‹ Lazare Hoche [microforme]Chapitre 41 sur 85 · NL · texte numérisé non relu

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combats livrés sur de lointaines frontières par ses com-%4: #,. pagnons d'armes, ses glorieuxt émules ; il leur enviait* 5 , leurs victoires remportées contre des étrangers, sur le : $ Rhin ou sur les Alpes, tandis qui? luttait, lui,ÿ contre des 44 Farançais® sur le sol sanglant de la patrie. Il compatissait doublement au malheur des vaincus,” mais il n’en pour- + sulvait® pas moins sa tâche ingrate avec autant de con. 10 stance que de vigueur=

De tous les chefs fameuxt qui s'étaient fait’ un grand nom dans la Vendée, il n’en restait qu'un, le plus habile comme le plus indomptable, Charette luttait!® encore et, quoique suivis seulement de quelques centaines d'hommes, 15 le prestige qu’il exerçait!1 sur les esprits était immense, et Hoche comprit!* que le Pays ne serait jamais pacifié aussi longteinps que Charette serait debout sur son sol. 21 le fit, 4 relancer sans relâche par toutes ses colonnes, et confia principalement le soin de sa poursuite à l’adjudant général 20 Travot, Celui-ci ne donna ni repos ni trêve à ses © troupes, traquant Charette comme une bête fauv8T chaque fois qu’il croyait! le saisir, Charette lui échappait, refusant toutes les conditions qui eussent!5 sauvé sa vie, préférant . la mort à l'exil, dur à lui-même, terrible à ses ennemis, 25 cruel aux traîtres, impitoyable aussi pour ceux des siens qui parlaient de paix et de soumission. Il fut enfin attiré dans une embuscade: la lutte suprême dura plusieurs heures, et Charette tomba épuisé. Un Allemand fitis alors une action admirable : il prit!" le chapeau de son général 30 et se fit® tuer à sa place, tandis qu’un des siens emportait Charette sur son dos à travers le bois et le cachait sous des ropces à l’entrée du taillis de la Chabotterie, Un JL La

Sa tâche en effet était triste : il tressaillaits au bruit des 2-24 Léa

déserteur le trahit pour obtenir!8 ga grâce et le livra aux Ve à

républicains : Travot accouruit,!° et ce fut à lui que Charette rendit son épée. :

Travot traita son prisonnier avec les égards dus au

* Ibid. Lettre du 12 octobre, 1795, communiquée par sa famille,

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courage et au malheur. Ils entrèrent, dans la ville d'Angers, côteà côte, s'entretenant!familièrementàtravers’ le flot des populations actourues® à leur rencontre: un mouchoir taché de sang entoyrait le front de Charette : 5 jamiait sa contenance n'avait été plus fière‘ ni son regard plus assuré. Transféré à Nantes, il y fut jugé et con-

damné à mort. L'autorité militaire, au mépris des ordres, L& m4 formels de Hoche, souffrit que Charette fût impunément? !” / outragé dans cette même ville où,f l’année précédente, il :

10 avait fait’ une entrée presque triomphante. L’officier de

l’escorte chargée de le!° conduire! ! au supplice le fit‘? passer

à dessein sous les fenêtres de la maison où s'était réfugiéel®

sa famille. Sa sœur parut!{ à la fenêtre: Charette s'arrêta,

leva les yeux!'6 et l’ecouragea!? du regard et du geste.*

15 Parvenul!f au lieu fatal, intrépide et calme devant la mort,

il resta debout, commanda le feu; puis s’affaissa doucement sur lui-même.

Sa perte consterna les royalistes et remplit de joie les

républicains. Le gouvernement ordonna des réjouissances

. 29 publiques: Hoche fit? davantage” et rendit l'hommage le

plus eclatant à la valeur de ce chef fameux, en ordonrant, le jour même où il apprit’! son supplice, que l’état

de siége serait levé dans toute la Vendée.

Hoche passa ensuite avec son armée en Bretagne et

25 enveloppa cette ‘province d’un large cordon de troupes, depuis la Loire jusqu’à Granville. ; Les chouans étaient hors d'état de lutter contre une si puissante étreinte : ils

© «ui opposèrent néanmoins une résistance opiniâtre, et se !

laissèrent acculer 4 Ta mer avant &e se soumettre. Le

30 Morbihan enfin rendit ses armes: déjà Sapinaud avait remis” les siennes : toutes les divisions royalistes suivirent‘ successivement cet exemple: Frotté négocia en basse’ Normandie et fut transporté avec les siens en Angleterre : Puisaye se voyant” seul et sur le point d’être pris,” s’em-

30 barqua pour Jersey. Hoche, maître du pays, y distribus ses cent mille?’ hommes dans une multitude de petits cantonnements pour le surveiller et l’enlacer d’un réseau de fer, et il acheva ainsi de lel° soumettre. ??

# Informé du fait, Hoche chassa cet officier des rangs de l’armée, 40 somme indigne.

xe, 4. 290, 21, 895

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