‹ Lazare de BaïfChapitre 33 sur 79 · Erasme, éd. citée, t. III, H83 G (Lettre de · texte numérisé non relu

Erasme, éd. citée, t. III, H83 G (Lettre de

toulousain, nommé Pierre Bunel, dont on recherchait les lettres latines pour leur élégance. Lazare désira se l'attacher, et le lui fit dire par le jurisconsulte Chandon 1 , ce que nous apprend Bunel lui-même dans sa réponse aux avances de l'ambassadeur \ Bunel, dans cette réponse, montre une grande joie des propositions qu'il a reçues. Quelle condition digne d'envie: « Vivere-cum homine Gallo, cum quo, ut arbitror, meus sensus facile consentiret, deinde cum Bayfio, id est, cum eo qui jam utriusque linguae cumulatam eruditionem consecutus est! » Cependant, il hésite. 11 ne parle pas de sa pauvreté : il connaît les intentions généreuses de Baïf à cet égard. Mais diverses considérations l'arrêtent, qui tiennent les unes à là modestie, les autres à la discrétion : « Non esse prudentis hominis cujusquam liberalitate abuti ». Bref, il veut se faire forcer la main. C'est ce qui arriva. Baïf eut raison de ces scrupules, et Bunel vint le rejoindre vers le commencement de mai 1530. (Dans une lettre datée du 2 octobre 1531, il déclare habiter Venise depuis un an et cinq mois 5 .) Quelles fonctions remplit-il à l'ambassade? Sans doute, celles de bibliothécaire ou de secrétaire particulier. Baïf, qui l'appelle « ung de mes familliers et domesticques 4 », lui confie des missions qui n'ont rien de bien secret. Il l'envoie à Rome saluer de sa part Lascaris, âgé et malade 5 , et réclamer à Dinteville les dessins de navires dont il a besoin pour le traité De re navali auquel il travaille 6 . A Venise, Bunel a pour principale occupation de se perfectionner, sous la direction de Baïf,

1. Àrnauld Chandon de Pamicrs, qui fut prieur de Montferrand en Auvergne (depuis Clcrmont-Ferrand).

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