‹ Law Et Le Commerce ColonialChapitre 3 sur 26 · LICE · texte numérisé non relu

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ensemble du phénomène économique et du phénomène social, tenant au premier par la mise en valeur de richesses nouvelles, tenant au second par cet ensemble de forces humaines qui en constituent l’un des facteurs essentiels », ce n'est pas un, mais plusieurs problèmes qui se posent tout à la fois, entre autres celui de l'organisation juridique des colonies. Rien d'étonnant donc à l'échec de la colonisation de la Louisiane sous la Régence. Ni le duc d'Orléans, ni les Grands de la Cour n'étaient préparés à envisager une telle opération, dont le côté purement spéculatif leur échappait même; car, pour spéculer intelligemment, encore faut-il connaître parfaitement la nature et les ressources de l'affaire à laquelle on s'intéresse. John Law était un théoricien, certes, — l’idée lui appartient; il était aussi un homme d’affaires. Son Système ne pouvait réussir, car le milieu parasite qui, grâce à l'arbitraire et au privilège, confisquait les fruits du travail de quelques-uns, ne pouvait lui être d'aucune utilité en cas de panique, et on le vit bien. Saint-Simon, qui fit de Law un admirable portrait, que nous reproduirons d’ailleurs en le commentant quelque peu, a dit que c'était « un homme à Système» et rien n'est plus juste. L'entreprise coloniale a été, pour det homme à Système, doublé d’un opportuniste clairvoyant, la base même du monument économique dont la solidité fut si précaire.

John Law of Lauriston, qui fut Contrôleur général des finances en France — Monseigneur Law — était né à Edimbourg (Ecosse) le 1° avril 1671 (l'encyclopédie anglaise mentionne le 21 avril 1681). Son père Wil-

= pe ” liam Law était orfèvre et sa mère, une Campbell, descendait de la fameuse maison ducale d'Argyll. Il reçut une brillante éducation et, après des aventures de jeunesse, voyagea beaucoup, joua habilement, observa remarquablefnent dans tous les pays où il séjourna, et se trouva ainsi posséder de façon très complète la science des affaires. Accueilli, puis chassé de France, il réussit, après des vicissitudes diverses, à gagner la faveur du Régent, le duc d'Orléans, établit une Banque puis une Compagnie de Commerce. Nous étudierons le mécanisme de cette dernière dans la seconde partie de cette monographie. Nous nous bornerons à rechercher dans la première si cet homme prodigieux avait des idées personnelles ,ou s'il s'est seulement laissé guider par les circonstances. Nous n’hésitons pas à pencher pour la première hypothèse. Law a commencé en eïfet par établir une Banque avant de fonder une Compagnie de Commerce. Il les a réunies ensuite et ce fut sans doute cet acte qui lui valut, de la part de Saint-Simon, la répu-

tation, méritée selon nous, d’ «homme à Système ».

C'est donc la réunion des deux organismes qui apparaît

comme l'essentiel de la combinaison. Isolés, ils ne pouvaient pas se rendre les mêmes services que s'étayant l’un sur l’autre et destinés à se renforcer mutuellement. Que la fusion se soit faite trop tôt, cela est également

indéniable.

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