B. N., Mss t Fr., 3045, fol
5. B. N., Mss, Fr., 20440, fol. 8 ; Dupuy 726, fol. 47. Adde, pour mémoire, deux lettres à Ûinteville citées par L. Becq de Fouquieres (Poésies choisies de J.-A. de Baïf. Paris, 1874, p. i, note) comme appartenant à M. Feuillet de Conches.
6. Pour la France, car Venise avait à Constantinople un ambassadeur ordinaire appelé baïlo.
aux environs de Tannée 1529, n'avait toujours que le choix des ennemis* L'empire, récemment échu à Charles-Quint, était puissant. La France, en dépit d'éclatants revers, restait puissante. La crainte de l'empereur, dont le pouvoir grandissant avait jeté Venise dans la ligue de Cognac (1526), la crainte du roi, qui recouvrait, par la paix de Cambrai (1529), toute sa liberté d'action, ces sentiments s'effaçaient encore, dans les conseils de Venise, devant une terreur bien autrement pressante et légitime, la crainte du Turc, l'ennemi redoutable entre tous, dont l'ambition conquérante, révélée par l'expédition de Soliman II en Hongrie, ne justifiait que trop toutes les appréhensions de la Sérénissime république.
La crainte du Turc, « ce grand chien », comme il aime à l'appeler, voilà ce que Lazare put surlout observer dès son arrivée à Venise ; et «de tous les sentiments qu'on étalait devant notre ambassadeur, il n'y en avait pas de plus sincère. On s'attendait chaque jour à voir les Infidèles fondre sur l'Italie 1 . La campagne de Soliman sur le Danube, le désastre de Mohâcs, la destruction partielle du royaume de Hongrie, avaient épouvanté la chrétienté, et l'on savait que, cette fois encore, le sultan marchait sur Vienne, à la tête d'une armée formidable. Longtemps après, Jean-Antoine de Baïf, peut-être par un souvenir des récits paternels, évoquera ces calamités dans son poème de La Vie des Chams, paraphrase du thème virgilien : fortunato$ nimium ....
De voir des Rois celuy la ne s'eflroye, Ny de leur guerre et discord ne s'émoye, Ny du grand Turc ny de ses entreprises, Ny des Citez qu'aux Hongres il a prises... 2 .
1 . ff. 28 v% 29, 29 v\ (Je désigne simplement par le folio les lettres du recueil 5941 . )