‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 462 sur 511 · UN MAUVAIS SERMON · texte numérisé non relu

UN MAUVAIS SERMON

A. Eh bien, monsieur, vous venez donc d'entendre le sermon où vous vouliez me mener tantôt ? Pour moi, je me suis contenté du prédicateur de notre paroisse.

B. Je suis charmé du mien ; vous avez bien perdu, monsieur, de n'y être pas. J'ai arrêté une place, pour ne manquer aucun sermon du carême. C'est un homme admirable ; si vous l'aviez une fois entendu, il vous dégoûterait de tous les autres.

A. Je me garderai donc bien de l'aller entendre, car je ne veux point qu'un prédicateur me dégoûte des autres ; au contraire, je cherche un homme qui me donne un tel goût et une telle estime pour la parole de Dieu, que j'en sois plus disposé à l'écouter partout ailleurs. Mais, puisque j'ai tant perdu et que vous êtes plein de ce beau sermon, vous pouvez, monsieur, me dédommager ; de grâce, dites-nous quelque chose de ce que vous avez retenu.

B. Je défigurerais ce sermon par mon récit : ce sont cent beautés qui échappent ; il faudrait être le prédicateur même pour vous dire...

A. Mais encore ? Son dessein, ses preuves, sa morale, les principales vérités qui ont fait le corps de son discours ? Ne vous reste-t-il rien dans l'esprit ? est-ce que vous n'étiez pas attentif ?

B. Pardonnez-moi ; jamais je ne l'ai été davantage.

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