‹ Lazare de BaïfChapitre 52 sur 79 · Bibliothèque nationale, Réserve, L f m · texte numérisé non relu

Bibliothèque nationale, Réserve, L f m

d'après laquelle il résulterait d'un document d'archives la preuve que Lazare exerçait déjà les fonctions de maître des requêtes en 1538. Gaignières avait raison; un témoignage littéraire confirme sa rectification. Nous le devons encore à Yulteius. Dans un recueil d'Inscriptions, qui porte la date de 1538, on trouve cette épigramme Ad Lazarum Baiphium (sic), qui contient un jeu de mots sur la dignité de Lazare (maître des requêtes se disait en latin Libellorum mpplicum magister) :

Libros, Lazare, Galliae dedisti, Pro libris tibi reddidit libellos.

Hanc quis sat tibi reddidisse credat * ?

Vulteius dit bien : le titre de maître des requêtes était une récompense accordée à l'érudition, et Bu dé, avant Baïf, dut cet emploi à sa connaissance du grec 1 . Emploi très important, du reste. Les huit maîtres des requêtes, à part des prérogatives honorifiques, telles que la garde du sceau en l'absence du chancelier et le droit de siéger à toutes les cours souveraines au plus près du président, réunissaient dans leurs attributions la gestion des biens du domaine royal, pour ce qui concernait l'administration intérieure, et la connaissance de toutes les causes qui, à raison de la qualité des parties, ressortissaient directement à la juridiction royale; ils étaient à la fois les intendants et les conseillers de la couronne. Placés si près du roi, les plus grands honneurs pouvaient leur échoir, et l'on comprend que Baïf, qui avait réussi à Venise, ait reçu de François I er une mission diplomatique. C'est ce que va nous apprendre la suite du récit de Jean- Antoine.

En 1540, trois grands événements. Charles-Quint fait à Paris une entrée solennelle (cérémonie à laquelle une relation

1. J. Vulteh Rhemi Inscriptionum libri IL Paris, 1538, fol. 34 v\

2. 6. Budaei Commentarii linguae graecae. Paris, 1548, p. 251.

du temps 1 signale la présence des maîtres des requêtes, « vêtus de velours noir »). Budé meurt (décidément, le nom de Budé doit reparaître à chaque page de la vie de notre personnage). Et le roi envoie Lazare de Baïf en Allemagne :

En Tan que l'Empereur Charle fit son entrée Receu dedans Paris : L'année desastree Que Budé trépassa : Mon père qui alors Aloit Ambassadeur pour vostre ayeul, dehors Du Royaume en Àlmagne... '.

Il se rendait, non pas à la Diète de Spire, comme le veulent tous les biographes, mais à une assemblée qui devait primitivement se tenir à Spire, et qui, la peste régnant dans cette ville, se réunit à Haguenau 5 . Il emmenait avec lui le fidèle Charles Estienne, et un cadet d'une maison du Bas-Vendômois, à peine âgé de seize ans, que le duc d'Orléans venait de mettre hors de page, et dont le nom devait faire quelque bruit dans les lettres françaises, Pierre de Ronsard.

... // menoit au voyage Charle Etiene : et Ronsard qui sortoit hors de page : Etiene Médecin qui bienparlant etoit :

Ronsard de qui la fleur un beau fruit promettoit....

Il fallait un autre précepteur pour remplacer Charles Estienne. Baïf confia Jean-Antoine à Jacques Toussaint (Tusanus). Encore un helléniste! Toussaint, ami de Budé, fut,

1 . Insérée par Lambert dans son édition des Mémoires de Martin et Guillaume du Bellai-Langei. Paris, 1753, t. VI, p. 419 sqq.

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