‹ Lazare de BaïfChapitre 16 sur 79 · fol. 49. Cf. fol. 48 V · texte numérisé non relu

fol. 49. Cf. fol. 48 V

en Sicile *, en Espagne*, peut-être même en Provence : Baïf donnait avis au roi de fortifier Marseille 5 ! Deux années cependant se passèrent en négociations. Nouveau souci pour Baïf : la Porte en pourparlers avec Venise, où elle envoie une ambassade. Impossible de savoir ce qui se traite dans ces entrevues 4 ; mais on reçoit l'ambassade avec honneur, douze patriciens l'accompagnant « tous vesluz d'cscarlatte 5 », et voilà qui ne dit rien de bon à Baïf. En 1532, il fut mêlé, au moins comme intermédiaire, à des négociations importantes : la mission secrète de Bincon, député par François I er à Soliman. Antonio de Bincon, Espagnol réfugié, passé au service de la France, ne ressemblait pas à ces aventuriers de rencontre qui offraient au roi leur dévouement, moyennant un prix débattu. Il consacra à sa patrie d'adoption un zèle infatigable, au mépris des plus grands périls. Dans les affaires de Hongrie, il avait été très utile au roi 6 . Il possédait sa confiance personnelle, et il se lia d'amitié avec Baïf 7 . L'alliance turque, cette conception si hardie et si neuve de François I er , obligea quelquefois le roi à des actes d'accommodement, à des retours en arrière. En 1532, il ne souhaitait nullement l'invasion de la Hongrie par Soliman, parce que l'empereur n'eût pas manqué, en exagérant le péril turc, d'en rejeter la responsabilité sur son rival, pour rapprocher de l'Espagne les princes allemands 8 . Le roi envoya donc Bincon au sultan, afin de détourner celui-ci des vastes projets dont il menaçait hautement

1. « In illa palestra quam Pvrrhus Car tha gin iensi bus et Romanis reliquit! » AI. 84 V.

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