B. N., Mss, Fr., 3096, fol
7 février précédent, époque où précisément les Archives de Venise nous donnent des détails sur la cessation de ses fonctions. Lazare laissait à Venise les meilleurs souvenirs. On regrettait sincèrement cet homme aimable. Dans leur vieux langage, mélange d'italien et de latin, les Archives constatent que les adieux se firent « con mol la satisfactione de ognuno havendosi veramente diporta cum quella humanità, gentilezza et dexterità çhe desiderarsi possa da simel pari sui 1 ». L'usage voulait que la république offrit un cadeau aux ambassadeurs qui la quittaient. Au départ de Tévêque d'Avranches, prédécesseur de Baïf, on l'avait tenu quitte de droits dont il restait débiteur pour la consommation de son vin, remise concédée, déclarent un peu naïvement les Archives, « acciô esso parla ben soddisfatto* ». Pour Monsieur de Baïf, on fit mieux les choses. Le Sénat vota un don de cinq cents ducats 3 . Le Conseil des Dix en ajouta cinq cents autres 4 . On accorda à notre ambassadeur la grâce d'un prisonnier français*, et le congé d'un gondolier, originaire de Marseille, qui voulait retourner dans son pays 6 . Enfin on écrivit à l'ambassadeur de Venise auprès du roi de France une lettre conçue dans les termes les plus flatteurs pour « Monsignor de Baïf », en chargeant le représentant de la république d'exprimer au roi et au Grand Maître « l'optimo offitio fato per lui in tuto il tempo de la légation sua cum ogni dexterità et prudentia 7 ... ».
1. Archives de Venise, Senato Terra, Registre XXVII, iol. 194. « Avec beaucoup de satisfaction de chacun, [l'ambassadeur] s'étant comporté avec cette humanité, gentillesse et adresse que Ton peut désirer de pareils ses égaux [de pareilspersonnages]. »