‹ Lazare Hoche, 1793-1797;Chapitre 9 sur 67 · LO · texte numérisé non relu

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noblesse et du cierge' à faire,' le 4 août 17f^0, dans l'Assemble'e constituante, le sacrifice de leurs privilèges et de leurs droits féodaux," et les crime s conunis'^ plus tard au nom de la liberté, les forfaits qui déshonorèrent wMW** 5 la cause de la Révolution, tout en pénétrant son âme v«W*» de la plus vive* douleur, n'altérèrent jamais son ineHiran- . lable conviction dans l'équité des grands principes pro- ' "■ clamés au début de cette crise redoutable. Après la i^JlfJ' déchéance du l'oi, au 10 août, après son supplice même

10 en janvier 1793, le comte Le Veneur ne déserta point son poste sur la frontière, en face des Autrichiens, et il criit^ de son devoir, aussi longtemps que l'épée ne serait pas arrachée de ses mains, de la conserver pour la tourner contre les envahisseurs de son pays.

15 Tels étaient^ aussi les sentiments de son jeune aide de camp ; mais, dans l'âme ardente et toute'' républicaine de Hoche, ils existaient avec l'efl'ervescence de la jeunesse, avec l'exaltation et l'emportement de la p ission. Hoche aimait avec transix)rt une cause au triomphe de laquelle

20 tout son avenir semblait attaché, et une transformation sociale qui lui permettrait* d'atteindre* aussi haut qu'il se sentait® appelé par ses talents. Le comte Le Veneur avait noblement et courageusement fait' le sacrifice de ses privilèges sur l'autel du patriotisme et de la liberté,

25 et ie même feu qui avait consumé tous" ses titres avait allumé toutes les espérances de Hoche et donné des ailes de flamme à son génie. De là, dans ses manières comme dans son langage, une fougue, un emportement de républicanisme dont'' aurait pu'^ quelquefois s'oflenser

30 un chef appartenant'* à l'ancien ordre de la noblesse, s'il eût été moins bienveillant ou moins sage ; mais le comte Le Veneur, à travers'* toute cette effervescence de jeune homme, avait reconnu'^ le héros : la loyauté de Hoche, sa probité, son désintéressement et son ardent patriotisme

3.5 avaient captivé son général et touché son cœin- : l'ambition l"ui vint'^ d'aider la nature à former un grand homme pour la patrie, d'achever l'éducation de son jeune aide de camp, de lui donner tout ce qui lui manquait en expérience, en usage du monde et dans l'art diificile de gou-

40 verner les hommes en se possédant soi-même. C'est

ainsi qu'il l'initid aux délicatesses d'une société choisie que Hoche n'avait jamais connue,' il polit ses manières, épura son langage, dirigea" ses lectures, et lit'^ naître* pour lui-même dans le cœur du jeune homme une affection reconnaissante* et filiale qui ne s'éteignit^ qu'avec sa vie. 5 Deux ans plus tard, au milieu de ses premiers succès" et lorsque laide de camp eut été élevé au-dessus de son ancien général et commanda nos armées, les mêmes relations subsistèrent entre eux : Hoclie continua de prêter une oreille docile à celui qu'il nommait son second 10 père, qui blâmait le ton soldatesque de sa correspondance, de ses ordres du jour et de ses rapports, et l'exhortait à donner à son langage ce cai'actère de dignité simple et naturelle® empreint® dans son'' attitude et dans toute sa personne ^ Ainsi s'établit entre ces deux hommes un 15 commerce touchant qui ne fait'" pas moins honneur à l'élève qu'au maitre : celui-ci" avait l'âme trop haute pour donner accès à la jalousie ; une déférence tendre et respectueuse'^ ne coûtait rien à l'autre, et la reconnaissance n'était pas un fardeau pour son cœur magna- 20 nime.

Ils étaient ensemble au camp de Maulde, lorsqu'on y'^ apprit'* la défection de Duniouriez (mars 1793). Celui-ci imputait aux jacobins ses derniers revers ; il avait en horreur les violences de la Convention et la tyrannie de 25 la Commune de Paris, et parlait hautement de se rendre dans la capitale et d"y rétablir le gouvernement monarchique. La Convention cita Duniouriez à sa barre, et envoya*' dans sou camp quatre députés pour le sommer d'obéir et de se rendre à Paris. Dumouriez refusa ; il 30 les livra tous les quatre aux Autrichiens, et prit'® des dispositions pour^' marcher sur Paris à la tête de son'' armée, avec les Impériaux pour auxiliîiires. Mais les soldats virent'® une trahison dans la conduite de leur général ; ils l'abandonnèrent, et Dumouriez passa dans le camp des 35 Autrichiens. L'exemple de sa défectioi jeta'® le désordre dans son" armée et la désorganisa devant'-" l'ennemi. Hoche fut alors choisi par son général pour'-' aller''- rendre compte à Pax'is, au gouvernement exécutif, du véritable état des choses, et pour indiquer les remèdes les plus propres''^ à 40

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conjurer les dangers de la situation. L'état afireux où il trouva la capitale le remplit de tristesse. Le Comité de salut public inaugurait' son règne ; toutes les têtes étaient menacées ; les suspects remplissaient les prisons ; le

5 tribunal révolutionnaire, composé d'éléments exécrables, jugeait^ sans appel. La lutte enfin, une lutte mortelle,* était engagée entre les montagnards, tout-puissants à la Commune et aux jacobins, et les girondins, encore en majorité dans la Convention.*

10 Hoche fut accuelli*. avec empressement jjar les montagnards qui l'exhortaient à désigner, entre les girondins, ceux qui avaient récemment^ correspondu avec Dum ourlez ; ils espéraient trouver ainsi une arme pour les frapper et pouvoir les dénoncer comme complices de sa

15 trahison. Hoche s'y^ refusa ; il n'était^ pas venu^. dit-il," pour^° remplir l'office de délateur, mais pour^" éclairer le gouvernement sur la situation critique où se trouvait l'armée. Son cœur fut navré du spectacle qu'offrait" Paris à la veille du 31 mai, jour^'^ néfaste ou succombèrent

20 les girondins ; f il exhala son indignation et sa douleur dans sa correspondance avec son général: " Le véritable champ de bataille, " disait-il,'* "n'est pas sur la Meuse et le Rhin entre les Autrichiens et nous, il est ici dans la Convention entre les hommes de la Gironde et ceux de la

25 Montagne." Il se hâta de quitter Paris où la liberté, la fraternité, l'égalité n'étaient plus que de'* vains sons, des paroles vides de sens et complètement dérisoires, où les

* Les girondins étaient ainsi nommés parce que les membres les

plus célè'bres de ce parti politiqu , Ver^'niaud, Gna<Jet, Gensonné,

30 avaient été envoyés à l'Assemblée par le département de la Girmide :

ils sié'.'eaient2 à droite dans l'Assemblée. Les montagnards, leurs

adversaires, occupaient la crête du Ci'ité gauche, d'où leur vint» le

nom sous lequel ils furent désignés. Les premiers désiraient un

régime légal et les formes d'un gouvernement constitutionnel dans

35 la république qu'ils voulaient établir. Les seconds, moins éclairés

que les girondins étaient beaucoup plus audacieux : la démocratie la plus

extrême leur sembLait le mei'leuris des gouvernements: ils avaient pour

chefs principanx.iG Danton, Robespierre et Marat.

O'oyez monn Histoire de France— [\^^ édition] Tome IL, pages 276-

t Ihid., pages 293-294.

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