Les avances de ce genre montèrent à 450 millions
provisoires que Ton donnait aux rentiers remboursés, ces valeurs furent immédiatement cotées à 10 pour 100 de bénéfice. « On donnait communément 11 000 livres en or pom* 10 000 en papier de l'Etat; et Ton payait des courtages assez considérables pour procurer de petites fortunes à ceux qui avaient le secret de faire expédier promptement cette conversion *. » Les écus furent un moment proscrits à la rue Quincampoix : « Si vous avez de l'or, disait-on, rien de fait. » Quant à l'argent, on n'eût pas osé en offrir.
Un sieur de Cambis étant allé à la rue pour y vendre des actions, s'abouche de préférence à un homme de qualité, comme lui-même. L'affaire est bientôt conclue ; mais voilà que l'acheteur, se mettant en devoir de payer, tire de sa poche un sac plein d'or. L'un déclare qu'il a compté sur du papier et repousse le vil métal; l'autre soutient qu'on ne peut refuser des espèces ayant cours. On s'échauffe, on met l'épée à la main, et déjà quelques bottes ont été échangées, lorsqu'un courtier, s'élançant entre les combattants : « Est -il possible, s'écrie-t-il , que deux gentilshommes risquent ainsi deux existences précieuses! Quels regrets vous préparez au vainqueur! Ah! messieurs, ménagez un sang utile au pays : permettez-moi de vous