‹ Law Et Le Commerce ColonialChapitre 5 sur 26 · RD ES · texte numérisé non relu

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de son plan». Il avait donc un plan préétabli et logiquement tracé. Cette assertion est essentielle et réfute tous ceux qui croient ou font semblant de croire à l’absence de directives dans cet essai. Au début du xvirI° siècle, il n’en reste pas moins vrai que le réformateur écossais a eu le mérite de vulgariser l’art commercial. Le public qui, depuis-des siècles, ignorait pour ainsi dire ces sortes de transaction et les spéculations auxquelles elles peuvent donner lieu, commença à se rendre compte de la façon lucrative dont il pouvait occuper son temps. Ce fut l’occasion de l'enrichissement d’une partie de la bourgeoisie qui, après la fortune, voulut conquérir le pouvoir. Cette crise de spéculation effrénée — conséquence, sinon voulue, du moins logique du Système — marque une étape, très sérieuse, dans l’accession du Tiers-Etat aux affaires publiques. Voltaire s'est bien rendu compte de la transformation sociale qui se préparait ainsi et du résultat qu'amènerait ce déplacement des richesses. Voici ce qu'il écrivait dans le Dialogue entre un philosophe et un Contrôleur général des Finances : « Un Ecossais, homme utile et dangereux, établit en France le papier de crédit. C'était un médecin qui donnait une dose d’émétique trop forte à ses malades. Ils en eurent des convulsions; mais parce qu'on a trop pris d’un bon remède, doit-on y renoncer à jamais ? Il est resté, des débris de son Système, une Compagnie des Indes qui donna de la jalousie aux étrangers, et qui peut faire la grandeur de la Nation. Donc, ce Système, contenu dans de justes bornes, aurait fait

plus de bien qu'il n’a fait de mal. »

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Law, au moment où il écrivait au Régent, pour le supplier de le laisser ouvrir une Banque à ses risques et périls, reconnaissait sans peine que la France était dans une situation de méfiance vis-à-vis du crédit. Il se vantait d’avoir levé le grand obstacle au crédit, en rendant le Roi caissier de l'Etat; « la Banque, affirmaitil, est un crédit général qui produit des commodités et des avantages à toutes les parties de l'Etat et principalement au commerce»; la confiance, d’après lui, étant une suite de l'abondance de la monnaie — métallique ou fiduciaire — et la méfiance une des suites de sa rareté.

Ce qui demeure exact, c'est, qu'à cette époque, la France était plus avancée que l'Angleterre qui ne connaissait ni le billet à ordre ni les tribunaux de commerce en tant que juridiction spéciale. Il fallait compléter cette avance en mettant la France au premier rang des Etats, et, pour cela, « faire devenir la nation entière un corps de négociants dont la Banque d'Etat serait la caisse. Car l'Etat ne doit pas seulement être banquier, il doit, en outre, être commerçant. Les ressources nouvelles qu'il aura créées — en émettant du papier-monnaie — il doit en diriger l'emploi par la formation d’une Compagnie de Commerce dans laquelle doivent tomber successivement tous les effets commerciables du Royaume et qui n’en fasse qu’une masse en faveur de la Compagnie», cette dernière étant, bien entendu, étroitement reliée à la Banque. Et c’est ici qu’apparaît bien clairement, exposée par son auteur lui-même, la conception unitaire de Law qui se fit

jour complètement, lorsqu'il réunit ces deux organis-

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mes : Banque et Compagnie, destinés à marcher l’un

par l’autre et concurremment.

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