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20 HIOORAPHIE.
carte. Il démontra la nécessité d'y établir des campa retranchés, d'y former des colonnes mobiles,* d'imiter, dans sa manière de combattre,^ un ennemi presque insaisissable ; et dans le jeune capitaine de vingt-quatre
5 ans s'annonça'^ déjà le général en chef des armées de l'Ouest et de l'Océan.
Dans un autre mémoire'^ qu'il écrit^ sur la conduite de la guerre dans le Nord, Hoche révèle-'' d'instinct le génie de l'art militaire des temps modernes, et les conseils
10 qu'il donne sont les préludes de la révolution opérée plus tard par Bonaparte dans la tactique et dans la stratégie. "La routine nous perd," disait-iP : "l'art delà guerre est
à régénérer Rasons les places fortes que nous ne
pouvons' défendre sans nous disséminer, et plaçt>ns-nous
15 hardiment^ au centre des armées ennemies : plus forts réunis que chacune d'elles séparées, marchons de l'armée que nous aurons vaincue® à celle qui est à vaincre." Il indique ensuite les noms des places qu'il faut^" raser, celles dont" la garnison doit être l'éduite,'' les
20 positions qu'il faut'" faire'-^ occuper par les armées des Ardennes et de la Moselle : il donne enfin, dit^^ son biographe déjà cité, tous les détails^* du plan qui fut suivi'" dans la campagne de 1794, sur laquelle repose la réputation de Carnot, et dont la conclusion fut la
25 victoire de Fleurus. f
Hoche achevait'® la rédaction de ce mémoire^ lorsqu'on vinf l'arrêter : l'ordre était donné de le traduire" devant le tribunal révolutionnaire de Douai comme suspect pour son dévouement au général Le Veneur, et accusé
30 d'avoir dit'* que Pitt et Cobourg gouvernaient" la France. Hoche, sans s'émouvoir,^" addi-essa son dernier mémoire à Couthon, membre du Comité de salut public, et qu'il avait eu l'occasion de voir à Paris, et lui écrivit* cette noble lettre où il se peint''" tout entier : "Ainsi que je vous
35 l'ai promis^^, citoyen, je vous fais'''^ passer mon travail sur la défense de la frontière du Nord : ce travail est sans doute le fruit d'un patriotisme plus ardent qu'éclairé,
* Lettre an citoyen Audouin, adjoint au ministre de la guerre, t Bergounioux, F?V de Lazare Hoche, p. 14.
mais pourriez-voiis' croire qu'il est d'un jeune homme traduit' devant le tribunal révolutionnaire ? Quel que soit* mon sort, que la patrie soit* sauve'e, et je demeure content. Mais à chaque instant le danger augmente . . Vos ge'ne'rauï* n'ont aucun plan : il n'y a point aujour- 5 d'hui parmi eux un homme capable de sauver la frontière. Je vous demande donc d'être entendu, soit® au Comité, soit® par les représentants près des armées. Qu'on me laisse* travailler dans une chambre, les fers aux pieds, jusqu'à ce que les ennsmis soient' hors de 10 France. Je suis sûr d'indiquer les moyens de les chasser avant six semaines. Ensuite, qu'on fasse* de moi ce qu'on voudi-a. ' *
Couthon lut* cette lettre au Comité, devant lequel il plaida la cause de Hoche avec succès, et l'ordre fut 15 donné de l'élargir sur-le-champ. Hoche fut nommé adjudant général, chef de bataillon, dans l'armée du Nord : f tros mois plus tard, il fut mis' en cette qualité sous les ordres du général Souham, i à Dunkerque, et particulièrement chargé de la défense de cette place. 20