‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 138 sur 511 · Quand il est besoin. Cl. p. 10, qu'un a-il · texte numérisé non relu

Quand il est besoin. Cl. p. 10, qu'un a-il

n. 1. 8. La Charente.

or dont les premiers siècles ^ ont été faits. Certainement, quand le feu s'allume aux quatre coins de la France et qu'à cent pas d'ici la terre est toute couverte de troupes, les armées ennemies d'un commun consentement pardonnent toujours à notre village, et le printemps,qui commence les sièges et les autres entreprises de la guerre, et qui depuis douze ans a été moins attendu pour le cliangement de saisons que pour celui des affaires, ne nous fait jamais rien voir de nouveau que des violettes et des roses. Notre peuple ne se conserve dans son innocence ni par la crainte des lois ni par l'étude de la sagesse ; pour bien faire, il suit simplement la bonté de sa nature, et tire plus d'avantage de l'ignorance du vice que nous n'en avons de la connaissance de la vertu. De sorte qu'en ce royaume de demi-lieue - on ne sait tromper que les oiseaux et les bêtes, et le style du Palais ^ est une langue aussi inconnue que celle de l'Amérique ou de quelque autre nouveau monde qui s'est sauvé de l'avarice de Ferdinand et de l'ambition d'Isabelle. Les choses qui nuisent à la santé des hommes ou qui offensent leurs yeux en sont généralement bannies. Il ne s'y vit jamais de lézards ni de couleuvres ; et, de toutes les sortes de reptiles, nous ne connaissons que les melons et les fraises. Je ne veux pas vous faire le portrait d'une maison dont le dessin n'a pas été conduit selon les règles de l'architecture, et la matière * n'est pas si précieuse que le marbre et le porphyre. Je vous dirai seulement qu'à la porte il y a un bois où,en plein midi, il n'entre de jour que ce qu'il en faut pour n'être pas nuit ^ et pour empêcher que toutes les couleurs ne soient noires. Tellement que, de l'obscurité et de la lumière, il se fait un troisième temps qui peut être supporté des yeux des malades et cacher les défauts des femmes qui sont fardées. Les arbres y sont verts jusqu'à la racine, tant de leurs propres feuilles que de celles du lierre qui les embrasse, et, pour ^ le fruit qui leur manque, leurs branches sont chargées de tourtes et de faisans en toutes les saisons de l'année. . .

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