‹ Lazare de BaïfChapitre 11 sur 79 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Lazare de Baïf ambassadeur à Venise. Date de son entrée en fonctions. Sa correspondance officielle : 1* lettres imprimées dans les Meslanges historiques de Camusat: 2* lettres manuscrites et inédites. Analyse de ces lettres. Baïf surveille Soliman, et sert d'intermédiaire entre la France et la Turquie; ambassade de Rincon. Il surveille l'empereur; questions italiennes. Il cherche à gagner des partisans au roi ; Baïf et l'Are tin. H cherche à envoyer des artistes en France ; Baïf et Michel-Ange. Anecdotes personnelles. — Conclusion : Rôle diplomatique de Lazare de Baïf.

Jean Du Bellay, ambassadeur à Londres, écrivait au maréchal de Montmorency : « J'ay entendu, monseigneur, qu'on «nvoye le prothonotaire de Bayf estre ambassadeur à Venise- Je vous promeetz que quiconques en aura faict élection n'y aura deshonneur, et que mais qu'il ayt ung peu passé par l'estamine des affaires, il sera bien pour faire bon service au Roy 1 . » La lettre se termine par ces mots : « De Londres, le xv* de juing ». Le cardinal Du Bellay se rendit deux fois en Angleterre comme ambassadeur, en 1527 et en 1533 : la lettre est certainement de 1527. Pierre Bunel, qui vécut plusieurs années à Venise auprès de Baïf, en qualité de secrétaire, rapportait en ces termes un propos de l'ambassadeur, dans une lettre datée de novembre 1531 : « De discessu nihil certi se ante constituere posse, quam litteras e Gallia accepisset, et quoniam a voluntate régis haec penderent, fieri posse

Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, 3078, fol. 33.

ut hjfcquartus annus quintum adduceret 1 ». Par là, Baïf, en 1531, aurait compté quatre années de séjour à Venise, Voilà encore un texte qui l'y ferait arriver dès 1527; et comment penser que Bunel ait pu se tromper sur des circonstances récentes, et le touchant de près? Il en est pourtant ainsi. Baïf lui-même déclare dans une de ses lettres qu'en 1533 il habitait Venise « depuis quatre ans* », indication confirmée et précisée d'ailleurs par un document officiel : un mandement du roi au trésorier de l'épargne de payer à Lazare de Baïf, ambassadeur à Venise, les sopames qui lui sont dues « depuis le 25 juin 1529, date de son départ*.... » On voit qu'il ne faut dire, ni comme les anciens biographes, qu'il arriva à son poste en 1531 \ ou en 1532 6 , ni, comme un biographe moderne 6 , que, nommé en 1529, il aurait vu son départ ajourné, on ne sait pour quel motif, jusqu'en 1531.

Il succédait à Jean de Langeac, évêqued'Avranches, qui avait eu pour secrétaire Etienne Dolet. Le doge s'appelait André Gritti (doge de 1524 à 1538).

La correspondance diplomatique de Baïf est fort étendue* Elle comprend :

1° Sept cent vingt lettres conservées à la Bibliothèque nationale dans un recueil qui provient du fonds Golbert 7 , et constituant, non des lettres originales, mais des brouillons

1. Petbi Bunelli familiares aliquot Epistolae. Paris, 1551, p. 24.

2. Avril 1533; Bibliothèque nationale, Mss, Fr. f 3941, fol. 381.

3. Collection des Ordonnances des rois de France. Catalogue des Actes de François t r . Paris, 1887-1892, t. H, p. 430. Le prédécesseur de Lazare avait pris congé du Sénat dans la séance du 3 juin 1529 : Archives de Venise, Senato Secreti, Registre LUI, fol. 158 v\

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