COSME, NATIVA
COSME
Ce jeune homme a quelque chose de noble et de triste qui intéresse vivement pour lui... Mais qu'avez-vous, duchesse '!...[AvecitiquiÉtude.) Une larme!
NATIVA
Pardonnez, monseigneur, mais je vois avec chagrin que ceux que l'on croit ses amis s'empressent de vous quitter sans hésitation et souvent sans regret.
COSME, la faisant lever.
Hélas ! Nativa, l'attachement du porte-enseigne pour moi peut être sincère, mais la jeunesse a ses secrets, ses caprices et son activité... la jeunesse, fleur qui s'effeuille, trésor qui s'épuise; la jeunesse, que je regrette avec tant d'amertume et de folie, non pas pour moi, mais pour toi, Nativa, pauvre ^compagne aimée d'un bien vieux voyageur.
XATIVA.
Oui, mais compagne heureuse.
COSME
Oh ! Nativa, tu ne me viens pas des hommes, n'est-ce pas?
XATIVA.
Pourquoi cette pensée, monseigneur?
cosME, se levant.
Parce qu'il n'y a que Dieu, Nativa, qui puisse nous donner le rayon de soleil qui vient nous réchauffer l'hiver.
NATIVA
Vous n'avez pour moi, monseigneur, que des paroles douces et bonnes... et près de moi vous oubliez l'heure du repos...
COSME
Oui, Nativa, j'oublie tout, même la fatigue.
NATIVA
Mais moi, qui suis, selon vous, votre meilleur médecin, je dois vous faire souvenir...
COSME
Je me souviens et j'obéis... {Lui tendant la main.) Bonne nuit, ma belle duchesse.
Bonne nuit, monseigneur,
COSME
Je vais jeter aux sentinelles ce cri qui chaque soir les avertit que le maître s'endort et qu'il faut veiller pour lui. (Il ouvre la fenêtre au fond et crie sur le balcon: ) Archers du palais, veillez!
Ce cri est alternativement répété par plusieurs voix à différentes distances. Pendant ces cris, Cosme et Nativa ont gagné la porte qui conduit aux appartemens de Cosme.
NATIVA
A vous, bon repos et bon rêve, monseigneur.
cosME, sortant.
A demain.
NATIVA
A demain, monseigneur. (Cosme sort. La Duchesse, pensive, redescend la scène.) Le duc a permis à Juliano de repartir, et demain, au point du jour, il pourrait s'éloigner sans m'avoir dit la cause de ce prompt départ, sans avoir détiyç-jj^o'^ie, inquiétudes... Mais il faut que je le voi(^7'^ ant, ~ il le faut, je le veux!... (Elle va précipitL .ment vers la table et écrit quelques lignes, ydis elle sonne, une femme sort de son apparte^ ,îf.)Au porte-enseigne Juliano, et sans retard.
La suivante sort avec la lettre par la galerie; la Ducliesse rentre dans son appartement à gauclie.Judaël et Galeotto entrent en causant par la galeriede droite.
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