‹ Lazare de BaïfChapitre 4 sur 79 · Bibliothèque de Genève, Ms. latin · texte numérisé non relu

Bibliothèque de Genève, Ms. latin

4. fol. 49 (Chap. XII, entre les mots « prodigia ostentaret » et « sed ad tunicas revertamur »).

5. Je dois ce renseignement à l'obligeance de M. Th.-À. Dufour, Directeur de la Bibliothèque de Genève.

6. Et non pas au château du Pin, près d'Angers, comme le voulait une tradition locale, acceptée par Ménard, et dont Ménage proclame la fausseté. D'autres écrivains le font naître à Mangé : (Claude Blondeau), Les Portraits des hommes illustres de la province du Maine. Le Mans, 1666, p. 11. — J.-R. Pesche, Biogra-

disent pas en quelle année. Les modernes indiquent la date de 1490. C'est une erreur. Lazare, dédiant au cardinal Jean de Lorraine son traité De re vestiaria, qui parut en 1526, se déclarait à peine âgé de trente ans, « vixdum triginta annos natus ». Cela le ferait naître aux environs de 1496.

Autre erreur : la Biographie universelle avançant que Lazare aurait reçu la prêtrise, on trouve quelquefois répétée cette assertion. A la vérité, nous verrons Lazare revêtu de dignités d'un caractère ecclésiastique. Mais on était d'Église sans être prêtre ; cette quasi-cléricature avait de l'intérêt pour plus d'un motif, notamment au point de vue des bénéfices et des privilèges de juridiction ; pour cela, les ordres mineurs suffisaient. Le Dictionnaire Michaud appuyait son opinion sur la dédicace du De re navali à François 1 er , laquelle ne dit rien de tel. Lazare y remercie le roi d'avoir été « ab ejus vere regia liberalitate et sacerdotio auctus, et magistratu ornatus ». Il faisait alors allusion (en 1536) à l'abbaye qu'il tenait de la faveur royale. Cette dédicace nous apprend au contraire qu'il embrassa, non la théologie, mais le droit, et la dédicace du De re vestiaria contient à cet égard une curieuse confidence. L'auteur y parle avec un dégoût marqué de ses études juridiques. Passe encore pour les textes, pour Paul ou pour Ulpien. Mais il a gardé rancune à la glose accursienne, et Ton voit qu'il considère comme perdu tout le temps qu'il n'a pu consacrer à Platon ou à Démosthène. Le passage vaut une citation : « Porro autem utriusque linguae elegantiarum sectatores, qui ista mea légère non gravabuntur, oratos velim, primum ut mihi asseveranti credant, me meliores aetatis annos in ediscerçdis Accursianorum ineptiis, potius quam Ulpiani aut Pauli responsis, de non satis eruditorum amicorum consilio, consumpsisse :

phie du Maine et du département de la Sarlhe. Le Mans-Paris, 1828, p. 35 et 35. — Guio.nard, op. cit., p. 5.

quorum barbaries ingenium mentemque meam infuscayit : quibus dediscendis non minus mihi fuit negotii, quam in ediscendo ad verbum aut PI atone, aut Demosthene, aut simul u troque.... »

Ses études achevées, il fut avocat au Parlement, sinon quelque chose de plus, malgré son jeune âge 1 . À la fin de son ouvrage De re vestiaria, il parle des plaidoiries dont il dut subir l'ennui, « rabularum altercaliones, quibus audiendis in suprema Parisiorum curia tempus terebam ». Mais il ne pâlit pas longtemps sur les dossiers, et Ton devine avec quelle allégresse il répudia ses occupations judiciaires pour se rendre en Italie, « ad capiendum ingenii cultum », en compagnie de son ami Christophe de Longueil. Ce dernier, né àMalinesen 1490, avait fait à Paris de solides études, et s'était préparé, en se nourrissant de latin, à son futur rôle de chef de la littérature cicéronienne. 11 apprit aussi le droit, puis l'enseigna. Pourvu d'une chaire à Poitiers, en 1510, il raconte lui-même* que le jour où il fit son cours d'ouverture, ses élèves se mutinèrent contre un professeur aussi jeune qu'eux, et que déjà ils marchaient sur lui l'épée à la main, lorsqu'il rétablit le calme en terrassant les plus hardis sous le poids de trois énormes tomes de l'Infortiat. Un passage du Lutrin*, dans lequel les commentateurs n'ont vu qu'une parodie d'un passage de Yirgile\ est certainement un écho de ce curieux épisode des mœurs scolaires du xvi e siècle. Longueil revint bientôt à Paris, plaida avec succès, fut nommé conseiller au Parlement 8 , et se lia avec

1. Voir A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire. Paris, 1872, *• Batf.

2. Dans une lettre latine à Jean de Balène, de Beauvais, imprimée à la suite de l'opuscule : Christophori Longuolh Parisiensis Oratio de laudibus divi Ludovici.,.. Paris, 1510.

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