MONTANT
effectif
de
chaque
émission
I«' fonds (compagnie d'Occident
l"^» souscription {les Ailes)
2« souscripiion ( les petites-filles )
3« souscription (prêt à l'État)
Émission supplémentaire (4 oct. 1719)..
Ainsi la compagnie avait émis 624000 actions de 500 livr. chacune, représentant 312 millions de livres; mais profitant de la plus value, elle les avait vendues 1 797 500 000 livr.
Voici maintenant sur quoi elle comptait pour solder les dividendes de cette énorme soname :
Intérêt de 3 pour 100 dû par TÉtat, à prélever sur le bail des fermes 48 600 OOOlivr.
Bénéfice de la compagnie sur ledit bail des fermes 8 000 000
Monopole des tabacs 6 000 000
Béoélices sur les receltes directes, les gabelles d'Alsace, elc 1 400 000
Bénéfices sur la fabrication des monnaies. . . lO 000 OOO
Revenus des privilèges commerciaux de la compagnie 8 000000
"Total net des recettes probables 82 000 OOOlivr.
A ce compte , la compagnie aurait pu fournir un dividende de 130 livres par action de 500 livres, résultat magnifique dans des circonstances ordinaires. Mais ici, qu'on le remarque bieïi, la plus grande partie des souscripteurs avaient acheté leur titre, non pas 500 livres, mais 5000 livres, et pour que ceux-ci touchassent seulement 4 poiu* 100, il eût fallu que le dividende de chaque action montât à 200 livres.
LaAV comptait sincèrement sur im tel progrès. Dans sa théorie erronée sur la production des richesses, il faisait dépendre renrichissemeïit d'un
pays du numéraire disponible. Or, ayant constaté que les coupures d'actions au porteur, courant de mains en mains, passaient à Tétat de monnaie, il s'était persuadé que la hausse illimitée des actions, accroissant le capital national, déterminerait une prospérité assez grande pour que la compagnie augmentât ses bénéfices et pût donner au moins un dividende de 200 livres par action. Au lieu de modérer la fièvre de l'agiotage, il la surexcita par toutes sortes de manœuvres. Cette erreur détermina l'étrange vertige auquel il doit sa célébrité.