‹ Lazare Hoche [microforme]Chapitre 49 sur 85 · Sn 47 5SR · texte numérisé non relu

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Coup d'é: .t de fructidor, — Maladie et mort du général Hoche,

II était impossible qu'un régime aussi affreux que celui de {a Terreur ne provoquât! point une violente “réaction d’une longue? durée, et que le ‘:ommes qui 6 J'avaient établi ne fussent! bientôt en bucte à la haine

. Publiquef et 4 l'horreur générale. Cette réaction, com-

VW mencée le ® thermidor 1794, continua durant les années N\yuivantest avec une violence toujours croissante,’ entre- Ÿ?.

tenue par une cause dont’ les historiens n’ont pas tenu!° 10 }suffisamment1 compte. Le régime de la Terreur était? : tombé, mais la plupart!s de ceux qui l'avaient intronisé ne

tombèrent pas avec lui : quelques scélérats avaient péri, mais le plus grand nombre des conventionnels qui les

“<evaient soutenus‘ de leurs votes restèrent? debout et 15

“maîtres de la situation La Convention survécut® une année à Robespierre, et lorsque enfin elle se retira de la

EI cains ardents et honnêtes, au général Hoche entre autres, ,20 que la Révolution était incarn

arnée dans les conventionnels, 42:04:

et elle fit” violence à l'opinion publique en déclarant, par ne

les décrets de fructidor an IIT, que les doux tiers de ses membres feraient partie des nouveaux?! conseils législatifs dont° ils formeraient ainsi la majorité. * - 40 Après la promulgation de ces décrets et la journée du 13° vendémiaire,+ où la Convention mitrailla la bour- : geoisie parisienne” qui les avait rejetés’ et qui protestait() contre eux à force ouverte, # les deux conseils législatifs, ( celui des Anciens et celui des Cinq-Cents, formés pour les 30 deux tiers d’anciens conventionnels, cherchèrent une garantie contre la réaction en choisissant les cinq mem-

* Voyez mon Histoire de France, 12° édition, t, IL., p. 323 à 324 t Zbid.

oi ES mie elle réussit à vivre!5 de nouveau sous d’autres noms, “44 PL? è dit® et parvint!" à faire! croirel? à une foule de républi- duels ds el.

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bres du Directoire chargé du pouvoir exécutif

les hommes les plus com

parmi les régicides, *

L'Opposition, vaincue en vendémiaire

promis! aux yeux? des roya

ré istes,

Ê attendit son

5 succès des élections nouvelles! + et"46 la marche légale des événements : elle domirzit dans le corps électoral, mieux composé alors qu'il nef l’a été peut-être à aucune

époque de notre histoire.

Les élections étaient à deux

degrés, et les électeurs unissaient à l'autorité du nombre

10 l'autorité non moins nécessaire de la capacité présumée, Leurs choix® furent, en l'an IV, comme l’arnée précédente," l'expression fidèle de l'opinion dominante,’ cello de l'esprit de réaction

et les montagnards, et du part, constitutionnel et 15 modéré, ami des principes de 1789 et qui voyait? avec effroi le pouvoir exécutif toujours entre les mains des conventionnels et des révolutionnaires.

Les deux ; conseils législatifs, après l'élection du second tiers de leurs membres, furent donc composés.

20 en grande majorité, d'hommes qui, sans vouloir une contre-révolution, voulaient cependant, avec la paix, vvetPabolition des lois révolutionnaires encore en vigueur, $ une liberté réelle!! et l’épuration successivé!? et légale d'un © Direct re héritier de la Convention. |

Les noms de quelques ardents royalistes étaiert! sortis, 4 il est vrai, des dernières® elections.

contre

les terroristes

Ceux-ci,

fidèles à la tactique constante des minorités, faisaient!t

cause commune dans l'opposition avec la majorité

constitutionnellel! et modérée, et cherchaient, par toutes 30 sortes de moyens, à faire" du bruit et à grossir leur im-

* On nommait ainsi ceux dont1s les votes avaient envoyé Louis XVI à l’échafaud.

+ Les conseils se renouvelaient par éiers tous les ans. fistoire du Directoire, t. III.

t De Barante,

$ Ces lois !

ies és''ses et proscrivaienti9 les prêtres, elles décrétaient la peine de morc et la confiscation contre les émigrés, et

beaucoup20 d'autres mesures draconniennes.11

| Voyez de Barante, Histoire du Direëtoire, t. III, et 1

France, t. IL., p. 346-347.

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portance. Us n'étaient en cela que trop bieu seconcés pe trois directeurs, Barras, Rewbel et La Reveillère- ‘#peaux,* et par leurs amis montagnards qui disaient: hautement et publiaient dans leurs journaux,* que > l'opposition tout’ entièret était monarchique, que le {5 pouvoir allait? passer aux royalistes, qu’on allait vc:rt | reparaitre! les Bourbons et les aristocrates, et que c'uu / était fuit" de la Révolution. +4 Ces bruits menaçants,’ grossis par la peur, étaient ke crus," surtout à distance, par beaucoupi! d’honnétes gens 10 sincèrement dévoués à la Révolution, enthousiastes pour la liberté qu'ils voyaient presque exclusivement dans l'égalité civile, dans!’ le maintien du régime républicain et dans l'indépendance nationales Le y ee Hoche, nous l’avons dit!# était de ce nombre. 15

arvenu# rapidement, par son mérite, des derniers échel

société constitutée comme elle l'était sous le régime détruit, 20

Semblable en cela à la plupart des hommes qui n’ont dû leur élévation qu’à eux-mêmes, il n’aimait pas, en principe, et tenait’! pour suspects les privilégiés, quels 2F qu'ils fussent”? rois ou gentilhommes : Ÿ 1l voyait,f

* Ces trois directeurs formaient la majorité au sein du Directoire, où17 ils eurent pour D gi Carnot 36 Barthélemy: ce dernier avait été récemment2s élu24 parle parti modéré”à place de Letourneur. 30

t Dans son impartiale Histoire du Directoire, M. de Barante a présenté sous son véritable jour cette époque qui a èté obera par des historiens appartenant25 aux partis extrdmes les plus opposés. 26

? Dans la pratique de la vie, cette disposition fit? souvent place 35 en lui à une affection trés-réelle pour des hommes appartenant25 à la classe des anciens privilégiés, surtout pour ceux qui servaient28 sous ses ordres, et nous avons vus aussi qu'il garda constamments3s une amitié reconnaissanite2 au général comte Le Veneur donts0 il avait été l'aide de camp. Il eut même le bonheur, dans les derniers 40 temps de sa vie, de rendre un service considérable à son ancien général et à51 son ami,

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ons jusqu'aux premiers, il avait toujours devantié dy

y Jles yeux® l’ancien ordre de choses où!’ il risquait de végé- Là ter dans un rang obscur, les liens qui eussent'® arrêté son 4 essor et tous les obstacles qu’il eût rencontrés!° dans une 20 |

je.

dans les premiers, des tyrans, dans les seconds leurs soutiens naturels ou leurs complices, dans les priviléges qui les avaient faits! ce qu’ils étaient le plus grand obstacle à la liberté, et dans l’abo- 5 lition de ces priviléges la liberté même. Hoche confondait ainsi l'égalité avec la liberté : il ne s'était pas suffisamment? rendu compte’ des véritables conditions d'existence de liberté politique, seule garantie‘ de toutes les autres : il paraissait® ignorer que la revrésentation d’un 10 peuple ne saurait être vraiment nationale qu’autant qu'eile est l’expression libre et vraie de la volonté pub:

liqueT: il oubliait enfin que la liberté ne subsiste( Le

qu'autant que la loi règne, et que la loi n’est souveraine que si le législateur est inviolabe.

15 Hoche considurait le sort de la République oomme lié à la politique du Directoire qui tendait à révolutionner l’Europe et à maiïntenir® les lois révolutionnaires qui proscrivaient” les émigrés et qui armaient le gouvernement de pouvoirs extraordinaires : à ses yeux, !° les vrais patriotes,

20 les seuls défenseurs de la Révolution et de la liberté, étaient les trois directeurs et leurs partisans qui voulaient! conserver à tout prix ces lois exceptionelles!” ; tandis que ceux qui désirait les abroger et y! substituer un régime légal et modéré étaient pour lui des royalistes, des adver-

25 saires de la liberté, des ennemis à écraser. * & }, ,2. à

$ Hoche vint!t à Paris, il ft! part au gouv ernement des ses + , P g

aporéhensions touchant les progrès du royalisme au sein des conseils législatifs, et diti6 qu’il était indispensable d’en!? triompher au besoin par la force Il se con-

80 certa particulièrement avec Barras et s 'offriti8 avec son?

armée pour seconder toute” entreprise violente des directeurs contre la majorité électorale et la puissance législativel Il dirigea,” de concert avec lui. deux de ses divisions commandées par Richeranse, sur Brest, sous nré- 30 texte de les faire” concourir” à une nouvelle” "expédition “d'Irlande : il les fit’? passer à peu* de distance de Paris et les cantonna à La Ferté-Alais, en decça des limites fixées par la “&nstitution aux troupes qui ne seraient point

* Voyez aux pièces justificatives la note F,

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appelées dans la capitale par l'autorité législative! même. ?* L'arrivée de ces troupes aux environs de Paris, et à une distance prohibée coïncida avec un remaniement ministériel dans lequel Hoche fut designé comme ministre de la guerre”

Le conseil des Cing-Cents s’en émut{: il se crut en péril, et déclara la constitution violée, si les troupes ne rétrogradaient jusqu'aux limites qu’elle avait fixées.é I] s'éleva en même temps contre la promotion projetée de Hoche au ministre de la guerre, alleguant qu'il n'avait point l’âge légal pour les fonctions ministérielles,? et il exigea’ que le Directoire rendit? compte de sa conduite.

Sur les cinq directeurs, trois seulement voulaient!° un coup d'État contre les conseils ; les deux autres, Carnot et Barthélemy, s’y montraient contraires et persistaient à vouloir" demeurer dans la légalité. Carnot avait alors la présidence du conseil directorial : il somma le général Hoche de! justifier, devant!! les directeurs réunis, son!? absence de son!? armée, sa présence à Paris et les ordres donnés aux troupes aui avaient franchi la limite constitutionnelle.? Hoche allégua son ignorance : il dit! que le général Richepanse avait reçu l’ordre de conduire! sa division à Brest, et qu’il ignorait sans doute aussi que La Ferté-Alais fût5 dans le rayon prohibé, Il avait compté sur Barras pour!f le défendre, et Barras garda le

silence, La Reveillère intervinti? et fit!# cesser cet inter- *

rogatoire sévère et périlleux." Hoche n'étant pas soutenu” par le gouvernement, voyant?! eu our le Directoire incertain et le coup d’État ajourné, fitis rétrograder ses

divisions jusqu’en Alsace, quitta Paris et revint!’ dans son 30 Jusq 4 :

quartier général, à Wetzlar.

Mais l'alarme avait été jetée dans la majorité législative! qui redoutait avec raison un coup d'État, et les adversaires de Hoche eurent recours à tous les moyens, même aux plus odieux, pour ruiner son crédit et détruire’

* En vertu de la con-titution, il était interdit24 aux troupes de s'approcher, dans un rayon de douze lieues, de l'endroit où25 siégeaients les conseils législatifs, si elles n'étaient appelées par une loi

5. 296. 12. 93. 18. 305, 548, 24, 800: 6. 588. 13. 290. 19, 441. 25. 107, ne ., H

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sa popularité. Le général Willot, son ennemi personnel, le dénonta! ouvertement dans le conseil des Cinq-Cents comme aspirant au rôle de Marius; un autre membre, Dufresne Saint-Liéon, l’accusa de n'avoir versé dans le Trésor publie qu’une faible partie des sommes prélevées sur les territoires que son* armée occupait, par la commission financière’ qu’il avait arbitrairement instituée,‘ et il fit’ entendre que Hoche avait sans doute gardé le reste pour lui et pour son état-major. Hoche, il est vrai, n'avait versé qu'une partie de ces sommes dans les caisses de l’État ; il en avait réservé une autre partie

pour les besains éventuels du Gouvernement, et, avec le; DAT

Dh, ic

reste, il avait nourri et entretenuf ses soldats, préférant user de ces ressources plutôt" Que de reçourirf aux avides fournisseurs et spéculateurs qu'il avait Chassést de son’ armée.

L'illustre général Jourdan, membre des Cinq-Cents,

ne put? entendre de sang-froid l’accusation calomnieuse!, {

dirigée contre celui qu'il considérait comme l'honneur des armées francaises, !t et, bien qu’appartenant®f lui-même ; ) )

à-la majorité menacée, il se leva indigné et dit”:

“Souvent les arinées auraient Péri de misère si les généraux! en chef n'avaient usé des contributions faites en pays conquis./5 J’ai commandé cent cinquante mille! hommes, et j'ai la preuve que le gouvernement payait à des fripons cent cinquante mille rations par”? jour, et que l'armée n’en!8 recevait que dix mille. 6 Il fallait” donc que les généraux!# s’occupassent® de faire’ vivre” le reste de l'armée. Il n’est au pouvoir de personne de me faire’ croire’? que le général Hoche ait” commis” un autre crime, et les coupables de son espèce ont droit aux remerciements de le patrie reconnaissante.#?

Cet éclatant témoignage, donné de si haut à son intégrité, Tendit pour Hoche moins amère? une calomnie contre laauelle® il protesta soudain en demandant un jugement public. Mais les reproches injustes auxquels*® il s'était vu’’ en butte dans le sein des conseils législatifs dont#il avaitexcité lesalarmes, l’irritèrent profondément. *? T1 crut” que la majorité avait résolu” sa perte pour être

40 plus libre d'accomplir ses projets contre-révolutionnaires :

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2. 93. 10, 45. + 18. 108. 25. 200, PS8, 8. 48. 11. 435&R. 19. 187. 188, 926. 104,

5. 805.642. 13. 38. 415. 21. 834. 28. 503. 504, 6. 248. 14. 305. 22. 205. 99. 350. Exc.

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