‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 309 sur 511 · Pas seulement. Pas même. noire. Cf. p. 59, n · texte numérisé non relu

Pas seulement. Pas même. noire. Cf. p. 59, n

5. Rêveur. Absorbé dans ses ré- 8. En. De cela = sur cela, comme flexions. Cf. p. 293, n. 2. dans à en croire. Cf. p. 19, n. 4.

LE XVIl« SIÈCLE. — 2-2.

aiment tant le monde, et que, tout galant que vous êtes, je suis assurée que, si vous étiez à la place de celui dont vous parlez, vous seriez aussi embarrassé que lui. Car enfin cette jeune personne gaie et enjouée que vous voyez à l'autre côté de la salle et que tant de gens environnent est sa femme. Je crois bien qu'elle est vertueuse, ajouta-t-elle, mais elle vit presque comme si elle ne l'était pas. En effet, elle ne se soucie pas de son mari et se soucie trop des autres ; elle est éternellement hors de chez elle, ou, si elle y est, c'est pour être accablée de tant de gens, que son pauvre mari, pour son propre honneur, ne s'y oserait montrer ; et, bien souvent encore, après avoir été des journées entières sans la voir, il la trouve le soir si accablée des divertissements du jour, ou si occu]3ée des soins de la parure du lendemain, qu'elle n'a pas le loisir de lui dire un mot ; si bien qu'il est contraint de la laisser dormir sans pouvoir avoir un quartd'heure de conversation avec elle et sans qu'il puisse même espérer qu'il aura quelque part à ses songes : car comme ils ^ ne sont faits pour l'ordinaire que des pensées des choses qu'on a vues pendant le jour, il aurait tort d'y prétendre. Cependant, poursuivit Alcianipe, c'est lui qu'il faut qui donne ^ les ameublements magnifiques et qui paye les sièges sur quoi ^ les galants sont assis ; c'est lui, dis- je, qui donne les habillements qui parent sa femme pour plaire à autrui ; et je ne sais si ce n'est point lui encore qui paie les peintres qui font ses portraits qu'elle donne à ses adorateurs. C'est toutefois fort grand dommage que cela soit ainsi, ajouta cette malicieuse ^ personne, car c'est la plus johe femme qu'il soit possible de voir pour ceux qui ne font que la visiter sans prendre intérêt à sa conduite et au malheur de son mari,

— Je m'assure % répliqua Péhnthe en lui montrant une autre dame qui paraissait assez chagrine, que celle que je vois ne donne pas tant de peine à son mari que celle que vous dites ; du moins n'a-t-elle pas la mine d'aimer la galanterie.

— Il est vrai, dit-elle, qu'elle ne lui donne point de jalousie,

1. Ils. Représente non pas 3. 5ur guoi. Dans l'usage moderne,

ses songes, mais les songes en gêné- ■S"'' lesquels. ,,, . . ^e nn , y to ^ :\lalicieuse. Méchante. Cf. p. 29,

2. Cest lui qu'il faul qui donne. 5. Je m'assure. Je conçois, j'ai Construction vieillie. Cf. p. 112, n. 2. l'assurance. Cf. p. 130, n. 2. ,

'"'^ ta

340 LE XVlle SIECLE PAR LES TEXTES

mais elle le tourmente d'une autre manière ; car, parce qu'elle est honnête femme, elle croit qu'il doit lui en avoir la plus grande obligation du monde : si bien qu'il n'est sorte de persécution qu'elle ne lui fasse souffrir ; car elîe est jalouse jusqu'à haïr toutes les femmes qu'il voit et à leur faire mille incivilités. Cependant, je ne pense pas qu'il lui doive être si obligé de ce qu'elle ne fait pas galanterie i, puisque, à mon avis, on n'a pas mis sa vertu à une bien difficile épreuve '^.

(Le Grand Cyrus.)

Page 1