Sa
veille de la bataille décisive/ et dans le silence de la nuit, il se recueille- et il e'ci-it^ ces lignes :
" Les voila, revenus,* ces transports que nous avons vus* éclater autrefois en présence de l'ennemi. Le découragement et l'épouvante ont fui® loin de nous ; je ne 5 suis entouré que de braves gens marchant' à l'ennemi sans rompre d'une semelle. Auprès des feux** allumés sur toute la ligne, j'ai surpris,* dans tous'** les groupes, la témérité et l'audace qui annoncent la victoire. Pas" un murmure contre ce vent si froid qui souffle avec violence, 10 pas un regret pour ces tentes qu'un des premiers j ai fait'supprimer. Il en'^ est peu qui se piquent d"imiter le vainqueur de Rocroi et qu'il faudra" réveiller pour la bataille : mais l'air est glacial, et j'aime mieux les conduire'^ à l'ennemi, irrités par l'insoiamie, que reposés par un sommeil 15 toujours fatal à l'entraînement avec cette température. Reconnu'® parle plus grand nombre, j'ai partout été salué de ce cri: "Landau sera libre!" Oui, mon général, Landau sera libre... Les jours de douleur et de honte sont'" passés. Avec des soldats si bien préparés, une 20 autorité aujourd'hui sans entraves, et l'appui des représentants, je dois vaincre" ou mourir.'^ C'est une alternative que j'ai acceptée'-'*' ; oui, mon général, si cette lettre n'est que l'annonce trop présomptueuse'-' d'un succès que je crois'-'- infaillible, elle doit vous porter mes derniers 25 adieux^ : je suis à la veille du plus beau ou du dernier de mes jours*. .."
Le lendemain, 26 décembre 1793 (nivôse an H), toute l'armée est''^ debout avant l'aurore, et s'ébranle au cri mille fois répété de : Landau ou la moH ! Elle 30 rencontre sur le Geitsberg l'armée ennemi, qui se préparait elle-même à une attaque générale, protégée par le château de ce nom, occupé par plusieurs bataillons. Rien ne peut^* arrêter l'impétuosité des Français. Le château est emporté après une lutte acharnée, et les 35 Autrichiens se retirent dans leur camp retranché du Geitsberg. Les Français s'a-ancent au pas de charge à travers le feu le plus meurtrier ; tous les obstacles sont
Corresp. de H^che, citée par Berjjounioux.