‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 145 sur 511 · ACADEMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

ACADEMIE FRANÇAISE

personnes capables de seconder ses intentions ; que ces conférences étaient un des plus assurés moyens pour en venir à bout ; que notre langue, plus parfaite déjà que pas une des autres vivantes, pourrait bien enfin succéder à la Latine comme la Latine à la Grecque, si on prenait plus de soin qu'on n'avait fait jusqu'ici de l'élocution, qui n'était pas à la vérité toute l'éloquence, mais qui en faisait une fort bonne et fort considérable partie. »

Après cela il était ajouté : « Que pour l'ordre, la police et les lois de cette Assemblée, on a trouvé à propos de les réduire en un Statut à part, et de ne traiter en cet endroit que deux choses qui eussent été trop contraintes et trop gênées par la brièveté qu'affecte le style des lois : la première, des qualités que devaient avoir ceux à qui on confiait cet emploi ; et la seconde, quelles seraient leurs fonctions et quelles matières ils auraient à traiter.

« Pour la première, qu'il ne suffirait pas d'avoir une grande et profonde connaissance des sciences, ni une facilité de parler agréablement en conversation, ni une imagination vive et prompte, capable de beaucoup inventer ; mais qu'il fallait comme un génie particulier, et une lumière naturelle capable de juger de ce qu'il y avait de plus fin et de plus caché dans l'Eloquence ; qu'il fallait enfin comme un mélange de toutes ces autres qualités en un tempérament égal ^, assujetties sous la loi de l'entendement et sous un jugement solide.

« Quant à leurs fonctions, qui étaient la seconde chose dont on avait promis de traiter : qu'elles seraient de nettoyer la langue des ordures qu'elle avait contractées ou dans la bouche du peuple ou dans la foule du Palais- et dans les impuretés de la chicane, ou par les mauvais usages des courtisans ignorants, ou par l'abus de ceux qui la corrompent en l'écrivant et de ceux qui disent bien dans les chaires ce qu'il faut dire, mais autrement qu'il ne faut ; que pour cet effet il serait bon d'établir un usage certain des mots ; qu'il s'en trouverait peu à retrancher de ceux dont on se servait aujourd'hui, pour- Vu qu'on les rapportât à un des trois genres d'écrire auxquels ils se pouvaient appliquer ; que ceux qui ne vaudraient rien,

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