fol
un écho dans le poème déjà cité de Laurent Pillart, qui glisse ce souhait dans un éloge hyperbolique du prélat :
Laeta dies aderit, niveo signanda lapillo,
Scilicet illa dies qua siet maximus orbis Antistes, triplicem gestans in fronte coronam 1 .
Voilà toutes les confidences de Baïf. Je me trompe, il est une question à l'occasion de laquelle il parle souvent de lui : la question d'argent. A cette époque, où la diplomatie n'avait pas encore une organisation régulière, les titulaires de ces postes parfois très dispendieux ne recevaient pas un traitement fixe, et n'attendaient de secours que de la générosité royale. Baïf demande de l'argent dans presque toutes ses lettres; on compterait facilement celles où il n'en demande pas. Son train de maison le ruine : « Car je vous asseure que j'ay plus de vingt-cinq bouches à nourrir ordinairement, sans les estrangiers qui me visitent souvent* ». La Seigneurie a supprimé les barques, « barquerolles » et autres « commodités » qu'elle fournissait autrefois aux ambassadeurs 5 , et lui laisse la charge de son loyer (150 ducats) 4 . Avec cela, tout est cher à Venise 8 : on lui vend la viande 6 et le vin 7 un prix fou. Il lui faudrait, pour s'en tirer, « quinze francs par jour 8 ». Au mois de juin 1529, le roi lui avait fait donner 1.200 livres 9 . Il reçut, en mars 1530, 1.230 livres 10 ; en jan-
# 1. L. Pillart, op. cit., II, 232-235.