‹ Lazare Hoche [microforme] (volume 3)Chapitre 21 sur 49 · HET PA SR · texte numérisé non relu

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tenir sur le rivage. Vauban débarqua et tira sa première fusée ; mais bientôt l’ennemi accourut en force supérieure: Vauban, contraint à se rembarquer, tira sa seconde

fusée, mais celle-ci ne fut pas aperçue.

Puisaye demeura persuadé qu'il était SÉTenu à prendre position et à rejoindre Tinténiac : il eut le tort de ne pas s’en assurer d’une manière précise, et il sortit de la presqu'île avant le jour avec toutes ses troupes régulières, marchant fièrement en colonnes d'attaques au nombre d'environ cinq mille hommes. Le régiment de Loyal-Emigrant était en tête; à droite s’avançaient les régiments de Royal-Marine et de du Drenay, soutenus par six cents chouans sous les ordres du duc de Lévis Le régiment d'Hervilly, avec mille chouans, formait la gauche; l'artillerie enfin, dans laquelle étaient incorporés les canonniers toulonnais, marchait sous les ordres du colonel Rotalie. L'armée royale s’avança ainsi par la Falaise sur le cam) de Sainte-Barbe.

Puisaye, entendant au loin un feu de mousqueterie, s’écria : “C’est Tinténiac !” et il fondit sur les avantpostes républicains commandés par le général Humbert : celui-ci ne soutint pas ce choc impétueux et se replia dans :: camp.

Hoche, impassible, attendit les royalistes dans ses retranchements qu’ils attaquèrent avec fureur. Faisant alors démasquer sur leur flanc de redoutables batteries, il les accable sous une pluie de mitraille, d'obus et de boulets. Le massacre est épouvantabl:; les plus héroïques eforts des royalistes sont impuissants contre une armée trois fois plus nombreuse, commandée par un général aussi nabile qu’infatigable, Des files entières tombe: * ‘:ichées par la mitraille ; la plupart ces chef: sont tués où blessés: mais personne ne recule, et 1: survivants combattent avec un acharnement sans pareil, 35 Cependant le feu de la mousqueterie a cessé sur le: “ruercs du camp républicain : il devisrt évident que l'inténiac et Lantivy ne se sont point trouvés au .endezvOns assigné, et que la petite armée royaliste est seuie engagée dans l'attaque, Il faut dès lors renoncer à 40

vaincre : Puisaye ordonne la retraite. Celle-ci s'exécute avec une extrême confusion sous un feu terrible. Hoche poursuit les royalistes, et sa cavalerie se déploie dans la plaine pour les rejeter dans Ja mer avant qu’ils n’aient 5 atteint le fort Penthièvre. Pour comble de malheur, d'Hervilly qui luttait avec le plus grand courage, reçoit en pleine poitrine un biscaien qui le met hors de combat, et l’armée aurait encore une fois péri tout entière si l'amiral Warren n’eût fait avancer ses cha- :0 loupes. Celles-ci avaient recueilli Vauban et ses douze cents hommes rejetés du rivage où ils avaient d’abord débarqué. Ils s’élancent sur la Falaise dont ils protégent l’entrée : ils couvrent ainsi la désastreuse retraite | de l’armée royale, et tiennent en échec les républicains, 15 tandis que les chaloupes ouvrent sur eux un feu épouvantable : ils s'arrêtent, reculent à leur tour et rentrent au camp.

Les pertes des émigrés étaient énormes, et, dans le seul régiment de Royal-Marine, sur soixante-quatorze 20 officiers, cinquante-trois avaient été tués ou mis hors de combat: mais en même temps il leur arrivait du renfort, La seconde division, celle d'Allemagne, fr -mée de régi- 1 | ments au service de l’Angleterre, était e le 16 juillet dans la rade de Quiberon, au moment, du combat, | 25 mais trop tard pour prendre part à :4 on: l’ardent | Sombreuil qui la commandait avait seul obtenu de É | l'amiral la permission de descendre à terre: il avait | combattu en volontaire, et c’est lui que d’Hervilly, bless! à mort, désigna pour lu‘ succéder dans le com- É , mandement, sous la direction supérieure de Puisaÿe : ) c’est lui Sombreuil oui disputera le dernier à Hoche ce lambeau sanglant de terre, tombeau de tant de braves. Sombreuil unissait aux dons extérieurs, à toutes les grâces de la personne, des sentiments chevaleresques et | : un bouillant courage, exalté encore par le souvenir d’un | père et d’un frère morts sur l’échafaud, et d’une famille entière fatalement entraînée dans la misère, dans l'exil ou dans la tombe. Il avait tout dernièrement épousé, à Londres, une jeune personne éperdument aimée et, le 40 jour même de ses noces, il s’était arraché à sa jeune

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fiancée pour rejoindre l’escadre anglaise et cingler vers Quiberon.

Sombreuil avait reconnu toute l'importance du fort Penthièvre qui, flanqué de retranchements construits par les émigrés du côté de la pleine mer, coupait en- 5 tièrement la presqu'île d’un rivage à l’autre : de la conservation de ce fort dépendait le salut de l’armée royale. Sombreuil insista pour que la garde en fût exclusivement confiée à sa division: Puisaye refusa, craiguant d'offenser les émigrés des autres divisions. Mais dans : toutes se trouvaient incorporés beaucoup de prisonniers républicains, qui, pour échapper aux souffrances qu’ils avaient endurées ou qui les attendaient sur les pontons anglais, avaient consenti à s'engager parmi les royalistes, acceptant leurs offres jusqu’à l'heure où 1 5 ils pourraient s'échapper et trahir leurs nouveaux compagnons. Déjà un grand nombre, profitant de la marée basse le long des murs, s'étaient jetés dans l’eau qui recouvrait les sables de la Falaise et avaient rejoint l’armée républicaine, en remarquant, à droite et à gauche 20 du fort Penthièvre, les passages guéables qui conduisaient au camp. Chaque nuit y amenait ainsi de nouve?ux déserteurs: l’un d’eux, David Goujon, offrit à Hoche de conduire une colonne par la pleine mer jusqu’au fort: Hoche accepta et résolut d’attaquer la pres- 2 qu’île sans délai.

Dès le lendemain, 19 juillet, il rédigea un ordre du jour remarquable entre tous par sa précision et sa terrible énergie, Le fort Penthièvre sera attaqué de trois côtés à la fois dans la nuit suivante à la basse mer, à 30 gauche par le général Humbert, à l’extrême droite par le général Valletan, et par l’adjudant général Ménage qui, avec trois cents hommes d'élite, tentera d’escalader le rocher relié au fort par le retranchement des émigrés : Hoc': ln.même dirigera l’attaque au centre, 3

Dans à nuit du 20 juillet, par un temps sombre, Hoche mit en mouvement ses colonnes, marchant à leur tête, avec les représentants Blad et Tallien. Sa marche est suspendue par un orage épouvantable mêlé de grêle et d’une pluie glacée qui tombe à torrents, 40

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