‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 167 sur 511 · L'USAGE A SUIVRE EST AVANT TOUT NOTRE USAGE NATIONAL · texte numérisé non relu

L'USAGE A SUIVRE EST AVANT TOUT NOTRE USAGE NATIONAL

Dans les doutes de la langue, il vaut mieux pour l'ordinaire consulter les femmes et ceux qui n'ont point étudié... Douter d'un mot ou d'une phrase ^ dans la langue n'est autre chose que douter de l'usage de ce mot ou de cette phrase, tellement 2 que ceux qui nous paraissent mieux ^ éclaircis de * cet usage sont ceux que nous devons plutôt consulter dans cette sorte de doute. Or est-il ^ que les personnes qui parlent bien français et qui n'ont point étudié seront des témoins de l'usage beaucoup plus fidèles et beaucoup plus croyables que ceux qui savent la langue grecque et la latine, parce que les premiers, ne connaissant pas d'autre langue que la leur, quand on vient à leur proposer quelque doute de ^ la langue, vont droit à ce qu'ils ont accoutumé de dire ou d'entendre dire, et qui est proprement l'usage. Au lieu que ceux qui possèdent plusieurs langues, particulièrement la grecque et la latine, corrompent souvent leur langue naturelle par le commerce des étrangers, ou bien ont l'esprit partagé sur les doutes qu'on leur propose par les différents usages des autres langues, qu'ils confondent quelquefois, ne se souvenant pas pas qu'il n'y a pas de conséquences à tirer d'une langue à l'autre.

i Remarques sur la langue française.)

1. Phrase. Construction. Cf. p. 55, le superlatif. Cf. p. 30, n. 8. n. 12. 4. Eclaircis de. Cf. p. 152, n. 4.

2. Tellemen'. De telle sorte. Cf. 5. Or est-il. Inversion du sujet p. 150, n. 2. après or. Cf. p. 34, n. 1.

3. Mieux. Le comparatif pour 6. De. Sur, touchant. Cf. p. 19, n. 4.

CHAPELAIN

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