‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 171 sur 511 · L'IDEALISME DE LA POESIE TRAGIQUE ET LE RÉALISME DE L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

L'IDEALISME DE LA POESIE TRAGIQUE ET LE RÉALISME DE L'HISTOIRE

Nous avouons bien que la vérité de cette aventure [Le mariage par lequel se termine le Cid] combat en faveur du poète et le rend plus excusable que si c'était un sujet inventé. Mais nous maintenons que toutes les vérités ne sont pas bonnes pour le théâtre, et qu'il en est de quelques-unes comme de ces crimes énormes dont les juges font brûler les procès avec les criminels. Il y a des vérités monstrueuses, ou qu'il faut supprimer pour le bien de la société,ou que, si l'on ne peut les tenir cachées, il faut se contenter de remarquer comme des choses étranges. C'est principalement en ces rencontres que le poète a droit de préférer la vraisemblance à la vérité et de travailler plutôt sur un sujet feint et raisonnable qui ne fût ^ pas conforme à la raison.

Que s'il est obligé de traiter une matière historique de cette nature, c'est alors qu'il la doit réduire aux termes de la bienséance, sans avoir égard à la vérité, et qu'il la doit plutôt changer tout entière que de lui laisser rien qui soit incompatible avec les règles de son art, lequel, se proposant l'idée universelle des choses, les épure des défauts et des

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