‹ Lazare de BaïfChapitre 43 sur 79 · B. N., Mss, Fr · texte numérisé non relu

B. N., Mss, Fr

5. Aussi M. Quentin-Baucbart a-t-il compris ce Ms. dans son inventaire des Mss. et livres ayant appartenu à François I er . 11 le décrit ainsi : « Manuscrit du xvi* siècle, sur vélin. Lettres capitales en or et en couleur. Petit in-fol., veau brun mosaïque de noir, F couronnées sur les plats, ornements en or et en argent

c'est-à-dire une traduction française de Plutarque antérieure de trente ans à celle d'Amyot et l'une des plus anciennes, et, je crois, la première en date qu'on puisse signaler. J'ignore ce que devinrent les Vies de Lycurgue et de Numa.

Je n'ai pas été plus heureux dans mes recherches pour découvrir un autre ouvrage (manuscrit, certainement) de Lazare de Baïf, ouvrage dont aucun biographe n'a eu connaissance, et que révèle seule sa correspondance. Le 14 novembre 1551, l'ambassadeur écrivait au cardinal de Lorraine : « Monseigneur, je vous envoyé aussi ung petit volume que j'ay faict de architecture avecques l'ayde de ung très bon architecte qui est de ceste ville, affin que vostre bon plaisir soyt de le montrer au Roy, espérant que Sa Majesté y prendra quelque peu de passe-temps 1 ».

Vie publique, vie d'étude, on ne connaîtrait pas encore complètement l'existence de Baïf à Venise si l'on n'y ajoutait ce dernier point : la vie mondaine. Il s'en fallait que ces nombreux ecclésiastiques, employés par la politique royale à de brillantes fonctions, montrassent toujours et partout des mœurs très édifiantes. Leur frivolité était parfois telle, qu'elle choquait non seulement chez des cardinaux ou des prélats, mais même chez ces personnages qui ne se rattachaient à l'Église que par un titre de cléricature en quelque sorte nominal, et pour les privilèges. Ceux-ci scandalisaient Brantôme! Ne dirait-on pas qu'il pensait au souvenir laissé par Baïf lorsqu'il écrivait ces lignes? « Le roy les honnoroit [les gens

sur le dos, tr. dor. » E. Quentin-Bauchart, La Bibliothèque de Fontainebleau et les livres des derniers Valois à la Bibliothèque nationale (ouvrage tiré à 300 exemplaires). Paris, 1891 , p. 205. Cf. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits... , Paris, 1868-1881, 1. 1, p. 164.

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