E. Charimère, op. cit., p
Charles-Quint. L'auteur des Négociations de la France dam le Levant déplore que nous n'ayons pas les dépêches de Rincon. La correspondance de Baïf ne remédie que bien peu au silence de Rincon devant l'histoire. Elle nous tient au courant des étapes du capitaine, malade en route et au retour 1 . Elle nous apprend qu'à Venise il logeait chez l'ambassadeur \ Pour le reste, Baïf se contente d'expédier en France les lettres de Rincon 5 . Pourtant avec Dinteville il s'ouvre davantage. Il lui narre le résultat de l'ambassade. Soliman a reçu Rincon avec de grands honneurs. Il lui a dit « que pour l'ancienne amytié qu'il avoit avecques la maison de France, il feust voulen tiers retiré, » mais qu'il ne veut pas passer pour fuir devant Charles d'Espagne 4 . Mendoza, un agent de Charles-Quint 5 , tenta l'impossible pour détacher Rincon du service de la France 6 , et, quand il partit, sema sa route d'embûches et d' « espyes 7 ». Tant l'empereur eût souhaité de saisir, pour les exploiter auprès des princes luthériens, les preuves de l'intimité compromettante du mécréant avec Sa Majesté très chrétienne 8 ! Quant à la campagne dont François I er cherchait à détourner son allié, elle ne devait pas être heureuse pour les Osmanlis. Baïf rend compte de leurs insuccès, de leur retraite, de la prise de Coron par André Doria 9 , et des escarmouches, autour de Coron, entre les flottes de Doria etdeBarberousse.