‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 460 sur 511 · Publiées. Célébrées · texte numérisé non relu

Publiées. Célébrées

MASSILLOX 517

Ce Roi, la terreur de ses voisins, rétonnement'de l'univers, le père des rois, plus grand que tous ses ancêtres, plus magnifique que Salomon dans toute sa gloire, a reconnu comme lui que tout était vanité. Le monde a été ébloui de l'éclat qui l'environnait ; ses ennemis ont envié sa puissance ; les étrangers sont venus des îles les plus éloignées baisser les yeux devant la gloire de sa majesté ; ses sujets lui ont presque dressé des autels : et le prestige qui se formait autour de lui n'a pu le séduire lui-même.

Vous l'aviez rempli, ô mon Dieu ! de la crainte de votre nom ; vous l'aviez écrit ^ sur le livre éternel, dans la succession des saints rois qui devaient gouverner vos peuples ; vous l'aviez revêtu de grandeur et de magnificence. Mais ce n'était pas assez ; il fallait encore qu'il fût marqué du caractère propre de vos élus. Vous avez récompensé sa foi par des tribulations et par des disgrâces. L'usage chrétien des prospérités peut nous donner droit au royaume des cieux ; mais il n'y a que l'affliction et la violence qui nous l'assurent....

Ajoutons les paroles de la foi à cette triste cérémonie, qui sans cela nous prêcherait "^ en vain ; racontons, non les merveilles d'un règne que les hommes ont déjà tant exalté, mais les merveilles de Dieu sur le roi qui nous est ôté. Rappelons ici plutôt ses vertus que ses victoires ; montrons-le plus grand encore au lit de la mort ^ qu'il ne l'était autrefois sur son trône dans les jours de sa gloire. X'ôtons les louanges à la vanité que pour les rendre à la grâce.

{Oraison funèbre de Louis XIV, exorde.)

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