‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 261 sur 511 · En. Par eux. Cf. p. 11, n. 2 et p. 30, n · texte numérisé non relu

En. Par eux. Cf. p. 11, n. 2 et p. 30, n

La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.

On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres.

Une des choses qui fait que l'on trouvée si peu de gens qui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit. Les plus liabiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, au ^ même temps que - l'on voit dans leurs 3^eux et dans leur esprit un égarement pour ce qu'on leur dit et une précipitation pour retourner à ce qu'ils veulent dire, au lieu de considérer que c'est un mauvais moyen de plaire aux autres ou de les persuader que de chercher si fort à se plaire à soi-même, et que bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu'on puisse avoir dans la conversation.

On ne loue d'ordinaire que pour être loué.

Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois.

La flatterie est une fausse monnaie qui n'a de cours que par notre vanité.

Il est plus facile de paraître digne des emplois qu'on n'a pas que de ceux que l'on exerce.

Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.

Les vices entrent dans la composition des vertus comme les poisons entrent dans la composition des remèdes. La prudence les assemble et les tempère "\ et elle s'en sert utilement contre les maux de la vie.

1. Au Dans le. Cf. p. 11, n. 7. 3. Les tempère. Les mélange, les

2. Qiie.Dans lequel. Cf. p. 41, n. 5. dose. Cf. p. 143, n. 1.

278 LE XVn^ SIÈCLE PAR LES TEXTES

Nous avouons nos défauts pour réparer par notre sincérité le tort qu'ils nous font dans l'esprit des autres.

Quand les vices nous quittent, nous nous flattons de la créance ^ c^ue c'est nous qui les quittons.

Nous oublions aisément nos fautes lorsqu'elles ne sont sues que de nous.

Le vrai honnête homme est celui Cjui ne se pic^ue de rien.

La parfaite valeur est de faire sans témoins ce qu'on serait capable de faire devant tout le monde.

L'hypocrisie est un honmiage que le vice rend à la vertu.

Il est de 2 la reconnaissance comme de la bonne foi des marchands : elle entretient le commerce ; et nous ne payons pas parce qu'il est juste de nous acc^uitter, mais pour trouver plus facilement des gens qui nous prêtent.

Le trop grand empressement qu'on a de s'acquitter d'une obligation est une espèce d'ingratitude.

Nous nous consolons aisément des disgrâces de nos amis lorsqu'elles servent à signaler notre tendresse pour eux.

Nul ne mérite d'être loué de sa bonté, s'il n'a pas la force d'être méchant. Toute autre bonté ^ n'est le plus souvent qu'une paresse ou une impuissance de la volonté.

C'est une grande habileté que de savoir cacher son liabileté.

Ce qui paraît générosité n'est souvent qu'une ambition déguisée qui méprise de petits intérêts pour aller à de plus grands.

1. Créance. Croyance. Cf. p. 191, 3. Toute autre bonté. Toute bonté n. 4. ' chez un autre, chez celui qui n'a

2. Il est de. Il enestde. Cf. p. 16,n.l. pas la force d'être méchant.

La magnanimité méprise tout pour avoir tout.

L'humilité n'est souvent qu'une feinte soumission dont on se sert pour soumettre les autres. C'est un artifice de l'orgueil qui s'abaisse pour s'élever ; et, bien qu'il se transforme en mille manières, il n'est jamais mieux déguisé et plus capable de tromper que lorsqu'il se cache sous la figure de l'humilité.

La pitié est souvent un sentiment de nos propres maux dans les maux d' autrui. C'est une habile prévoyance des malheurs où nous pouvons tomber. Nous donnons du secours aux autres pour les engager à nous en donner en de semblables occasions ; et ces services que nous leur rendons sont, à proprement parler, des biens que nous nous faisons à nousmêmes par avance.

La petitesse de l'esprit fait l'opiniâtreté, et nous ne croyons pas aisément ce qui est au delà de ce que nous voyons.

L'absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu.

Il s'en faut bien que nous connaissions toutes nos volontés.

La reconnaissance de la plupart des homhies n'est qu'une secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits.

L'intérêt, que l'on accuse de tous nos crimes, mérite souvent d'être loué de nos bonnes actions.

On a fait une vertu de la modération pour borner l'ambition des grands hommes et pour consoler les gens médiocres de leur peu de fortune et de leur peu de mérite.

Nous n'avouons de petits défauts que pour persuader que nous n'en avons pas de grands.

280 LE XVIIe SIÈCLE PAR LES TEXTES

La plupart des hommes ont, comme les plantes, des propriétés cachées que le hasard fait découvrir.

Ce qui nous donne tant d'aigreur contre ceux qui nous font des finesses \ c'est qu'ils croient être plus habiles que nous.

Les esprits médiocres condanment d'ordinaire tout ce qui pa«se leur portée.

Le plus grand défaut de la pénétration n'est pas de n'aller point jusqu'au but, c'est de le passer.

Un sot n'a pas assez d'étoffe pour être bon.

Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c'est c^u'elle blesse la nôtre.

Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami, c'est de lui faire voir les siens.

On ne plaît pas longtemps quand on n'a qu'une sorte d'esprit.

La confiance fournit plus à la conversation que l'esprit.

La plupart des amis dégoûtent de l'amitié, et la plupart des dévots dégoûtent* de la dévotion.

Rien n'empêche tant d'être naturel que l'envie de le paraître.

(.'est en quelque sorte se donner part aux belles actions c^ue de les louer de bon cœur.

Il est plus aisé de connaître l'homme en général que de connaître un homme en particulier.

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