‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 465 sur 511 · IMPORTANCE DE L'EDUCATION DES FILLES · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE L'EDUCATION DES FILLES

Rien n'est plus négligé que l'éducation des filles. La coutume et le caprice des mères y décident souvent de tout. On suppose qu'on doit donner à ce sexe peu d'instruction. L'éducation des garçons passe pour une des principales affaires par rapjjort au bien public ; et, quoiqu'on n'y fasse guère moins de fautes que dans celle des filles, du moins on est persuadé qu'il faut beaucoup de lumières pour y réussir. Les plus habiles gens se sont appliqués à donner des règles dans cette matière... Pour les filles, dit-on, il ne faut pas qu'elles soient savantes ; la curiosité ^ les rend vaines et précieuses ; il suffit qu'elles sachent gouverner un jour leurs ménages, et obéir à leurs maris sans raisonner. On ne manque pas de se servir de l'expérience qu'on a de beaucoup de femmes que la science a rendues ridicules ; après quoi on se croit en droit d'abandonner aveuglément les filles à la conduite des mères ignorantes et indiscrètes -.

Il est vrai qu'il faut craindre de faire des savantes ridicules. Les femmes ont d'ordinaire l'esprit encore plus faible et plus curieux que les hommes; aussi n'est-il point à propos de les engager dans des études dont elles pourraient s'entêter ^. Elles ne doivent ni gouv^erner l'Etat, ni faire la guerre, ni entrer dans le ministère des choses sacrées ; ainsi elles peuvent se passer de certaines connaissances étendues

1. /.a ciirjosi7é. Le désir de savoir. 3. S'entêter. S'engouer. Cf. p. 297,

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