J.-ânt. de Bxïf, éd. Mart y-Lave aux, t. II, p
Quant à Lazare, il resle calme au sein du tumulte. Dans la marche des Ottomans, il voit surtout la retraite des Impériaux, et il considère les progrès du Croissant avec une attention à la fois curieuse et détachée, avec une sérénité quelque peu ironique, qui confine à l'indifférence, pour ne pas dire plus. Il se rassure facilement sur le sort de Vienne, parce que la ville est bien garnie de vivres et de troupes vaillantes 1 . D'ailleurs, les Vénitiens grossissent les événements pour effrayer l'empereur*. Au pis aller, qu'arriverait-il? Une diminution de prestige pour l'empereur, et un refroidissement dans les rapports que Rome s'efforce de créer entre lui et Venise 5 . Sur un faux bruit que Vienne est prise, Baïf transmet la nouvelle sans s'émouvoir et sans paraître y attacher d'importance 4 . Et quand il apprend la levée du siège, il ne cache pas son dépit : « Bien est vérité, Madame [la reine de Navarre], que par le présent vous puys bien assurer que les affaires de la chrestienté se portent mal, puis que gens de bon sens et de bon discours vouldroyent que l'armée du turcq, laquelle est retirée du siège de Vienne, fust encoresdavant,et ce pour amoindrir l'ambition d'aulcun prince lequel songeant en la monarquye du monde, n'est encore voullu descendre à bonnes et raisonnables conditions de paix, qui seroyt une chose merveilleusement nécessaire pour la conservation de la republique chrestienne* ».
Soliman rentra en Turquie. Mais ses préparatifs incessants entretinrent dans la chrétienté une anxiété d'autant plus vive qu'on ne savait pas sur quel point éclaterait l'orage, en Italie,
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