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Lu \
descend au second rang, et devient son inférieur et son
lieutenant.
Hoche disposa tout sur-le-champ pour reprendre Wissembourg et ses lignes fameuses gardées par les 8 Autrichiens sous Wurmser et par l’armée des émigrés français sous le prince de Condé: celle-ci est à Lauterbourg, les Autrichiens se portent en avant de Wissembourg et occupent dans un camp retranché les hauteurs de Geitsberg, défendues sur le front de la position par 10 ur château-fort, hérissées de batteries, et que protégent des haies, des ‘abatis d'arbres et des ravins profonds, L'armée prussienne, sous Brunswick, a tourné les Vosges et seconde les efforts de Wurmser. Hoche äétache sur sa gauche trois divisions pour contenir les Prussiens ; il me ordonne à l’armée du Rhin de fondre sur la gauche de J'ennemi et d'enlever Lauterbourg: lui-même dirigera en “personne l'attaque du centre sur le Geitsberg, et il montre à ses soldats la délivrance de Landau comme l’infaillible résultat de la victoire du lendemain. Ses lettres au 29 ministre de la guerre, comme les ordres qu'il transmet à ses généraux, resfirent, dans un style bref et plein d'énergie, la confiance, l’enthousiasme, un républicanisme exalté, le mépris des ennemis, qu’il traite de vils esclaves des tyrans. On sent une force entraînante, un je ne sais 25 quoi d'irrésistible dans l'impulsion qu'il donne à ses lieutenants, et parmi ceux-ci nous voyons Le Fèvre, Championnet, Andreossy, Desaix, Soult, Moreau, la plupart obscurs encore, tous appelés à une haute illustration, et qui font sous lui l'apprentissage de la
6° gloire,
Free. Cependant, sous le poids d’une immense responsa- ‘,1 bilité, au milieu des préoccupations d’un vaste comman- # dement en face de l'ennemi, et en proie à la double fièvre d’une exaltation militaire et républicaine, il se 35 souvient de son ancien chef le général Le Veneur ; il -sent ie besoin d'épañcher dans un cœur digne de le comprendre les divers sentiments qui l’agitent, de s’afféfmir enfin, et de s'élever davantage à ses propres yeux, en prenant pour témoin de ses pensées et de ses actes 40 devant la postérité un homme de bien et un ami, La
veillé il se
écla cour suis rom] tout tém mur pas supp quet mais nem toujc Recc de © Lan sont autoi sent:
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ponsamandouble il se eur ; il e coméfmir x, en actes il, La
DE LAZARE HOCHE. 3t
veille de Ja bataïlle décisive, et dans le silence de la nuit, il se recueille et il écrit ces lignes :%.) !/», 1)
« Les voilà revenus, ces transports que nous avons vus éclater autrefois en présence de l'ennemi. Le dé-”:': l l couragement et l'épouvante ont fui loin de nous ; je neg suis entouré que de braves gens marchant à l'ennemi sans MES j
rompre d'une semelle. Auprès des feux allumés sur 4,5, > V toute la ligne, j'ai surpris, dans tous les groupes, la
témérité et l’audace qui annoncent la victoire. Pas un
murmure contre ce vent si froid qui souffle avec violence, Td- ‘|
pas un regret pour ces tentes qu’un des premiers j'ai fait supprimer. Il en est peu qui se piquent d’imiter le vain- / queur de Rocroi et qu’il faudra réveiller pour la bataille; mais l'air est glacial, et j aime mieux les conduire à l’en- : nemi, irrités par l'insoïhnie, que reposés par un sommeil 16 ‘”°°° po toujours fatal à l'entraînement avec cette température. LA Reconnu par le plus grand nombre, j'ai partout été salué #* 1p 7/7 de ce cri: “Landau sera libre!” Oui, mon général, Landau sera libre... Les jours de douleur et de honte . sont passés, Avec des soldats si bien préparés, une 30 , autorité aujourd’hui sans entraves, et l'appui des repré- ÿ”sentants, je dois vaincre ou mourir. C’est une alternative que j'ai acceptée; oui, mon général, si cette lettre ;: n'est que l'annonce trôp présomptueuse d’un succès que /° je crois infaillible, elle doi vous porter mes derniers 25 adieux : je suis à la veille du plus beau ou du dernier de mes jours*...” TC
Le lendemain, 26 décembre 1793 (nivôse an II), . ROINN hi toute l'armée est debout avant l'aurore, et s'ébranle au «)' | il cri mille fois répété de: Zandau ou la mort! Elle 30 °° H5 4 rencontre sur le Geitsberg l'armée ennemie, qui se pré- - ji Hi. 1 parait elle-même à une attaque générale, protégée par le | château de ce nôm, occupé par plusieurs bataillons. © Rien ne peut arrêter l'impétuosité des Français. Le At château est emporté après une lutte achariée, et les 351% 7 Hu Autrichiens se retirent dans leur camp retranché du je. Geitsberg. Les Français s’avancent au pas de charge à Enr travers le feu le plus meurtrier; tous les obstacles sont” ”’
© Corresp. de Hoche, citée par Bergounioux,
surmontés et forcés; le combat n’est bientôt plus qu’ane déroute. Brunswick et l’armée prussienne couvrirent la retraite de l'ennemi. Wurmser fut refoulé dans Wissem-
: bourg, qu'il évacua durant la nuit, Les Français entfent
5 dans la place: les alliés se replient sur le Rnin en s’ac-
. + ‘eusant mutuellêment de leurs défaites, et Landau est délivré aux acclamations de l’armée et de la Frarce
€ ‘entière. * V, 10 Mariage de Hoche.—S.. départ pour l’armée d'Ttalie,
En annonçant au Comité de salut public la prise des «4 lignes de Wissembourg et le déblocus de l'andau, Hoche termina son rapport par cs simples lignes: ‘“ Maintenant que le but est atteint, je désire n’avoir os plus charge que du commandement de l’armée de la «Moselle, Les deux ensemble sont un trop. pesant "far eau pour une tête de vingt-six ans.” Ce vœu qu’il a Exprimait fut exaucé ; mais la modestie de Hoche ne le mit à couvert ni des ombrageux s: ‘upçons de Robege 20 pierre et de la majorité du Comité, n du ressentiment particulier des ennemis redout lles qu'il s’y était faits, ade Carnot et de Saint-Just, à l'avis desquels il avait refusé de subordonner ses plars et ses actes. Saint-Just et Le Bas, toujours en mission aujrès de larmée du 25 Rhin, ne pouvaient (Wdailleirs pardonner à Hoche d’avoir été préféré à Pichegru pour le commandement général des deux armées réunies, et dans leurs rapports «-\ au Comité, ils reverfdiquèrent pour Pichegru l'honneur principal des opérations militaires dans les Vosges, et 30 entre autres la victoire de Wert et la délivrance de Landau. |, ‘En apprenant ce déni de justice, Hoche ne peut
® Wäctoires et Conguéles des Francais, tome viii,
cont.
dans lègue déjà Terre imm ce qi le ta grâce Barn:
avec l’écha redou frapp horre chefs Houc sous pas E défait l'Est de | punir frapp de l pi 5a tions et qu l’exé( recer ses a Aya privé tait bilité cach se sd l'ép le de s’en
ane t la semMfent s’acest ace
e des ndau, unes !
’avoir de la pesant u qu’il ne le Robege timent t faits, | avait nt-Just ée du Hoche lement 1pports onneur ges, et nce de
e peut
contenir ni son indignation ni sa colère qui éclatent /
dans un langage violent et dédaigneux pour son collègue, Le Comité ne lui répondit point, et songeait déjà à le frapper. On était arrivé au paroxysme de la
Terreur: Robespierre et ses collègues du Comité avaient 5
immolé à leur ombrageuse jalousie et à leur haine tout ce qui était le plus éminent par le rang, par la vertu, par le talent et la science, par l'éclat des services, par la grâce et la beauté: la reine, Midame Roland, Bailly, Barnave, Malesherbes, les plus célèbres constituants, et avec eux les girondins, avaient suivi Louis XVI sur l'échafaud : les persécuteurs de la Gironde, les plus redoutables montagnards, Danton lui-même avaient été frappés à leur tour, lorsqu'ils montrèrent une tardive horreur pour tant de meurtres et de sang: les premiers chefs des armées républicaines, Biron, Custine, Luckner, Houchard, le vainqueur de Hondschoote, étaient tombés sous la hache inexorable du Comité, qui ne pardonnait pas plus à l’orgüeil de la victoire qu’à la honte de: défaites. , La popularité de Hoche dans les armées de l'Est faisait ombrage au Comité ; il s'irritait de la fiefté, de la rudesse même de son langage, et il résolut de punir ce jeune et superbe vainqueur : mais il n’osà le frapper au milieu de l’armée dont il était l'idole, et avant de l’abattre, il l’abreuva de déyuûts, sans jamais lasser ni 5a fidélité, ni sa constance, Il le laissa, sans instructions, sans direction, à la tête de l’armée de la Moselle, et quelquefois il lui imposait des ordres rigoureux dont l'exécution était impossible. Hoche réclamait, ne recevait point de réponse, et s’il preñait l'initiative, ses actes les plus simples étaient interprétés contre lui.
Ayant un jour secouru un bataillon dans la détresse, :
privé d’habits et de chaussures, il fut averti qu’il empiétait sur l'administration militaire et que sa responsabilité était gravement compromise. Le Comité lui
cachait avec soin ses vues à son égard; mais Hoche “°°°
se sentait menacé par un pouvoir uet et invisible : l'épée de Damociès était sur sa tête. Il reconnaissait le danger de sa situation ; il en souffrait cruellement et s'en indignait: païfois le découragement entrait dans
son cœur avec de tristes pressentiments: il ne s'en:
.- cachait pas, et les lignes suivantes, adressées à son ami tendr anal Dulac, peignent bien l'état de son âme: ‘“ Les cartes. à mo - que tu m’annonces me serviront elles ? Je l'ignore, mon que 1 5ami. Abreuvé de déycûts, ce n'est plus l’homme que pour
tu as connu qui écrit : C’est un malheureux qui se fuit point lui-même et qui ne peut trouver nulle part le repose moi €
Je désire qu'une démission, que je vais présenter inces- les g samment, soit acceptée sans aigreur, comme elle sera l’épot
ro donnée, Ardent ami de la Révolution, j'ai cru qu’elle | vous | changerait les mœurs. Hélas! l'intrigue est toujours. objet l'intrigue, et malheur à qui n’a pas de :‘rotecteurs | Tiré parole
des rangs par je ne sais qui, ni pourquoi, j'y rentrerai que v comme j'en suis sorti, sans plaisir ni peine. C’est un ho
15 assez t’entretenir de mes misères.… J'envie ton sort.” * È que d
nu AFatigué du commandement et paralysé ou conträrié été to sans cesse par le Comité, rebüté par tant d'obstacles que épous
Lee olla malveillance serait sur ses pas, Hoche demanda au metto:
bia # foyer domestique le calme et le contentement qui le k & 20 fuyaient dans la vie publique et dans les camps. Il | avait remarqué à Thionville, dans une fête, une jeune
fille aussi distinguée par la décence de son maintien que joies par sa beauté, Son père, nommé Dechaux, était direc- Pimpu
teur des vivres : mais Hoche ne cherchait, dans celle dire : + 21 88 qu'il voulait faire la compagne de sa vie, ni le rang ni la dans « N fortune, Son choix est fait: il écrit à son ami Privat, il guerre le charge de demander pour lui cette jeune fille en et, av:
mariage : ‘Je dymande le cœur, dit-il, et point la Il écri fichesse ; ne l’oublie pas,” et il termine par ces mots, où servic
30 se peignent l'amour, la ferme confiance et le dévouement comp4 sérieux d’une grande à âme : ‘La femme que j'aime peut D charge
1, être assurée qu'il ne lui manQuera que ce qu’elle re D régén( demandera point.” Mosel
Cette alliance dépassait de beaucoup les plus missio
35 ambitieuses espérances des parents de la jeune fille; état d
mais Hoche voulait surtout l'obtenir d’elle-même, et, de se
pour s'assurer de son cœur, il lui écrivit ces lignes, adieu
inspirées par le sentiment le plus délicat et le plus gr
€ çel
* Lettre de Hoche, citée par Bergounioux.,
re s'en.
on ami cartes.
re, mon ne que se fuit l'EPOSees r inceslle sera qu’elle oujours.
S ! Tiré entrerai C’est sort.” * ontrarié cles que anda au t qui le nps. Il e jeune tien que it direcns celle ing ni la.
Privat, il fille en point la mots, où ouement ime peut elle ne
es plus ne fille; ême, et, s lignes,
| le plus
DE LAZARE HOCHE, 35 tendre : “ Ma chère Adélaïde, le nœud qui va vous unir à moi est saint et sacré: ce n’est pas pour un moment . que nous serons liés l’un à l’autre, c’est pour toujours ; \as | pour toujours, songez-y bien. Peut-être n'avez-vous &:::+ 0 — point assez réfléchi à cet engagement. Ne voyez en 5411 moi qu'un simple citoyen: qu’un nom trop prôné par? les gazettes ne vous fasse point désirer de devenir ,,..°2l'épouse d’un homme dont l’unique ambition est de
vous rendre heureuse, Il est encore temps : si quelque
objet avait pu vous frapper, dites un mot, je retire ma 10 parole ; je me borne à reSter votre ami et ne désire plus 7 que votre estime, Faites librement cette confidence à ANR un homme assez généreux et juste pour ne se plaindre | que du sort. Si, au contraire, votre cœur n'a pas encore :: - Has été touché, accordez-le à mon amour : en devenant mon 16:21
épouse, devenez mon amie. Ne juroñs point; pro- 41° %7
mettons à la face de l’Être créateur de ne jamais nous
dE séparer. Je ne mentis jamais ; votre cœur me répondra
de votre sincérité.” *
Hoche savourait à peine depuis quelques jours les 20 joies de son heureuse union, lorsque le Comité, sous l'impulsion de Robespierre, de Saint-Just, et il faut le dire aussi, de Carnot, ju$ea le moment venu d’'abattre \. dans ce jeune héros un des plus grands hommes de NE guerre de la République, Toutefois il dissimula encore, 25 dd et, avant de le frapper, il voulut l’arracher à son armée. NES Il écrivit à Hoche qu'en reconnaissance des éminents \f services qu'il avait rendus, il lui donnait, à titre de ré- ‘à compense, un commandement plus important et le chargeait de continuer à l'armée d'Italie l’œuvre de 30 régénération qu'il avait si bien accomplie à l’armée de la Moselle : c'est à lui qu’il confit de préférence cette. | mission difficile comme au plus capable, étant seul en}"°" |; t état de la bien remplir. Hoche fut ainsi enlevé à l’amour de ses soldats : il obéit, fit à son armée de touchants 35 adieux et annonça son départ (en mars 1794), dans un ordre du jour remarquable par sa simplicité : ‘ Citoyens, 4 le cervice de la République, notre mère commune, fi
y 4 1 LS
* Lettre de Hoche, citée par Bergounioux.
4212014 m'appelle ailleurs. Continuez à bien mériter d'elle : le ‘nom du nouveau chef que vous avez (Jourdan) a déjà ‘frappé votre orëille. Avec lui, vous ne pouvez qu'anéantir les tyrans coalisés contre notre sainte liberté. Vive à jamais la République une et indivisible Lazare Hoche.”
Il ne s’abusait pas cependant sur les intentions véritables du Comité : il confia ses pressentiments au représentant Lacoste, et, prêt à partir pour l'Italie, il lui
10 envoya ses adieux avec une copie de sa correspondance. à | Je désire, dit-il, qu’elle serve à faire lufre la vérité et à = retracer à nos nevéux ce qu’il en a coûté à leurs pères
pour conquérir la liberté.” * LAS
15 Disgrâce et captivité.
nes ses ét Le vainqueur de Wissembourg avait été devancé par sa brillante rerommée à l’armée d'Italie : elle apprit avec joie qu'il lui avait été donné pour chef, et elle se prémetaratparait à lui faire un accueil enthousiaste.
20 Le quartir général. était à Nice. A peine arrivé, VlalissgHoche, avant de prendre un instant de repos, fit déployer la carte de la Haute-Italie, l'étudia longtemps ; \} 3.4 4] sakdpuis il dit, montrant les Alpes, ce mot fimeux, répété plus tard par son heureux rival de gloire: “C’est de 25 l’autre côté de ces montagnes qu’est le véritable champ de bataille où la victoire décidera entre nous et l’Autri-
, het »
lintur mawstéa4kg Sôbre, selon son habitude, il s'était fait servir du pain, É des olives et de l’eau, et il commençait à peine son frugal 30 repas lorsque entra le vieux général Dumerbion, émis-
* Rousselin, T, Il.—Corresp. de Hoche, p. 76. + Lettre de Mermet, citée par Bergounioux.
saire di instructi cheveux un sou rappeler Dumerb de sa po du Com public a faite par Guillaun donné peuple F général Paris so D'HERE( Après ment, av j'ignorai mettre me per ordres.” Dumia darmes aussitôt nier ce firent é chaleur soustrai lequel t s'y refus paraître donner dans l’a avec un
* Jbid,
f Cet muniqué
t Ro
e: le déjà ’ané- Vive azare
véritrepréil lui ance.
éet à pères
cé par rit avec se pré-
arrivé, 05, fit temps ; répété est de champ l’Autri-
lu pain, n frugal n, éMIS-
saire du Comité de salut public et porteur de ses instructions. Hoche, sans défiance, se léva devant ses.V"1 cheveux blancs, lui offrit une chaise et l'invita à à partager à à pd À
un souper dont le seul mérite, dit-il en riänt, était de #4 eq
rappeler les repas de Pythagore avec ses disciple s.* 5 Dumerbion, après avoir mohtré quelque embarras, tira à. a de sa poche un papier et lut d’une voix rude un arrêté 4 HE du Comité conçu en ces termes : ‘“ Le Comité de salut» public arrête que l'expédition d’Oneille, qui devait être faite par le général Hoche, sera confiée au citoyen Petit ro Guillaume, général à l’armée des Alpes, auquel il a donné des ordres à cet effet. Les représentants du peuple près l’armée d'Italie feront mettre sans délai le | général Hoche en état d’arrestation et l’envérront à ? & Paris sous bonne et sûre garde.f—CarNoT, COLLOT 15 D'HERBOIS." | Après avoir entendu cette lecture, Hoche dit froide-s", ! ment, avec une indignation contehue : “ Pardon, général, aise j'ignorais que vous fussiez un gendarme ; j'alläis me 174 mettre au lil, j'ai besoin de repos, et ma conscience 20 / Le me permet de dormir: demain matin je serai à vos ordres.” Dumerbion lui demanda son épée et posta des gendarmes à la porte de son appartement, où entièren
aussitôt plusieurs officiers supérieurs qui, voyant prison- 25 44 nier celui qu’ils venaient saluer comme leur général,
firent éclater, au péril de leur vie, une indignation fruit chaleureuse : : plusieurs même exhortèrent Hoche à se 47-77 à Re soustraire par la fuite à l’exécrable tribunal devant «“)* -7 Rp 5 ei
lequel tout prévénu était d'avance un condamné. Hoche 30 ES s'y refusa, “ [l répondit qu’il se devait à lui même de à ILES paraitre devant ses accusateurs et qu’il ne vouluit point ad} Le V GORE un exemple qui pût servir d’excuse aux saîtres, +. 4° À
dans l’avénir ou dans le passé. Il leur parla longtemps \. kr avec un sang-froid et une tranquillité qui ne se démen- 35
* Jbid,
+ Cet arrêté, conservé dans la famille du général Hoche et communiqué par elle, est écrit tout entier de la propre main de Carnot,
i Rousselin, Wie de Hoche.
38 BIOGRAPHIE Fe
tirent pas. Après avoir exposé de quelle manière il dirait é
va4> croyait que la guerre alläit être conduite en Italie, il les es « onlsss,,/,4avddpria, s'ils étaient de nouveau témoins de quelques nn » grandes injustices sans doute inévitables, de ne pas evans:
Le 5 suivre les conseils d’une irritation toujours funeste, mort, € Tous ceux qui étaient présents, ses aides de camp sur- d se \ tout, fondaient en larihes ; mais lui, le front serein, le faible | re 0 2... ,tegard toujours fiér et doux, s’efforçait de les ras$urer, depuis On eût dit Socrate au milieu de ses disciples avant de
30 boire la cign£.”* gendarr
Hoche demanda qu'il lui fût permis d'écrire. Sa nous
première lettre fut pour sa femme, sa chère Adélaïde, à gs 7:
a. À laquelle il avbua qu’il allait à Paris, mandé par ordre du ue Comité de salut public, tout en lui cachänt qu’il était a
15 arrêté, Il écrivit, le lendemain à M. Dechaux, son beau- sa *
père, et lui apprit la triste vérité. “ Quels que soient les IT à
motifs de mon arrestation, lui dit-il, sans reproche je suis Hair
monter
La C Paris td sentalel terreur
| t’sans crainte, quoiqu'il y ait sans doute tout à craindre... | Je ne me plaïfs pas. (C'est toi, c’est Adélaïde, c’est 20 vous que je plains. Je ne souffre que de ce que par moi vous allez avoir à souffrir... Cache lui longtemps, s’il est possible, que je suis devenu suspect et privé de ma liberté... Dans les Républiques, je le sais, le général
trop aimé des soldats qu'il commande, inquiète les de la F
L,slias,s + ,25 citoyens ombrageux ; mais moi, devait-on me soup- a UM y. es. ÇGonner? Je ne vois cependant pas d’autres griefs contre UE moi que le dévouement et l'affection de l'armée. Eh su
| Lubien ! que l’on me faëse rentrer dans la classe des autres CAES LENS EE bientôt
citoyens ; je serai heureux, si mon exemple peut servir à
390 la chose publique. Après avoir sauvé Rome, Cincin-
natus alla labourer son champ ; je suis loin de prétendre
égaler ce grand homme ; mais, comme lui, j'aime ma
patrie, et si mon abaïssement peut être utile, je ne
en «2 «demande qu’à rentrer dans les rangs d'où le hæard et
35 mon travail m'ont fait sortir trop tôt pour ma ‘ranauillité.?
La fierté d’un cœur patriotique et d’une conscience
tout fu à la pl le sang tine a de l'a desce Jongue Riouff
* Andréossy, Æloge de Hoche, f Lettre de Hoche, communiquée par sa famille,
sans tache respire À chaque ligne dans cette lettre qu’on 411»
dirait écrite par un héros des plus beaux temps de la |
Grèce ou de Rome : on s'étonne d'y trouver aussi la con-"2" :
fiance, ou du moins un vague esfoir, qu’en allant paraître /-" |
ière il billes
ielques ; A a
Hé tas devant le tribunal révolutionnaire, 1l ne marchait pas à la & du 0 # Q Q n
Linaête mort, et l'on poufrait conclure de ce fait et de beaucoup"
d’autres semblables qu’il n’arrivait alors aux armées qu'un faible bruit des horreurs commises dans la capitale depuis la chute des girondins. 4"
\p surrein, le
ol Hocke partit pour Paris, prisonnier, escorté par des 10 gendarmes. À peine arrivé (12 avril 1794), il se fait
re, Sa conduire au Comité de salut public qui avait signé l'ordre | klaïde, À de l'arrêter. Il rencontre Saint-Just dans l'antichanibre,
brdre du s'adresse à lui et demande justice. “On vous fera tout
#1 était à l'heure, répond sèchement Saint-Just, la justice que 15
on beau- vous méritez.”* Et il ordonne aux gendarmes de con-
oient les duire le prisonnier aux Carmes, où 1l laoguit cinq , !
e je suis semaines dans un cachot fétide, Hoche fut transféré le /
aindre..…. 16 mai à la Conciergerie, d'où on LL pue que : our de, c’est monter au tribunal et du tribunal à l'échäfaud. MAN 20
que par La Conciergerie et les autres prisons de la capita ë, du ngtemps, Paris tout entier et les principales villes de France, pré- RAM ivé de sentaient alors le plus affreux spectacle : l'anarchie, la | | ENS 66 re nn ere > général terreur et le meurtre étaient partout. De tous les coins «** | xiète les de la France on charriait des victimes à la Conciergerie, 25 Hé 1e soup- dit un écrivain, ami des girondins et longtemps prison- «7° ee fcontre nier avec eux, la progression des assassinats était effray-dnua® Vi ée. Eh ante,.;" D abôrd on avait mis quinze personnes dans les \1X és autres | charrettes meurtrières (appelées aussi bières roulantes), t sepuir à bientôt on en mit trente, ensuite quatre-vingt-quatre, et 30 \ Cincin- tout fut disposé pour en envoyer cent cinquante à la fois srétentire à la place du supplice. Un aqueduc, destiné à contenir il te nn le sang, fut creusé à la place Saint-Antoine, où la guillo- Se e, je ne tine avait été transportée. C'était vers les trois heures RME férd ‘et de l'après-midi que les longues processions de victimes 35 Mé ‘the descendaient du tribunal, passant lentement sous de :; Jongues votes entre les prisonniers... ‘J'ai vu, dit W*
uiélehice Riouffe, quarante-cinq magistrats du parlement de Paris,
* Rousselin, Wie de Hoche.
trente-trois du parlement de Toulouse, allant à la mort
du même air qu'ils marchaient autrefois dans les céré.
monies publiques. J'ai vu trente fermiers généraux
| passer d'un pas calme et ferme ; les vingt-cinq premiers RU négociants de Sedan, plaighant, en allant à la mort, dix mille ouvriers qu'ils laissaient sans pain... J'ai vu tous
ces généraux que la victoire venait de couvrir de lauriers
qu'on changeait soudain en cyprès : aucune plainte
ne sortait de leur bouche ; ils marchaient en silence
10 comme frappés de stupeur, et ne savaient que mourir...
(© sa Dans ces boucheries d'hommes qu’on appelait fournées,
uw. 2- plusieurs fois des générations entières ont été absolument détruites en un jour : le respectable Malesherbes, âgé de
a 0 . plus de quatre-vingts ans, fut traîné à la mort, à la tête de ‘#5 sa famille entière; ilpéritavecsasœur, sa fille et son gendre, et la fille et le gendre de sa fille. Quatre Brienne furent
tués à la fois. Dans d’autres fournées, on voyait réuni
ce que la nature avait de plus aimable : quatorze jeunes
filles de Verdun,* d’une candeur sans exemple, et qui
20 avaient l’air de jeunes vierges parées pour une fête publique, furent menées ensemble à l'échafaud, Elles
| disparürent tout à coup et furent moisSonnées dans leur RON, printemps : la cour des femmes avait l'air, le lendemain panda. am | Âde leur mort, d’un parterre dégarni de fleurs par un - 2$orège... Vingt femmes du Poitou, pauvres paysannes, furent également assassinées ensemble... Il y avait,
dans les prisons de Paris, une foule d'artisans, d'ouvriers
:b'1 44 apricoles, d'hommes insignifiants et nuls, arrêtés dans les départements et confondus à la Conciergerie avec ce
30 qu'il y avait de plus illustre : l'obscurité de leur vie, leur misère ne les protégeaient pas ; pour un aristocrate, on comptait dix patriotes.” f L’affreuse loi des suspects enveloppait comme d’un réseau toute la population de
la France ; les amis des suspects, leurs parents, leurs
35 * Elles étaient accusées d’avoir dansé dans un bal donné à Ver. dun par les Piussiens. La plus âgée avait dix-huit ans.
+ Mémoires de Kiouffe. Voyez aussi aux pièces justificatives, Appendix À, le tableau du régime de la Terreur tracé par M. de Lamartine dans son //istoire des Girondins, t. V1IL.,, p. 121-123.
‘serviteur
les mala naient a mort, à | jeté en sa fille claré si lança au son sañ, s'écria bienfait Il ch ses pein commer d'homm attenda d’opinic mune 1!
duchess tôt apr harnais, laquelle Hoche forcées moyen ne ces:
plus di souffre son be:
m'e-t-il rencon bonora je t'ap trembl.
montra se voy:
jusqu'e dans l
+ Let
la mort les céré.
généraux premiers mort, dix ai vu tous e lauriers plainte
n silence Moyriree fournées, bsolument ès, âgé de la tête de Dn gendre, ne furent ait réuni ze jeunes le, et qui une fête d, Elles dans leur endemain S par un aysannes, y avait, d'ouvriers ; dans les avec ce vie, leur crate, on suspects ation de its, leurs
né à Ver.
stificatives, par M. de 21-123,
serviteurs étaient eux-mêmes suspects; on bénissait alors
DE :AZARE MOCHE, 4x
les maladies les plus cruelles et les biessures qui don- v## soul
naient au moins une chance d'échapper, fûtce par la *"*”
mort, à l’échafaud ; le beau-père de Hoche fut arrêté et
jeté en prison comme coupable de lui avoir donné
sa fille; son beau-frère, le générl Debelle, dé-,, |
claré suspect pour lui appaïtenir de trop près, se LS D
lança au milieu des ennemis à Fleurus, et tomba dans ne
son sang, atteint de sept blessures : ‘“ Dieu soit béni! À 1
s'écria Hoche en l’apprenant, ces blessures sont un ro “|,
bienfait du ciel 1” MW “pe Il cherchait à la Conciergerie un adoucissement à *:
ses peines et l'oubli de ses maux personnels dans le “ “ir”
commerce d’une société choisie, dans les entretiens °°
d'hommes et de femmes distingués à divers titres, 16
attendant comme lui leur arrêt de mort, et qui, divisés
d'opinion, étaient unis par le sentiment de leur com-
mune misère. C’est là que Hoche connut l'aimable
duchesse d’Aïguillon, Madame de Fontenay, qui bien-
tôt après fut Madame Tallien, et Joséphine de Beau- 20
harnais, appelée à de si grandes destinées, et avec
laquelle il s'était déjà rencontré à la prison des Carmes. v,
Hoche demandait aussi au travail des distractions ,
forcées ; il rédigeait des mémoires, et avait trouvé le } :’«
moyen de correspondre avec sa femme, à laquelle il 25 -* :
ne cessa de prodiguer les témoignages de l’amour le-#:2:...….
plus délicat et le plus tendre. C’est pour elle qu'il.
souffre et qu’il s'inquiète. Appréhant l'arrestation de /21....:7
son beau-père, il lui écrit : “,Pourqnoi un hasard funeste
m'e-t-il placé sur ton chemin? Si je ne t'avais pas 30 °°!
rencontrée, tu serais heureuse au sein d’une famille
bonorable, Pardonne-moi: je ne pré oyais pis ce que }r1664,
je t'apportais de tourments et d’ennuis.” * Il nc
tremble pas pour lui-même, et jamais peut-ê re il ne
montra plus de véritable grandeur qu’à l’époqne où il 35
se voyait ainsi dans tout l'éclat de sa gloire, précipité
jusqu'au fond de l'anime. Il conserva dans les fers et, 410
dans l'attente du supplice toute la liberté de son esprit,
* Lettre citée par Bergounioux.— Wie de Lazare Hoche, p. 68,
une parfaite sérénité d'âme, et toujours le même dévouement à son pays et à la cause qu'il avait si bien servie, 11 s'était fait une religion des grands principes au nom desquels la Révolution av ait été faite, et dont elle
5 s'était si prodigieusement écartée ; il leur avait voué un
10 d'imputer aux principes immortels dé
cüite au plus profond de son cœur ; et de même que les vrais fidèles ne rendent pas leur Ég lise responsable des crimes souvent commis en son nom par des prêtres égarés ou barbares, de même Hoche refusa toujours 1789, aux grandes ‘idées d'où la Révolution était sortie, les forfaits des “anonstres qui les avaient si indignement travéstis, et qui les déshonoraient en les invoquant, La Révolution l'avait porté tout jeune dans ses bras puissants ; elle
15 avait tout fait pour lui, elle était sa mère, et toujours il
À tn
fut pour elle un fils reconnaissant: il ne voulut se souvenir que de ses bienfaits, et, victime résignée, il refusa de la maudire lorsqu’ elle allait l'immoler,
Il essayait de faire passer, dans le cœur de sa jeune ‘emme, la fermeté du sien: “Ne te laisse pas abattre, lui disait-il, sois ma digne épouse par le courage : tu le dois à mon amour, à tes parents, à ta patrie: ce n’est pas elle qui est ingrate.”* La perspective d’une mort prochaine n’alière ni son patriotisme ni sa vertu répubicaine, et réveille les plus tendres affections de son cœur ; il écrit à sa femme : ‘ Témoigne à ceux de mes amis qui me sont restés fidèles combien leur affection m'est précieuse ; dis-leur surtout que, dans le malheur, mon amour pour ma République ne se dément pas, et que si ma mort est utile, je suis tout prêt pour le sacriice.”
Dans le mémoire qu'il rédigeait, et où il rendait compte de ses opérations militaires sur le Rhin, Hoche descend au fond de sa conscience; il s’examine, il recherche en quoi il a pu être coupable, et les motifs de son arrestation : “Sauf le bon plaisir du Comité, écrivait-il, ma mémoire ne peut m'en fournir d’autres que
* Jbid., p.67 + Zéid.
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DE LAZARE HOCHE, 43 mon refus de conférer avec les représentants quand j'ai cru qu'il était urgent d'agir. Est-ce là de l’insubordina. tion? Quoi qu'il puisse m'en coûter, je resterai convaincu du mot d'Eugène: que tout général qui tient conseil de guerre n’a point envie d'entreprendre. En $ présence de l'occasion qu'il fallait saisir, je n'ai jamais craint d'engager ma responsabilité. J'ai toujours pensé que la plus terrible, c’est d’avoir à rendre compte un jour à l'Être suprême du sang humain qu’on aurait rcpandu sans nécessité et, je dois le dire, celle-l}, mais ro celle-là seule, m'a toujours fait trembler.”#
La pensée d'un Dieu juste et rémunérateur le soutient:
il espère en sa providence, en sa bonté; il écrit à son beau-frère : “ Le juste Ciel m'a protégé jusqu’à présent : je compte beaucoup sur lui; la pensée d’un crime 15 n'entra jamais dans mon cœur.” Et à sa femme : “ Celui qui préside à tout soutiendra mon courage … Tous nos maux seront bientôt terminés. (C’est dans le sein de l'Eternel que nous nous reverrons : puisse du moins sa justice nous y réunir.” 20
Une nouvelle et poignante douleur lui était encore réservée.
Un jc:1ine homme d'environ vingt ans, appelé Thoiras, adjudant au régiment de son beau-frère, et ami de sa famille, avait été arrêté à Thionville où Adélaïde était restée près de son père captif, lui prodiguant ses soins et tremblant pour ses jours et pour ceux de son mari. Thoiras, aux yeux du gouvernement, était suspect à cause de son dévouement pour cette famille infortunée, et coupable d’une admiration enihousiaste et non 30 déguisée pour son général. Il fut envoyé prisonnier à Paris et enfermé avec lui dans la même prison, à la Conciergerie. Hoche trouvait un plais r amer et doux à s’entretenir avec ce jeune homme des objets si chers à son cœur ; il écrivit à sa femme: “ Thoiras m'a donné 35 de tes nouvelles : chacune de ses paroles a péné ré mon âme d’attendrissement.” Et il espérait que son jeune
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* Citation de Bergounioux, Wée de Lazare Hoche, p. 63 #+ 24. ibud., p. 64.
ami trouverait une protection contre la fureur des tyrans dans son âge et dans son obscurité. Vaine espérance! Le quatrième jour au matin, le guichetier pourvoyeur quotidien de l’échafaud entra dans la prison 5 et lut à haute voix, selon sa coutume, la liste des prison. niers traduits ce jour-là au tribunal révolutionnaire, Hoche entendit nommer plusieurs de ceux dont il faisait sa société intime et il attendait son tour qui ne vint pas : le dernier nom inscrit sur la liste funèbre était celui de 10 Thoiras. Hoche pâlit à ce nom plus qu'il n’eût fait sans doute s’il eût entendu le sien: et il demeura muet, partagé entre un sombre courroux et une pitié sans espérance, Thoiras ne changea point de visage: il tira sa montre et, la donnant à Hoche, il le pria de la garder 15 toujours,* et lui demanda en échange une fleur d’un bouquet de roses que Hoche tenait à la main et qu’il avait reçu le matin même d’une personne demeurée inconnue, Tous les autres prisonniers appelés au tribunal avec Thoiras en demandèrent aussi: tous furent con- 20 damnés et montèrent les degrés de l'échafaud portant une rose à la boutonnière. (On mourait ainsi alors, avec une fermeté insouciante et un dédain de la vie énergiquement exprimé par Hoche lorsque, dans une lettre d'adieu adressée à sa femme, il disait : “ La mort 25 n’est plus un mal quand la vie a cessé d’être un bien.” On dit cependant qu'après la mort de Thoiras, un changement notable apparut dans les manières de Hoche à la Conciergerie et dans son langage à l'égard de ses geôliers et de ses juges, et qu’à une froide indifférsnce
M0 succéda une colère, un emportement hautain dont il ne , ‘ . , , 6 . ., -Hngwouvait plus contenir l'expression méprisante et irritée.
Qu’aurait-il pensé, s’il eût pu savoir qu'un jour viendrait \ où ce régime affreux qui avait dévoré tant d'illusties défenseurs de la Révolution et de la patrie, qui a!laît le 85 frapper lui-même, et qui avait implanté, pour un siècle
® La montre de Thuiras est aujourd'hui en la possession de la fille de Hoche, Madame la comtesse des Roys, et elle marque æncore l'heure où elle s'arrêta dans la journée qui vit ce jeune officier arraché des bras de son général,
eur des Vaine ichetier a prison S prison.
onnaire, il faisait int pas : celui de fait sans muet, lé sans >. iltira a garder eur d’un à et qu’il urée intribunal int con.
portant si alors, e la vie ins une La mort bien.” iras, un Hoche de ses Tér:nce it ilne irritée, endrait lusties lait le \ siècle
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peut-être, au sein d'innombrables familles, la haine et «1 l'horreur de la République, serait préconnisé comme £4#“": l'ayant sadvée! De quelle stupéfaction, de quelle "#7" douleur indignée sa grande âme eût été saisie, si on lui 2-2},*<
eût dit qu’une telle doctrine ferait école en France et 8 4. devieñdrait populaire ! Ah! semblable à une noble iv. et touchante victime qui l'avait précédé dans son
cachôt, à cette femme héroïque (Madame Rolland) qui, d"#?— durant le jour, ramas$ait ses dernières forces pour 47%." exhorter ses compagnons d’infortune, et qui, la nuit, 10 , plerait de longues heures en silence,* lui aussi il eût ’‘\" versé d’intarissables larmes, il eût pleuré sa République, /24: il eût désespéré d’une génération capable d'ouvrir à de
si monstrueux sophismes ses oreilles et son cœur.t
* La fmme qui la servait me dit un jour : Devant vous elle 15 rassemble soutes ses forces ; mais, dans sa chambre, elle reste quel- ; que'ois trois heures appuyée sur sa fenêtre à pleurer. (Mémoires de Aiouffe.)
+ Un patriote, l'illustre Daunou, prisonnier lui-même à cette époque, a tracé un tableau horrible et vrai des prisons sous le 20, régime de la Terreur et du sort affreux où furent réduits en France :”:i les deux cent mille prisonniers du Comité de salut public: ‘Ce Comité, dit-il en terminant, une fois investi du pouvoir suprême, fit égoïger, dans Paris constetné, plus de deux mille victimes en quatre © + "1 | mois. Un supplice inventé pour abréger les souffrances, devint, 25 4 entre ses mains ditatoriales, ur moyen d’extermination rapide ; on -— ; était tenté de regretter les anciwnnes tortures, parce qu'il semblait