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force de travail, la place se trouve actuellement, on peut^ les attendre."*
Les secours attendus approchaient'^: une partie de l'arme'e du Nord accoui-ait^ guidée par les ge'néraux Houcliard et Juurdau : elle attaque, le 5 septembre, les 5 positions du mare'chal Freytag, force celui-ci à se replier sur Furnes et le 8 septembre 17^3, Houchard force Freytag à s'arrêter et lui livre bataille à Houdscliotte, à quelques lieues de Dunkerque. Au bruit du canon, Hoche fait* une sortie vigoureuse', attaque sous les murs 10 de la place les lignes anvrlaises et hanovriennes* ; il empêche le duc d'York de venir'' en aide d'une manière efficace au mare'clial Freytag et il contribue puissamment* à la victoire de Houchard. Freytag est rejeté' sur Furnes : le duc d'York voit^ l'arme'e française victorieuse^ à Hond- 15 schotte prête^" à fondre sur lui ; il se hâte de sortir" de la position dangereuse^ où}'- il se trouve, en face de Dunkerque, entre les marais" de la Longmoor et l'Oce'an, il abandonne artillerie et bagages et lève le siège. C'est à Hoche surtout qu'appartient^* l'honneur de ce résultat 20 glorieux, à lui qui se montrant tout à la fois chef et soldat, administrateur et tribun populaire, a fait^^ passer le feu électrique de son âme au cœur d'une garnison divisée et découragée, a mis,'® en quinze jours, une place délabrée en état de résister à un ennemi formidable et a 25 su'' le contraindre à la retraite.
La belle'' défense de Dunkerque avait attiré sur le jeune Hoche l'attention du Comité de salut public et fait'' concevoir de grandes espérances de ses talents : dans l'espace de six semaine.s, il fut l'objet de trois nomi- 30 nations successives'^" et promu, ^' du grade de chef de bataillon, au rang de général de briiiade, de général de division, et enfin le 23 octobre 1793 (2 brumaire an II), il fut nommé général en chef de l'armée de la ]MoselIe.
Pour cette armée aussi bien que pour l'armée du Xord 35 et l'armée du Rhin, de premiers succès'^ avaient été suivis^^ de grands revers.'^ Les Français, après^^ s'être avancés^* jusqu'à Liège ^ous Dumouriez, et avoir pris-' Mayence et
* Desprez, Vie de Lazare Hoche.
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Francfort sotre Gustine, av'aient reculé du cœur de la Belgique jusqu'à Valenciennes et des bords du Rhin jusque dans les Vosges, derrie're les lignes de la Lauter. " Gi-àce aux talents et à l'e'nergie de Hoche, Dunkerque 5 avait re'siste'," dit un de ses biographes, "mais les deux autres barrières de la France étaient' tombées : Maj-ence était au pouvoir des Prussiens, Valenciennes et le Quesnoy voyaient^ flotter les étendards impériaux;* l'armée du Nord s'était retirée* derrière la ligne de la
10 Scarpe, entre Arras et Douai, et Hoche avait trouvé l'armée de la Moselle sans consistance et sans force, répandue sur une lisière d'environ vingt-cinq lieues. En face de cette armée dont^ Hoche venait* de prendre' le commandement, cent mille^ soldats sous les ordres des
15 meilleurs^ généraux^" de la Prusse et de l'Autriche, occupaient" les lignes de Wissembourg, tenaient''^ Landau bloqué ; et, retranchés au poste de Kayserslautern, avançaient'^ leurs colonnes sur la Sarre et au delà de la Blise. Ils étaient aguerris, disciplinés, bien vêtus," bien payés,
20 bien nourris. Encouragées par nos revers,'* ces amuées avaient l'audace que donne la victoire, et en face de nos troupes sans pain, sans habits, pieds nus,'* elles nous étaient à la fois supérieures" par l'organisation et par le moral. '*
25 A peine Hoche est-il nommé que, rappelant les récentes victoires de Houchard à Hondschotte, et de Jourdan à Wattignies, il dit"* aux soldats : "Français, de toutes parts nos ax'mées sont triomphantes : nous sommes les derniers à vaincre,'" mais nous vaincrons." Des
30 patriotes tels que vous, s'ils sont disciplinés, n'ont qu'à entreprendre.'''*' Nous allons^' propager la liberté, mais ce n'est point assez ; il faut'^'^ la faire^* aimer. Cette fois, vos conquêtes ne seront pas vaines ; combattre-* et profiter du triomphe est votre partage. . Nous allons-' entrer dans la
35 terre promise'^* pour ne la plus quitter." f
Bientôt la discipline se rétablit, la confiance renaît^*; la fière" attitude de Hoche, l'énergie 'de son langage et de
* BergoutiioHX, Vie de Lazare Hoche, p. 26 et 27. t Corr de Hoche, Rousselin, p. 25.
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ses actes réchauffent l'enthousiasme ; il veille avec une sollicitude toute^ paternelle- aux plus pressants besoins du soldat, et dans l'extre'niité oii^ il se trouve en face d'ennemis très-supe'rieurs en nombre, il a recours à des moyens extrêmes, très-dangereux* sans doute en des temps 5 ordinaires, et que pouvait seule rendre légitimes l'impérieuse^ nécessité de vaincre® sous peine de mort. Hoche donna une organisation nouvelle' à son® armée, sans tenir^ compte ni de la hiérarchie, ni des droits de l'ancienneté ; l'ardeur guerrière"' et patriotique, le talent, le courage 10 tiennent** lieu des années ou des grades ; il forme de^^ nouvelles' divisions, tire des rangs des officiers subalternes et leur subordonne leurs supérieurs ; des sergents deviennent'-' capitaines, des lieutenants sont faits" colonels. Une commotion électrique passe ainsi dans tous les rangs, et 15 une fièvre d'ambition que rien ne modère s'empare des chefs et des soldats : l'exaltation est à son comble. Hoche, qui l'a excitée,'* la partage : son langage s'en ressent,'' et elle communiqne à ses paroles fortement accentuées une certaine enflure imitée du jargon des 20 clubs, qui est le cachet du style officiel de cette éi)oque. C'est ainsi que le 12 novembre 1793 (21 brumaire), après^® avoir réorganisé sou* armée'' prête à agir dans les Vosges, de concert avec l'armée du Rhin, commandée par Pichegru, Hoche écrit'® iî l'adjoint du ministre de la 25 guerre : " Veuille"* le génie de la liberté être propice à nos armes ! Les mesures sont ijrises,^" et, si j'en crois'-*' mes pressentiments, la meilleure^'^ cause triomphera. Je survivrais^^ avec peine à un revers. Si j'avais ce malheur, j'enverrais'^* à Paris nos dépouilles sanglantes. Patriotes, 30 montrez-les'-^ au peuple ; qu'il batte^® son arrière-ban, et que son dernier effort soit'-** le coup de grâce des tyr?ais." Le grand objet de Hoche et de son* armée était la délivrance de Landau et la reprise des lignes de Wissembourg qui sont, sur son** exti'ême frontière au nord-est, le 35 principal boulevard de la France. Ces lignes fameuses* sont formées par la Lauter et la Sarre, qui descendent des deux versants des Vosges pour^' couler, la première"* à droite dans le Rhin, la seconde cà gauche vers la Muselle : Wissembourg est derrière la Lauter ; Landau, plus au 40
nord, est derrière la Queich, autre Jiffluent' du Rhin Les Vosges, couvertes* d'épaisses^ forêts, ne sont praticables que sur un petit nombre de points : leur chaîne rocheuse* ne peut* être pénétre'e et traverse'e qu'à Saverne, 5 Bitche, Pirmasens et Kayserslautei-n : Wurmser, sur leur versant oriental, bloquait® Landau et occupait Wissembourg, faisant^ face, avec cinquante mille* hommes, à l'armée du Rhin, commandée par Pichegru. Brunswick et l'armée prussienne' étaient sur l'autre versant, vis-à- /is
10 de Hoche et de son^" armée de la Moselle : la Sarre séparait les Prussiens des Français.
Le plan d'opérations imposé à Hoche par le Comité de salut public était de franchir la Sarre, de pousser ■vivement devant lui l'armée prussienne, retranchée sur
15 la droite de cette rivière, de longer les Yosges jusqu'à Kayserslautem, d'emporter cette position pour aller'' prendre'- à revers les Autrichiens sur le versant opposé. Hoche devait combiner ses opérations avec celles de l'armée de Pichegru, de telle sorte que Wurmser, pris
20 entre le feu des deux armées françaises, serait forcé (l'évacuer Wissembourg et de débloquer Landau.
Le 17 novembre 1793 (27 brumaire an H), l'armée s'ébranle'^ en trois colonnes et fond sur les .Prussiens. Ceux-ci abandonnent la Sarre et se replient derrièi'e la
25 Elise, sur les hauteurs de Blise-Castel. Hoche les y" force ; après un combat acharné, l'ennemi fuit'^ vers Deux-Ponts, puis sur Ka3'serslautern, où Brunswick rassemble ses divisions et concentre de formidables moyens de défense. Si cette position est forcée, Hoche
30 tournera les Vosges et débloquera Landau. Des deux parts, quarante mille hommes et cent bouches à feu"^ sont en présence. L'ennemi, fortement retranché, occupe une position supérieure ;'^ mais l'élan des soldats républicains semble irrésistible : Hoche donne le signal en'*
35 jetant son chapeau en l'air au cri tonnant, mille fois répété, de : Fit-e" la Eép-ii.hliqne ! et la bataille s'engage avec fureur. Hoche est au centre ; ses lieutenants, Ambert et Taponnier, attaquent l'ennemi sur les Hancs. Les Prussiens, adossés aux Vosges et à couvert dans
40 leurs retranchements, ouvrent*" un feu épouvantable sur
les Français qui, décimes et arrète's par la mitraille, reviennent' k la i harge, livrent plusieurs assauts et s^nt repoussés.. Enfin, après une lutte sanglante de deux jours, leurs munitions s'épuisent et l'ennemi reçoit du renfort. Hoche voit- I9, victoire Ini échapper : il donne 5 l'ordre de sonner la marche rétrograde, déguisant sous ce mot la retraite, et il se replie derrière la Blise dans une attitude si fière' et en si bon ordre, que l'ennemi n'ose* • l'inquiéter.
L'audace et la vigueur dont' Hoche avait fait* preuve 10 dans l'exécution d'un plan d'attaque qui était 1 œuvre du Comité de salut public, et qu'il avait moins' accepté que subi, lui tirent* trouver grâce auprès des membres de ce Comité redoutable qui imposait la victoire aux généraux" sous peine de mort et dont* il reçut, après son échec, 15 "des paroles d'encouragement et des éloges.*
Hoche cependant, pour prendre'" une éclatante" revanche, avait d'autres obstacles à sumionter, d'autres adversaires à vaincre''^ que ceux que lui opposaient les difficultés du sol et les armées étrangères." Pichegru 20 était jaloux de la gloire naissante'^ et de la popularité de son jeune rival ; il le secondait avec répugnance, et ne lui avait prêté son concours qu'avec lenteur et d'une façon incomplète.^ Hoche se répandit à ce sujet contre Pichegru en récriminations amères' : il se plaignit'* égale- 25 ment de n'avoir pas eu pour ses mouvements une liberté d'action suffisante, il se montra résolu'^ k ne prendre'^ à l'avenir conseil que de lui-même, et refusa de mettre'® dans le secret de ses opérations prochaines les représentants Saint-Just et Le Bats, envoyés'' à l'armée du 30 Rhin par le Comité avec des pouvoirs extraordinaires et l'un et l'autre'" ardents protecteurs de Pichegru. Il s'appuya"- contre eux de l'assentiment qu'il trouva en deux de leurs collègues, Lacoste et Baudot, envoyés'' par la Convention à l'armée de la Moselle et investis de 35 pouvoirs illimités. Ceux-ci transmettent''" à Hoche toute l'autorité ; ils provoquent ainsi l'inimitié de Le Bas et de Saint-Just qui, prenant'' aussitôt parti pour Pichegru
* Rousselin, C rreup., p. 134.
contre Hoche, entretiennent' le premier dans ses dispositions malveillantes et jalouses,'' et cherchent, dans les rapports qu'ils adressent au Comité de salut public, à lui faire' partager leurs pre'ventions et leurs ressentiments. 5 Au sein même de ce Comité, Hoche s'était fait* un non moins redoutable adversaire en la personne^ de Carnot, chargé des opérations militaires, et qui en les dirigeant* d'ensemble et à distance avec les lumières de l'expérience et l'instinct du génie, obtint' de grands résultats,
10 mais qui eut souvent le tort de substituer, pour l'exécution de ses plans, sa propre initiative à celle des généraux. Voyant* Hoche résolu,® après l'échec de Kayserslautem, à n'écouter que son-" inspiration personnelle''-' et à dérober ses plans au Comité, il n'osa point le destituer
15 en face de l'ennemi, et il ajourna l'explosion.
C'est maintenant, par les défilés de Pirmasens, entre les lignes de la Queich et de la Lauter, que Hoche a résolu' de percer la chaîne des Voges et d'opérer sa jonction avec l'armée du Rhin, qui doit agir de concert avec lui, et il
20 ordonne, avec autant d'énergie que de prudence, toutes les mesures nécessaires pour frapper un coup décisif II veille à tout lui-même, ne prend" aucun'' repos et n'en'^ donne aucun à ses soldats : "Le'* repos," dit-il, "est la rouille du courage." Il soutient' par sa confiance dans
25 le succès, par le patriotisme, par le sentiment de l'honneur, par l'enthousiasme républicain, le moral de ses soldats : on est en hiver, le froid est rigoureux, et il supprime les tentes comme un bagage inutile dans une armée républicaine ; les régiments bivouaquent en plein
30 air, les forêts des Vosges les abritent to alimentent leurs feux.'^ Un régiment murmure et demande des quartiers d'hiver ; Hoche fait'^ mettre'* à l'ordre du jour que ce régiment n'aura point l'honneur de participer à l'action dans le premier combat. Les soldats de ce corps le
35 conjurent de révoquer un ordre où ils voient* un intolérable affront : ils font" serment d'expier leur faute par leur bravoure, et ils tiendront'* parole. Hoche trompe l'ennemi sur ses projets, il coupe les chemins et brise les ponts dans les endroits où il médite de passer, et il fait^
40 préparer, à la dérobée, des ponts de" bois pour les substi-
tuer à ceux quil a de'tniits.^ Il garde, avec les siens mêmes, un secret impe'ne'trable . "Si je pensais, " disait-il,"'' que mon bonnet connût" mes plans, je le jetterais au feu. " Enhn, quand il a tout pre'pare' et qu'il s'est assure' du concours de l'armée du Rhin, il ordonne la marche à 5 travers* les Vosges à la hauteur de Pirmasens, pour^ tomber aur le flanc droit des Autrichiens, tandis qu'ils sont de'jà aux prises avec l'armée de Pichegru sur le versant oriental.
Deux redoutes formidables établies à ReischoÔen et à 10 Freischwiller de'fendent le passage, et leurs batteries vomissent la mort sur l'arrne'e républicaine : Hoche, sous le feu de leurs canons, imagine de mettre ceux-ci à l'encan : " Camarades, "s'écrie-t-iP gaiement, "à six cents' livres la pièce ! " — "Adjugez ! " répondent ses braves, et ils fon- 15 dent sur les redoutes au pas de charge, y pénètrent, tuent les canonniers et s'emparent de leurs pièces. Le défilé est franchi : les Autrichiens reculent sur Wert, oii'^ ils se rallient : Hoche accourt, * livre un nouveau combat, les chasse devant'" lui, et s'établit à Wert dans la position 20 que l'ennemi abandonne. Wurmser se voit" de'bordé, il quitte la ligne de la Molter et attend les Français sur le plateau de Sultz. Hoche le suit'-' de près et se rencontre de nouveau en face de lui le 23 décembre. Un marais séparait les deux armées : Hoche le traverse, fait'^ attaquer 25 par le canon et à la baïonnette, culbute les Autrichiens, les refoule sur la Lauter et dans Wissembourg, et opère sa jonction avec l'armée du Rhin.
L'unité dans le commandement et dans l'action était'* maintenant devenue'^ indispensable; Hoche, étouifant son 30 ressentiment contre Pichegru qui a mis'® beaucoup de" lenteur H le seconder, exprime le vœu que les deux armées soient'^ réunies sous un même chef et que ce chef soit'* Pichegru. Sa demande est appuyée par les représentants Saint-Just et Le Bas. Mais leurs collègues Lacoste et 35 Baudot ont recoimu'^ dans Hoche des talents trèssupérieurs : en vertu des pouvoirs illimités qu'ils ont reçus^" de la Convention, c'est à lui qu'ils décernèrent le commandement en chef des armées de la Moselle et du Rhin, et Pichegru, son ancien et son égal en grade, 40