‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 403 sur 511 · LES ÉPIGRAMMES A LA GRECQUE · texte numérisé non relu

LES ÉPIGRAMMES A LA GRECQUE

M. de Racan n'était-il pas homme de bon sens et de bon goût ?... Un de ses amis lui ayant expliqué un jour un grand nombre des épigrammes de V Anthologie, car M. de llacan ne savait ni grec ni latin, il fut surpris de voir qu'à la réserve de cinq ou six de ces épigrammes où il y a beaucoup d'esprit et de quelques-unes qui sont pleines d'ordure, toutes les autres sont d'une froideur et d'une insipidité inconcevables. Comme il en témoignait son étonnement, on lui dit qu'elles avaient une grâce merveilleuse en leur langue, qu'à la vérité elles n'avaient rien qui piquât le goût, mais que c'était le génie de ces sortes d'ouvrages parmi les Grecs, en un mot, que c'étaient des épigrammes à la grecque, dont la simplicité et la naïveté étaient mille fois préférables à tout le sel et à toutes les pointes des autres épigrammes.

M. de Racan baissa la tête et crut devoir se rendre à un homme qui en savait plus que lui.

A Cjuelques jours de là ils furent invités à un repas où l'on servit une soupe fort maigre, fort peu salée, et qui n'était, à la bien définir, que du pain trempé dans de l'eau chaude. Le défenseur de V Anthologie, qui avait tâté de la soupe, demanda à M. de Racan ce qu'il lui en semblait. « Je ne la trouve pas à mon gré, lui répondit-il, mais je n'ose pas dire qu'elle est mauvaise, car peut-être est-ce une soupe à la grecque. »

{Ibid., ibid.)

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