‹ Lazare Hoche [microforme] (volume 3)Chapitre 20 sur 49 · RESULT · texte numérisé non relu

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DE LAZART HOCHE,. 69

de fâcheuses que: les clatèrent entre les chouans et les ée émigrés. C:ux-ci, qui avaient servi dans les armées es réorlières di nent, n’ouvraient leurs rangs qu’ivec la inquiétude ec .: : aance à des hommes indisciplinés, déguenillés, dénourvus de toute instruction militaire, 5 dis beaucoup plus 2:28 au métier de guérillas qu’au service se dans des corps «élite, L’antipathie devint promptement les réciproque : il en résulta des rixes, il fallut les tenir et séparés et perdre à s'organiser un temps qui aurait dû ’on être employé à marcher en avant. 10 ral Des ordres arrivèrent enfin de Londres pour conférer TO- 1h à Puisaye seul la direction suprême de l’expéditiom. ite, + Puisaye prit sur-le-champ d’habiles dispositions, or. ans donna une impétueuse Attaque contre le fort Penthièvre, de qui se rendit presque sans combat. Puisaye s'y établit 15: L la fortement, et, par un ouvrage solidement construit en ites pierre, il relia la forteresse avec un rocher de soixante êlés pieds de hauteur qui flanquait la presqu’ile à l’ouest du le côté de la pleine mer, de telle sorte qu’elle était entièrenfin ment coupée et que tout passage était fermé d’un 2a rren rivage à l’autre. Il fit en même temps débarquer dans s la | la presqu'île tout le matériel apporté par l’escadre ande À: glaise et distribua aux chouans des habit* ec des armes, iron 1 Dix milie d’entre eux occupaient déjà 1a ligne imporrois tante de Lorient à Auray. L’intention de Puisaye était 25, ron, de s’emparer de Brest, de Lorient ou de Saint-Malo, où roite À il avait des intelligences, et de marcher ensuite sur fort ; Rennes ; ses émissaires parcoururent toute la Bretagne con- h avec la .apidité de l'éclair, réveillant les populations, ches Ë stimulant leurs principaux chefs, Charette, Stofflet, 3a \ Scépeaux, etc., et leur annonçart la prochaine arrivée d’un. ilage H prince du sang royal de France et d’une armée anglaise. uans i Quinze jours s'étaient écoulés depuis la première hefs, : apparition de l’escadré à Quiberon. Hoche accourut de dis- : Rennes avec toutes ses forces disponibles et se montra 35 sains : supérieur aux pérus de sa situation. Il était arrivé à cinq 4 Auray avec cinq mille hommes seulement, et les généent à 1 raux des armées de Brest et de Cherbourg s’empressant rrec= \ de répondre à son appel, de toutes parts des détachejt de 3 ments républicains étaien, en marche pour le rejoindre, 40

Vers le G juillet, dix ou douze mille hommes ayant rejoint son quartier général, il se crut assez fort pour attaquer les chouans qui, sous le commandement de Vauban et de George Cadoudal, au nombre d’environ 5 dix mille, occupaient, en avant de la presqu'île, toute la ligne entre Saint-Michel, Carnac et Sainte-Barbe. Hoche et Vauban avaient compris tous deux l'importance du poste de Sainte-Barbe, qui maintenait ouvertes les communications de la presqu'île avec le littoral. C’est sur 10 ce point que tous les efforts de Hoche furent dirigés. Vauban de son côté mit tout en œuvre pour ie défendre, appelant à son aide les émigrés du régiment d’'Heivilly ; ceux-ci firent une ch2rge malheureuse, après laquelle d'Hervilly ordonna la retraite. Une plus longue résist- 15 ance devenant impossible ; Vauban, pour éviter de voir son armée coupée en deux et rejetée dans les flots, fit rapidement replier son centre et sa droite derrière ‘a gauche toujours en possession de Sainte-Barbe, qu’il abandonna ensuite pour couvrir la retraite des chouans 20 dans la presqu'île. Ils y rentrèrent avec une multitude de femmes et d'enfants et dans le plus effroyable désordre, serrés de près par les baïonnettes républicaines, Ils étaient tous en danger de périr et furent sanr.s cette fois par les chaloupes canonnières de l’escadre anglaise 25 qui, embossées des deux côtés de la Falaise, firent pleuvoir une grèle de boulets sur les républicains et arrêtèrent la poursuite. Mais déjà les émigrés et les chouans se trouvaient tous enfermés dans la presqu'île, Hoche les considéra comme ses prisonniers et il établit son 39 quartier général * Sainte-Parbe.

Hoche cependant était lui-même dans une situation tre. crit.,ue : derrière lui et autour de lui tout le pays était nostile à son armée et à sa cause: il fallait faire venir des vivres de loin sous escorte; les arrivages

35 étaient lents, et plus ses troupes grcssissaient en nombre, plus les difficultés de les nourrir étaient grandes. Les soldats se répandirent de nouveau dans les campagnes pour y vivre à discrétion et s’abandonnèrent au pillage et à toute sorte de crimes.* Hoche exaspéré les con- x

# Rousselin, Correspondance de Hoche.

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signa dans le camp dont il leur interdit de franchir l’enceinte. Poussés alors par les privations au murmure et à la révolte, les soldats se mutinèrent : Hoche accourut, et marchant rapidement à l’un des plus mutins, il le irappa de son sabre et comprima la sédition. 5

Il était revenu pensif à Sainte-Barbe dans la grange où il avait établi son quartier général et d’où il observait avec une longue-vue les mouvements de ses propres troupes dans le camp, lorsqu'il reçut la visite de deux représentants, Blad et Tallien, que la Convention ro nationale envoyait sur les lieux avec des pouvoirs étendus ; ils étaient accompagnés de Rouget de l'Isle, l’auteur du chant célèbre de Z7 Marseillaise, et qui a laissé du sanglant épisode de Quiberon une relation détaillée et fidèle. Il y raconte cette première entrevue 15 dans laquelle Hoche, loin d’accuser ses soldats, dépeignit vivement leurs scuffrances, et lui inspira tout d’abord la plus vive sympathie fondée sur le respect et sur l’admiration. ‘Pendant qu’il parlait, dit Rouget de l'Isle, je ne me lassai pas d’admirer son imposante stature, son 20 air guerrier, quoique gracieux et sans forfanterie, ses traits doux et fiers, embellis par une superbe cicatrice qui, sans les altérer, lui traversait le front dans toute sa hauteur et venait expirer à la naissance du sourcil droit. Jadmirai son héroïque simplicité, l'heureux accord de 25 ses paroles et de ses manières, du son de sa voix avec ses expressions : tout en lui me révéait un homme supérieur.” *

Les deux représentants employèrent pour approvisionner l’armée les procédés révolutionnaires par les- 30 quels la Convention pourvoyait, avec succès, il est vrai, aux besoins du moment; mais en semant au cœur des populations spoliées et terrifiées d'impérissables germes de haine et de fureur. Le danger de la petite armée répu )licaine isolée au milieu de populations exaspérées 35 s’en accrut et, d’autre part, Hoche voyait en face de lui un ennemi nombreux et très-redoutable, occupant, dans

* Rouget de l'Isle, Zeation historique el souvenirs de Quibero

l'étroite presqu'île où ä -tait enfermé, sous la protection du fort Penthièvre et de l’escadre anglaise, une position très-forte et en apparence inexpugnable.

Puisaye conçut un plan d'attaque qui, bien exécuté,

5 aurait eu pour l’armée républicaine de désastreuses conséquences. Il résolut d'envoyer sept mille chouans divisés en deux corps hors de la presqu'île, avec l’ordre de se joindre aux chefs et aux populations soulevées de l'intérieur du pays, pour fondre ensemble sur les der-

10 rières du camp de Sainte-Barbe tandis qu’il l’attaquerait de front. Quatre mille chouans, commandés par le comte de Tinténiac et sous lui par Mercier et d'Allègre, furent débarqués le :r juillet sur des chasse-marée anglais à Sarzeau, près de l'embouchure de la Vilaine.

15 Une seconde division de trois mille hommes, sous deux chefs éprouvés, Jean-Jean et Lantivy, débarqua un peu au-dessus de Quimper. Ces deux divisions avaient ordre de se réunir, le 14 juillet, à Bard, en arrière des républicains, pour attaquer ensemble, le 16, et prendre à revers

20 le camp de Sainte-Barbe.

L'agence royaliste de Paris, toujours hostile à Puisaye, fit échouer ce plan savamment combiné. Cette agence, qui aurait voulu agir indépendamment des Anglais, et s'assurer, sans leur concours, d’une place du littoral,

25 après avoir échoué dans une tentative pour enlever Saint- Malo, projetait maintenant de s'emparer de Saint-Brieuc, et lorsqu’elle eut appris que Tinténiac et Lantivy étaient heureusement débarqués, avec leurs divisions, ces deux chefs furent sommés par elle, au nom du roi, de marcher

30 sur cette place et de s’en rendre maîtres. Ils cédèrent à regret à cette injonction royale et, deux jours plus tard, Tinténiac fut tué à l'attaque du château de Coëtlogon. Puisaye, ignorant son sort et confiant dans l’exécution des ordres qu’il avait donnés, fit embarquer

35 Vauban avec douze cents chouans, et lui prescrivit de faire une fausse attaque par la gauche des républicains à Carnac en essayant de se lier sur les derrières de leur camp à Tinténiac. Une première fusée devait être tirée par Vauban sil réussissait à débarquer, et une

4° seconde dans le cas où il serait repoussé et ne pourrait

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