‹ Lazare de BaïfChapitre 8 sur 79 · Bcdé, Opéra, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Bcdé, Opéra, 1. 1, p

de celui de Budé De asse. Il n'avait encore wen publié, que Ton comptait déjà avec lui dans le camp des philologues. Erasme, le moins louangeur des humanistes, écrivait, dès 1524, à un jeune étudiant de Padoue : « Lazarum Bayûum gaudeo vehementer hoc praesti tisse in vestibus, quod Budaeus in asse. Cumprimis autem exosculor hominis candorem cum exquisita conjunctum eruditione, quod inter litteratos rarissimum est. Sciebam laenam esse genus vestis, et suspicabar respondere ^aivy), verum vitabam dictionem primum minus notam, deinde ancipitem. Penulam hybernam noverunt omnes. Mutabo tamen hune locum ubi librum Lazari videro, quod equidem opto ut quam primum fiât 1 .... »

Au printemps de Tannée 1525, des paysans de la Basse- Allemagne se soulevèrent en grand nombre contre leurs seigneurs, et envahirejit l'Alsace en incendiant les châteaux et les monastères au nom de la réforme luthérienne, et en signalant partout leur passage par des pillages et des massacres. Le jour où le duc Antoine de Lorraine (fils du duc René II) les défit à Saverne, il préserva la France d'une redoutable invasion. On appela cette campagne la guerre des Rustauds. Elle a été très exactement narrée en vers latins par un contemporain, Laurent Pillart, en latin Pilladius, chanoine de Saint- Dié et curé vosgien*. Pillart raconte qu'au début des opérations, le cardinal Jean de Lorraine, frère du duc Antoine, vint rejoindre celui-ci à Vic-sur-Seille. Il fait l'énumération des personnages qui composaient la suite du prélat. Et voici

1. D. Erasmi Roterodami Opéra omnia. Leyde, 1703-1706, t. III, 806.

2. Làurestii Pilladii.... RusHciados, libri VI..., Metz, 1548. Cet ouvrage très rare a été réimprimé par Dom Calmet à la fin de son Supplément à la Bibliothèque lorraine, ou Histoire des Hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine. Nancy, 1751 . Sur Pillart et son œuvre, voir A. Colligno>*, De Nanceide Pétri de Blarorivo. Nancy, 1892, p. 96-104.

— loque, parmi eux, nous trouvons Lazare de Baïf, mentionné en termes élogieux :

Dotibus in multis celeberque Baiffius astat, Principîs orator, lingua facundus utraquc, Musarum columen, multa virtute beatus '.

Dom Calmet a célébré le cardinal Jean de Lorraine comme un grand protecteur des lettres. Sa maison, au rapport de l'abbé Bexon, était toujours remplie de savants et d'écrivains, qu'il comblait de faveurs*. Dans quelles circonstances et à quelle époque exactement notre Baïf eut-il occasion de rencontrer ce personnage et de s'attacher à lui? Combien de temps resta-t-il son familier? Il faut nous contenter de ce que nous révèle la Rusticiade, et aussi de ce que va nous révéler Baïf lui-même dans un document très peu connu et récemment publié, document dont je dois indiquer ici l'origine et relater la teneur.

Il y a quelques années, M. Pierre de Nolhac, en dressant Y Inventaire des manuscrits grecs de Jean Lascaris z y a découvert à la Bibliothèque du Vatican une lettre grecque de Lazare de Baïf portant cette double suscription : A Monseigneur

Mons r Lascaris, et, au-dessous, AàÇapo; Baôçio; Aàcjtapet t$

waTpt et» rapàTTÊiv*. Elle est simplement datée de Lyon, le 28 novembre : 'Ev tû AouySouvw voêe^êptou TpiVfl cpÔtvovTo;. Mais le texte ne peut laisser de doute sur l'année : Baïf dit qu'il se trouve auprès du cardinal de Lorraine, et que, depuis quelque temps, on est chaque jour sur le point de partir pour l'Es-

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