CHAPITRE III
Vie privée de Lazare de Baïf à Venise; vie littéraire et vie mondaine. — I. Vie littéraire. — a. Relations littéraires ; les amis de Baïf à Venise. Les Français : Pierre Bunel, Pierre Gilles, Anianus Burgonius. Les Vénitiens : Lazare de Baïf et Jérôme Aléandre. Les Grecs : Zannétinos, Sophianos. — b. Correspondance littéraire : Germain Brice, Sadolet, Bembo, Érasme. — c. Travaux littéraires : De vasculis, 1531 ; traduction des quatre premières Vies de Plutarque ; traité d'architecture. — II. Vie mondaine. Naissance de Jean-Antoine de Baïf, 1552. — Lazare de Baïf quitte Venise, 1554.
« Theatrum lolius Ilaliae splendidissimum... l . » Il faut se représenter Venise à l'époque où Erasme l'appelait de ce nom. Tout s'y réunissait pour ravir à la fois les sens et l'âme: beauté du site, mollesse voluptueuse du climat, faste des habitants, chefs-d'œuvre de l'art moderne et monuments de la pensée antique (c'est le temps où l'imprimerie aldine multipliait ses éditions, pour un homme comme Baïf plus précieuses encore que les peintures du Giorgione ou de Carpaccio). Et ces bibliothèques ouvertes de toutes parts! Et ces fêtes magnifiques sous un ciel sonore ! Et la société de ces patriciens élégants et fins, la conversation de ces Grecs au doux langage, le commerce de ces humanistes de toutes les nations, attirés sur le territoire de la république par l'éclat que jetait au loin la célèbre université dePadoue!
Vers 1550 étudiait dans cette ville un jeune écolier