthodiquement et rationnellement. Son plan: il l’a exposé dans la presse, notamment dans le Parlement et lOpi-
nion de mars 1917.
Dans les Annales Coloniales du 13 novembre 1920, le sénateur Ch. Debierre publiait, de son côté, un remarquable article sur le commerce colonial.
Il y a d’autres plans proposés, par exemple le bloc francolonial, de M. Camille Gorju. L'essentiel serait d'adopter un Système et de s'y tenir.
Nos richesses coloniales constituent une source d’approvisionnements non négligeable. On peut estimer à environ 30.000 tonnes la quantité de viande frigorifiée pouvant être importée en France.
Enfin, il reste une dernière source de richesses : le
matériel humain importé des colonies. Signalons simplement les services que nous rendit, ces temps derniers, la main-d'œuvre annamite.
Ce novateur hardi: Law, est un grand méconnu : il avait dû cependant céder à l'idée fixe de tous ceux qui, sous l’Ancien Régime, s’occupaient de colonisation implanter dans les colonies l'élément régnicole. On l'avait fait aux Antilles, on voulut suivre cet exemple à la Louisiane, mais, quoique le climat ne fut pas particulièrement malsain, le succès fut loin de répondre aux espérances conçues. Sans cet échec, la Louisiane serait peu à peu devenue une colonie de peuplement et nous aurait fait bénéficier d’une importation de maind'œuvre indigène, dont nous avons tant besoin aujourd'hui.