PREFACE
De Malherbe par exemple, je donne tout entière VOde à Dupérier et VOde à Louis XIII dont les Recueils ne reproduisent que les meilleures stances ; et, à la suite des cinq ou six pièces citées, on trouvera soit quelques extraits des Commentaires sur Desportes, les plus propres à faire connaître la doctrine malherbienne, soit, en note, les passages essentiels de la Vie de Malherbe que Racan nov^ a laissée.
Quant aux auteurs qui ne sont pas uniquement des « artistes », fen ai reproduit, sans préjudice d'autres morceaux, ceux qui sont les plus caractéristiques par rapport à l'histoire littéraire ou à l'objet et à la portée des œuvres ; et je n'ai pas craint d'insérer, lorsque cela me semblait utile, d'assez longs fragments.
De Descartes par exemple, je cite les pages qui nous le montrent, non pas, à vrai dire, comme l'initiateur du classicisme, déjà constitué en ses éléments fondamentaux avant la publication du Discours de la méthode, mais comme un des auteurs contemporains qui ont le plus contribué à fixer définitivement l'esprit classique et à en formuler la discipline ; de Pascal {ou plutôt d'après Pascal), le Discours recueilli par son neveu Etienne Périer, Discours tout aussi nécessaire pour l'intelligence de ses idées théologiques que Z' Entretien avec M. de Sacy, généralement inséré dans les Pensées ; de Boileau, les passages de ses œuvres en prose ou il discute certaines questions relatives soit au goût, soit à la langue et à la prosodie ; de Bourdaloue, chez lequel il n'y a guère de morceaux en relief, et dont l'éloquence vaut par la suite, par une continuité serrée et pressante, toute la première partie du Sermon sur la mort ; de Bossuet enfin, les pages qui résument le mieux sa philosophie, ou, pour mieux dire, sa théologie, notamment deux chapitres de /'Histoire universelle intitulés, le premier : Jésus-Christ et sa doctrine, le second : Il faut tout rapporter à une Providence, un fragment des Elévations sur l'autorité de l'Église, un fragment des Variations sur Vunité du catholicisme.
1(1 PKEFACE
Tous les tcartcs que renferment ces Lectures classiques sont accompagnées de notes explicatives qui en facilitent a lecture, et qni, chaque fois qu'il y a lieu, indiquent la signification essentielle du morceau.
Si le présent volume reçoit un bon accueil, je compte C7i publier trois autres, faits sur le même plan : un pour les écrivains antérieurs au XV 11^ siècle, un pour ceux du XVI 11^, un pour ceux du XIX^. Il me semble que ces quatre volumes pourront être des plus utiles à renseignement de la littérature dans 7}0S lycées.
Georges PELLISSIER
LE XVir SIÈCLE PAR LES TEXTES