Avec empire. En maître
père la hauteur de sa doctrine ? C'est du lait pour les enfants, et tout ensemble du pain pour les forts. On le voit plein des secrets de Dieu ; mais on voit qu'il n'en est pas étonné \ comme les autres mortels à qui Dieu se communique : il en parle naturellement, comme étant né dans ce secret et dans cette gloire ; et ce qu'il a sans mesure, il le répand avec mesure, afin que notre faiblesse le puisse porter.
Quoiqu'il soit envoyé pour tout le monde, il ne s'adresse d'abord qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël, aux- C|uelles il était aussi principalement envoyé ; mais il prépare la voie à la conversion des Samaritains et des Gentils. Une femme samaritaine le reconnaît pour le Christ que sa nation attendait aussi bien c^ue celle des Juifs, et apprend de lui le mystère du culte nouveau, qui ne serait plus attaché à un certain lieu -. Une femme chananéenne et idolâtre lui arrache, pour ainsi dire, quoique rebutée, la guérison de sa fille. Il reconnaît en divers endroits les enfants d'Abraham dans les Gentils, et parle de sa doctrine comme devant être prêchée, contredite et reçue par toute la terre. Le monde n'avait jamais rien vu de semblable, et ses apôtres en sont étonnés ^. Il ne cache point aux siens les tristes épreuves par lesquelles ils devaient passer. Il leur fait voir les violences et la séduction employées contre eux, les persécutions, les fausses doctrines, les faux frères, la guerre au dedans et au dehors, la foi épurée par toutes ces épreuves ; à la fin des temps, l'affaiblissement de cette foi et le refroidissement de la charité parmi ses disciples ; au milieu de tant de périls, son Eglise et la vérité toujours in\'incibles.
Voici donc une nouvelle conduite ^ et un nouvel ordre de choses : on ne parle plus aux enfants de Dieu de récompenses temporelles ; Jésus-Christ leur montre une vie future ; et, les tenant suspendus dans cette attente, il leur apprend à se détacher de toutes les choses sensibles. La croix et la patience deviennent leur partage sur la terre, et le ciel leur
1. Qu'il n'en est pas étonné. Que jamais mieux fait entendre depuis
ces secrets ne le surprennent pas. Pascal que c'est là un nouvel ordre
i: Bl^Z^Mltttpà. Cf. -oral ,ui c„,n,„ence. Ici. nous som-
p. 25, n. 10. ^^ cœur en même temps qu au som-
4. Conduite. Méthode. — < Ces met de l'œuvre de Bossuet. (Saintepages sont de toute beauté. On n'a Beuve, Xouveaux Lnndis, t. IX).
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est pro2:)osé comme devant être emporté de force. Jésus- Christ, qui montre aux hommes cette nouvelle voie, y entre le premier : il prêche des vérités pures qui étourdissent les hommes grossiers et néanmoins superbes; il découvre l'orgueil caché et l'hypocrisie des Pharisiens et des docteurs de la loi, qui la corrompaient par leurs interprétations. Au milieu de ces reproches, il honore leur ministère, et îa chaire de Moïse oh ils sont assis. WiYéqnente le temple, dont il fait respecter la sainteté, et renvoie aux prêtres les lépreux qu'il a guéris. Par là il apprend aux hommes comment ils doivent reprendre et réprimer les abus, sans préjudice du ministère établi de Dieu, et montre que le corps de la Synagogue^ subsistait malgré la corruption des particuliers. Mais elle penchait visiblement à sa ruine. Les pontifes et les Pharisiens animaient contre Jésus- Christ le peuple juif, dont la reUgion se tournait en superstition. Ce peuple ne peut souffrir le Sauveur du monde, qui l'appelle à des pratiques soHdes, mais difficiles. Le plus saint et le meilleur de tous les hommes, la sainteté et la bonté même, devient le plus envié et le plus haï. Il ne se rebute pas, et ne cesse de faire du bien à ses citoyens - ; mais il voit leur ingratitude ; il en prédit le châtiment avec larmes et dénonce à Jérusalem sa chute prochaine. Il prédit aussi que les Juifs, ennemis de la vérité qu'il leur annonçait, seraient livrés à l'erreur et deviendraient le jouet des faux prophètes.
Cependant la jalousie des Pharisiens et des prêtres le mène à un supplice infâme ; ses disciples l'abandonnent ; un d'eux le trahit ; le premier et le plus zélé de tous le renie trois fois. Accusé devant le conseil, il honore jusqu'à la fin le ministère des prêtres, et répond en termes précis au pontife qui l'interrogeait juridiquement. Mais le moment était arrivé où la Synagogue devait être réprouvée. Le pontife et tout le conseil condamne ^ Jésus- Christ parce qu'il se disait le Christ Fils de Dieu. Il est livré à Ponce Pilate, président romain ; son innocence est reconnue par son juge, que la poHtique et l'intérêt font agir contre