‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 469 sur 511 · On appelle ligne equinoxiale, ou i · texte numérisé non relu

On appelle ligne equinoxiale, ou i

simplement ligne, le grand cercle la hgne). supposé qui partage le globe en deux 4. Isaïc, LIT, 7.

524 LE XVI le SIECLE FAR LES TEXTES

rants, qui viennent sans armes, excepté la croix du Sauveur. Ils viennent, non pour enlever les richesses et répandre le sang des vaincus, mais pour offrir leur propre sang et communiquer le trésor céleste.

{Sermon pour la fête de r Epiphanie, 6 janvier 1685.)

HISTOIRE DALIBEE. PERSAN'

Scliah-Abbas, roi de Perse, faisant un voyage, s'écarta de toute sa cour, pour passer ^ dans la campagne sans y être connu, et pour y voir les peuples dans toute leur liberté naturelle. Il prit seulement un de ses courtisans. « Je ne connais point, lui dit le roi, les véritables mœurs des hommes. Tout ce qui nous aborde est déguisé ; c'est l'art, et non pas la nature simple, qui se montre à nous. Je veux étudier la vie rustique, et voir ce genre d'hommes qu'on méprise tant, quoiqu'ils soient le vrai soutien de la société humaine. Je suis las de voir des courtisans qui m'observent pour me surprendre - en me flattant ; il faut que j'aille voir des laboureurs et des bergers qui ne me connaissent pas. »

Il passa avec son confident au miheu de plusieurs villages où l'on faisait des danses ; et il était ravi de trouver loin des cours des plaisirs tranquilles et sans dépenses. Il fit un repas dans une cabane : et. comme il avait grand'faim après avoir marché plus qu'à l'ordinaire, les aliments grossiers qu'il y prit lui parurent plus agréables que tous les mets exquis de sa table.

En passant dans une prairie semée de fleurs qui bordait un clair ruisseau, il aperçut un jeune berger qui jouait de la flûte à l'ombre d'un grand ormeau, auprès de ses moutons paissants. Il l'aborde, l'examine ; il lui trouve une physionomie agréable, un air simple et ingénu, mais noble et gracieux. Les haillons dont le berger était couvert ne diminuaient point l'éclat de sa beauté. Le roi crut d'abord que c'était quelque personne de naissance illustre qui s'était déguisée ; mais il apprit du berger que son père et sa mère étaient dans un village voisin, et que son nom était Alibée.

1. Passer. Aller. Cf. p. 105, 2. ."V/e surprendre. Surprendre mes

n. 2. faveurs.

526 LE XVIIe SIECLE PAR LES TEXTES

A mesure que le roi le questionnait, il admirait en lui un esprit ferme et raisonnable. Ses yeux étaient vifs et n'avaient rien d'ardent ni de farouche, sa voix était douce, insinuante et propre à toucher ; son visage n'avait rien de grossier ; mais ce n'était pas une beauté molle et efféminée. Le berger, d'environ seize ans, ne savait point qu'il fût tel qu'il paraissait aux autres : il croyait penser, parler, être fait comme tous les autres bergers de son village; mais, sans éducation, il avait appris tout ce que la raison fait apprendre à ceux qui l'écoutent.

Le roi, l'ayant entretenu familièrement, en ^ fut charmé : il sut de lui, sur l'état des peuples, tout ce que les rois n'apprennent jamais d'une foule de flatteurs qui les environnent. De temps en temps il riait de la naïveté de cet enfant, qui ne ménageait rien dans ses réponses. C'était une grande nouveauté pour le roi que d'entendre parler si naturellement ; il fit signe au courtisan qui l'accompagnait de ne point découvrir qu'il était le roi, car il craignait qu'Alibée ne perdît en un moment toute sa liberté et toutes ses grâces, s'il venait à savoir devant qui il parlait. « Je vois bien, disait le prince au courtisan, que la nature n'est pas moins belle dans les plus basses conditions que dans les plus hautes. Jamais enfant de roi n'a paru mieux né que celui-ci, qui garde les moutons. Je me trouverais trop heureux d'avoir un fils aussi beau, aussi sensé, aussi admirable. Il me paraît propre à tout ; et, si l'on a soin de l'instruire, ce sera assurément un jour un grand homme ; je veux le faire élever auprès de moi. ))

Le roi emmena Alibée, qui fut surpris d'apprendre à qui il s'était rendu agréable. On lui fit apprendre à hre, à écrire, à chanter, et ensuite on lui doima des maîtres pour les arts et pour les sciences qui ornent l'esprit. D'abord, il fut un peu ébloui de la cour, et son grand changement de fortune changea un peu son cœur. Son âge et sa faveur, joints ensemble, altérèrent un peu sa sagesse et sa modération. Au lieu de sa houlette, de sa flûte et de son habit de berger, il prit une robe de pourpre brodée

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